Rapport entre foi et raison : L’impasse du fidéisme
Pour définir le fidéisme, on pourrait dire que c’est l’opposé du rationalisme. C’est le refus de confronter les données de la foi à la raison, comme si la foi ne reposait sur rien de rationnel et n’aurait rien à se faire justifier par la raison. La foi devient simplement une conviction personnelle que j’adopte parce que je veux bien l’adopter. Elle relèverait donc plus d’un volontarisme que d’une réalité à laquelle je devrais me plier. Une personne fidéiste refusera souvent de discuter des raisons pour laquelle elle croit, car elle a volontairement amputée la dimension rationnelle de sa foi. Elle se contentera de vous répondre une petite maxime du genre « Je crois parce que j’y crois », « la foi est une affaire personnelle », « vous n’avez pas vécu ce que j’ai vécu », etc.
Pour donner un exemple d’une vision fidéiste, je vais citer Martin Luther, une figure importante de la réforme protestante : «La raison, c'est la plus grande putain du diable ... qu'on devrait fouler aux pieds et détruire, elle et sa sagesse. Jette-lui de l'ordure au visage pour la rendre laide. Elle est et doit être noyée dans le baptême. Elle mériterait, l'abominable, qu'on la relègue dans le plus dégoûtant lieu de la maison, aux cabinets»*. Je ne veux pas dire par là que tous les chrétiens protestants ont nécessairement une approche fidéiste, mais je crois que cette phrase, malgré son langage vulgaire, représente bien cette position.
Pourquoi le fidéisme est-il aussi une impasse ? Parce que la foi n’a alors aucune base solide pour s’appuyer. La foi est considérée alors comme une affaire d’expérience et de sentiment personnelle. Comme la foi ne s’appuie sur rien de raisonnable, elle a de la difficulté à se communiquer à d’autres personnes et, devant cette absence de raisons, peut ensuite pousser les autres au relativisme ou à l’indifférence religieuse. Pour la personne elle-même, lorsque les bons sentiments ne sont plus ressentis et que les confrontations arrivent (croyez-moi elles arriveront tôt ou tard), on peut alors être tenté de les fuir et de se replier ou même de laisser tomber la révélation du Christ. Ce n’est pas pour rien qu’on peut lire dans la première lettre de Pierre : «Au contraire, sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous».
Selon notre personnalité, certaines personnes sont plus naturellement portées vers l’une ou l’autre des ces impasses. Dans le prochain article, je vais tenter de d’expliquer comment on peut éviter ces deux extrêmes.
* La philosophie du droit de Martin Luther, Tome IV, p. 142
Pour donner un exemple d’une vision fidéiste, je vais citer Martin Luther, une figure importante de la réforme protestante : «La raison, c'est la plus grande putain du diable ... qu'on devrait fouler aux pieds et détruire, elle et sa sagesse. Jette-lui de l'ordure au visage pour la rendre laide. Elle est et doit être noyée dans le baptême. Elle mériterait, l'abominable, qu'on la relègue dans le plus dégoûtant lieu de la maison, aux cabinets»*. Je ne veux pas dire par là que tous les chrétiens protestants ont nécessairement une approche fidéiste, mais je crois que cette phrase, malgré son langage vulgaire, représente bien cette position.
Pourquoi le fidéisme est-il aussi une impasse ? Parce que la foi n’a alors aucune base solide pour s’appuyer. La foi est considérée alors comme une affaire d’expérience et de sentiment personnelle. Comme la foi ne s’appuie sur rien de raisonnable, elle a de la difficulté à se communiquer à d’autres personnes et, devant cette absence de raisons, peut ensuite pousser les autres au relativisme ou à l’indifférence religieuse. Pour la personne elle-même, lorsque les bons sentiments ne sont plus ressentis et que les confrontations arrivent (croyez-moi elles arriveront tôt ou tard), on peut alors être tenté de les fuir et de se replier ou même de laisser tomber la révélation du Christ. Ce n’est pas pour rien qu’on peut lire dans la première lettre de Pierre : «Au contraire, sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous».
Selon notre personnalité, certaines personnes sont plus naturellement portées vers l’une ou l’autre des ces impasses. Dans le prochain article, je vais tenter de d’expliquer comment on peut éviter ces deux extrêmes.
* La philosophie du droit de Martin Luther, Tome IV, p. 142
foiChristbienbaptême
Articles similaires

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix: 9 aout
Le 9 août, l'Église catholique célèbre la mémoire de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, également connue sous le nom d'Édith Stein. Née dans une famille juive en Allemagne en 1891,...

