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Saint Irénée de Lyon

Les Pères de l'Église sont des ressources indispensables pour l’apologétique catholique, puisqu’il nous aide à combler le fossé entre notre époque et celle des apôtres. Non seulement ils nous donnent une vérification extrabiblique de la vie et des enseignements de Jésus-Christ, ils nous donnent aussi beaucoup d’indices sur ce que croyaient les premiers chrétiens et comment ils interprétaient l'Écriture.

On peut ainsi démontrer que plusieurs enseignements distinctifs de l’Église catholique ont été crus dès les débuts de l’Église. Aujourd'hui (le 28 juin) est le jour de la fête d'un Père de l'Église que je trouve être particulièrement utile pour l'apologétique: saint Irénée de Lyon .

Irénée est né vers 125 apr. J.-C. à Smyrne en Asie Mineure (maintenant la Turquie). Il était l'évêque de Lugdunum en Gaule. Les catholiques et les orthodoxes le reconnaissent comme un saint. Son œuvre la plus connue est « Contre les hérésies », dans lequel il réfute les enseignements des gnostiques. Une grande partie de ses œuvres se concentre sur la théologie et à cause de cela, il est une excellente ressource pour démontrer comment les croyances catholiques peuvent remonter jusqu’à l'Église primitive.

Sur la Sainte Trinité

Certaines sectes quasi chrétiennes comme les Mormons et les Témoins de Jéhovah nient la doctrine de la Trinité. Cependant, cet enseignement est confirmé non seulement par les premières croyances de l'Église, mais aussi par les écrits des premiers chrétiens. Saint Irénée écrit:

En effet, l'Église, bien que dispersée dans le monde entier jusqu'aux extrémités de la terre, ayant reçu des apôtres et de leurs disciples la foi en un seul Dieu, Père tout-puissant, « qui a fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu'ils contiennent », et en un seul Christ Jésus, le Fils de Dieu, qui s'est incarné pour notre salut, et en l'Esprit Saint, qui a proclamé par les prophètes les « économies », la venue, la naissance du sein de la Vierge, la Passion, la résurrection d'entre les morts et l'enlèvement corporel dans les cieux du bien-aimé Christ Jésus notre Seigneur et sa parousie du haut des cieux dans la gloire du Père, pour « récapituler toutes choses » et ressusciter toute chair de tout le genre humain, afin que devant le Christ Jésus notre Seigneur, notre Dieu, notre Sauveur et notre Roi, selon le bon plaisir du Père invisible, « tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers et que toute langue » le «confesse» et qu'il rende sur tous un juste jugement (Contre les hérésies, 1, 10, 1).

Sur l'autorité de l'Église catholique

Les évêques de l'Église catholique sont les successeurs des apôtres choisis par Jésus-Christ. Saint Irénée explique:

Ainsi donc, la Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c'est en toute Église qu'elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. Et nous pourrions énumérer les évêques qui furent établis par les apôtres dans les Églises, et leurs successeurs jusqu'à nous. Or ils n'ont rien enseigné ni connu qui ressemble aux imaginations délirantes de ces gens-là (Contre les hérésies, 3, 3, 1).

L'Église catholique enseigne aussi que Jésus accordé à Saint Pierre une place particulière parmi les apôtres en tant que chef de l'Église, en faisant de lui le premier pape (Matthieu 16, 18). Irénée explique que cela est la Tradition de l'Église de son époque:

Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres. (Contre les hérésies, 3, 3, 2).

Sur la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie

L'Église catholique enseigne que Jésus est littéralement présent - corps, sang, âme et divinité - dans l'Eucharistie. Le fait que même les premiers chrétiens ont enseigné cela est réaffirmé dans les écrits d’Irénée:

Si donc la coupe qui a été mélangée et le pain qui a été confectionné reçoivent la parole de Dieu et deviennent l'eucharistie, c'est-à-dire le sang et le corps du Christ, et si par ceux-ci se fortifie et s'affermit la substance de notre chair, comment ces gens peuvent-ils prétendre que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu consistant dans la vie éternelle, alors qu'elle est nourrie du sang et du corps du Christ et qu'elle est membre de celui-ci, comme le dit le bienheureux Apôtre dans son épître aux Éphésiens . « Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os » ? (Contre les hérésies, 5, 2).

Sur Marie, la Mère de Dieu

Marie est la mère de Jésus et Jésus est Dieu, les catholiques se réfèrent donc à Marie comme étant la « Mère de Dieu ». Beaucoup de chrétiens fondamentalistes affirment que la Vierge Marie ne portait pas Dieu dans son sein. Au lieu de cela, ils disent que Marie a seulement porté la nature humaine de Jésus. Mais ce n'est pas ce que les premiers chrétiens croyaient. Saint Irénée écrit:

[…] par la bonne nouvelle de vérité magnifiquement annoncée par l'ange à Marie [...] de même celle-ci fut instruite de la bonne nouvelle par le discours d'un ange, de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole (Contre les hérésies, 5, 19, 1).


Pour plus de ressources sur les Pères de l’Église, nous vous suggérons ces deux sites :

http://www.patristique.org/

http://peresdeleglise.free.fr/


Cet article est une traduction adaptée de l’article « Apologetics with St. Irenaeus » de Jon Sorensen.
Pour ceux et celles qui auraient le goût d’approfondir leur foi pendant leur congé d’été, je vous suggère ce parcours catéchétique en 32 vidéos. Il s’agit d’un cours de catéchisme pour les adultes pour les séminaristes de propédeutique du séminaire de l’Institut du Bon Pasteur, dispensé par l'abbé Philippe Laguérie. De petits résumés accompagnent aussi chacune des leçons.