Pour la défense du baptême des enfants
Les baptistes et divers autres groupes évangéliques croient que de baptiser les enfants est contraire à la Bible. Les catholiques, en revanche, voient cela non seulement comme étant biblique, mais...

À la découverte de Jésus et de la Bible
Introduction: La quête de sens et le courage de poser des questionsL'aventure humaine est, à son niveau le plus profond, une quête de sens. Tôt ou tard, dans le silence...

Fête de Sainte Marguerite D'Écosse: 16 novembre
Chaque année, le 16 novembre, l'Église catholique commémore la vie et l'œuvre de Sainte Marguerite d'Écosse, une figure de piété, de charité et de réforme. Son histoire n'est pas seulement...

Vrai Dieu et vrai homme : Le cœur du mystère du Christ
Introduction : Le paradoxe divin au centre de notre foiAu cœur de la foi catholique, et plus largement de tout le christianisme, se trouve une affirmation qui défie la simple...

Lecture : « Sciences : obstacles ou chemins vers Dieu?
Voici un petit résumé de lecture du livre « Sciences : obstacles ou chemins vers Dieu? » qui, je l’espère, vous donnera envie de le lire vous aussi.
Dans les deux...

La relation entre la foi et la raison
Pour mieux comprendre la relation entre foi et raison, je vous propose d’explorer les différentes possibilités logiques de leur relation. Comme toutes relations entre deux classes d’objets, il y a...

Réflexions bibliques du dimanche 9 février 2014 : Ta lumière poindra comme l’aurore
Lectures de la liturgie
Ta lumière poindra comme l’aurore
Jésus est venu parmi nous comme une lumière afin de dissiper les ténèbres d'un monde déchu.
Comme ses disciples, nous aussi, nous sommes appelés...

Un guide pour naviguer les grandes questions de la foi
Introduction : Une quête partagée - accueillir le doute et la questionSi vous lisez ces lignes, c'est peut-être que votre cœur et votre esprit sont habités par des questions profondes,...

Ils célébraient l’Eucharistie: Justin le martyr
Dans cet article, nous allons poursuivre avec ce qui est probablement la description la plus précise de l’Eucharistie du christianisme primitif. Il s’agit de quelques textes de Justin le martyr,...

Activité: Comment partager notre foi?
Si vous êtes de la région de la Beauce au Québec, je vous invite à cette activité d’évangélisation qui aura lieu près de chez vous. Si vous êtes croyant et...

Saint Jacques: 25 juillet
Le 25 juillet, l'Église catholique célèbre la fête de Saint Jacques le Majeur, l'un des douze apôtres de Jésus-Christ. Connu également sous le nom de Jacques de Zébédée, il est...

La foi et les œuvres
La révélation divine vise à obtenir le salut des âmes, il s’agit donc d’une question centrale en théologie. Le 20 octobre 2011, le pasteur baptiste Pascal Denault a publié cet...

Saint Barthélémy: 24 aout
Le 24 août, l'Église catholique célèbre la fête de Saint Barthélemy, l'un des douze apôtres choisis par Jésus. Connu aussi sous le nom de Nathanaël dans l'Évangile de Jean, Saint...

Fête de Saint Basile le Grand et Saint Grégoire de Nazianze: 2 janvier
Saint Basile le Grand et Saint Grégoire de Nazianze, figures emblématiques du christianisme du IVe siècle, sont vénérés pour leur profondeur théologique, leur éloquence et leur amitié exemplaire. Cet article...

Le Concile de Trente (1545-1563) : La réponse catholique à la Réforme protestante
Le Concile de Trente, tenu de 1545 à 1563, est le dix-neuvième concile œcuménique de l'Église catholique. Convoqué par le pape Paul III, ce concile est considéré comme l'un des...

Q interrogé
Dans un article précédent, j'ai examiné le document hypothétique Q, dont la plupart des chercheurs bibliques contemporains pensent qu’il a été utilisé par Matthieu et par Luc quand ils ont...

La Bible contient-elle des mythes?
La Bible contient-elle des mythes? Si vous dites oui, certains chrétiens se plisseront le visage, alors que d’autres se moqueront de votre crédulité. Si on me posait la question, je...

Fête de Saint Clément de Rome: 23 novembre
Le 23 novembre marque la célébration de la fête de Saint Clément, un évêque de Rome et Père de l'Église, vénéré pour son leadership sage et sa dévotion profonde. En...

Mais Dieu seul peut pardonner les péchés!
Gebhard Fugel, le Christ guérit les malades (1885)
L'Église catholique enseigne que les apôtres ont reçu la capacité de pardonner les pénitents de leurs péchés. L'une des objections fréquentes à cela...