1. La doctrine catholique (résumé)


2. L'existence de Dieu (résumé)


3. Les Attributs de Dieu (résumé)


4. Les mystéres (résumé)


5. Les Anges (résumé)


6. L'Homme (résumé)


7. Le péché originel (résumé)


8. L'Incarnation (résumé)


9. L'Église 1/2 (résumé)


10. L'Église 2/2 (résumé)


11. Les fins dernières (résumé)


12. La Grâce (résumé)


13. La Prière (résumé)


14. Les Sacrements (résumé)


15. Le Baptême (résumé)


16. La Confirmation (résumé)


17. La Pénitence (résumé)


18. L'Eucharistie (résumé)


19. Le Sacrifice de la Messe (résumé)


20. Ordre et Extrême Onction (résumé)


21. Le Mariage (résumé)


22. La Morale (résumé)


23. Foi et Espérance (résumé)


24. La Charité (résumé)


25. La Prudence (résumé)


26. La Justice 1/5 (résumé)


27. La Justice 2/5 (résumé)


28. La Justice 3/5 (résumé)


29. La Justice 4/5 (résumé)


30. La Justice 5/5 (résumé)


31. La Tempérance (résumé)


32. La Force (résumé)



Une lectrice à la foi chancelante nous pose les questions suivantes. J'invite les lecteurs du blogue à offrir des réponses, dans la plus grande charité.

    Pourquoi tant de dévotion à la Vierge ? Je la considère comme une mère qui prie pour ses enfants. Néanmoins je ne comprends pas pourquoi dans les forums on parle de « culte » de Marie.

    Demander l’intercession d’une personne, qu’elle soit au ciel ou sur terre est-il synonyme de rendre « culte » ? dans ce cas, je serais en train de pécher gravement contre mon Seigneur en rendant un culte à quelqu’un d’autre que Lui.

    Marie est notre Mère, certes, néanmoins certaines prières comme la consécration à Marie me paraissent idolâtres… En effet pourquoi se consacrer à Marie, alors que l’on peut se consacrer directement à JESUS.

    Pourquoi chanter « Gloire à la Vierge » au lieu de rendre gloire à DIEU, Lui qui la glorifie ?

    Dans l’adoration eucharistique, après avoir béni le DIEU trinitaire, on bénit la Vierge, et son «  Nom »… En quoi le nom de Marie, mérite-t-il pareil égard ?

    J’aime Marie vous savez et je n’accepte pas qu’on la traite de démon, ou qu’on ne lui reconnaisse pas son titre de Mère de DIEU, qui pour moi n’a rien de choquant, qu’on ne la considère pas comme Mère des Chrétiens, mais j’avais d’elle une conception d’elle assez simpliste qui d’après mes récentes découvertes semble à mille lieux de la conception de l’Eglise sur elle.

    Et puis les grottes et  la prière excessive du Rosaire ne favorisent-elles pas plus une relation avec Marie, qu’avec le CHRIST ? Centre de notre foi.

    D’après mes lectures, la Vierge à Medjugorje aurait répondu aux enfants qui lui demandaient qui il fallait prier : JESUS ou Elle ? qu’il fallait prier JESUS, elle n’étant que la Mère et ne faisant qu’intercéder. Pourquoi formuler des prières du genre « Marie/Ste Rita Exauce-nous » ?  quand on sait que Seul DIEU exauce ?

    Marie aurait donné à St Dominique la prière du Rosaire ? pourquoi ne pas demander à St Augustin de prier directement JESUS s’imposant elle-même comme un passage obligé pour accéder à JESUS ?

    L’Extrait des gloires de Marie ci-dessous est un exagéré à mon sens :

    Autant de créatures servent Dieu, autant doivent servir Marie. LEs anges, les hommes et tout ce qui existe au ciel et sur la terre, étant soumis à l'empire de Dieu, le sont pareillement à la domination de cette glorieuse Vierge. De là aussi cette exclamation de l'abbé Guéric, s'addressant à la divine Mère : Continuez donc, ô Marie, continuez de régner en toute sécurité ; disposez à votre gré des biens de votre Fils ; puisque vous êtes la Mère et l'Épouse du Roi de l'univers, vous êtes Reine, et avez droit à l'empire et à la domination sur toutes les créatures.

    Marie est notre Reine ; mais sachons-le pour notre commune consolation, elle est une Reine pleine de douceur et de clémence, toute disposée à répandre ses bienfaits sur notre misère.

    C'est ce que la bienheureuse Vierge a révélé elle-même à Sainte Brigitte : "Je suis, lui dit-elle un jour, la Reine du ciel et la Mère de miséricorde ; je suis la joie des justes et la porte par laquelle les pécheurs ont accès auprès de Dieu. Il n'est pas de pécheur maudit au point d'être privé des effets de ma miséricorde tant qu'il vit sur la terre; car il n'en est aucun qui ne doive quelque grâce à mon intercession, ne fût-ce que celle d'être moins tenté par les démons. Aucun pécheur, ajute-t-elle, à moins qu'il ne soit tout à fait maudit (c'est-à-dire frappé de la malédiction finale et irrévocable qui se prononce contre les damnés), aucun pécheur n'est tellement rejeté de Dieu, qu'il ne puisse, en m'appelant à son aide, retourner à Dieu et obtenir miséricorde. Tout le monde, dit-elle encore, m'appelle Mère de miséricorde, et vraiment, c'est la miséricorde de Dieu envers les hommes qui m'a rendue si miséricordieuse à leur égard. Enfin, elle conclut en ces termes : Bien malheureux sera donc, dans la vie future, et malheureux à jamais, celui qui se sera damné faute de recourir à moi, comme il le pouvait, dans la vie présente, à moi, si miséricordieuse envers tous les hommes, et si désireuse de venir en aide aux pécheurs."

    Comment Marie pourrait-elle la joie des justes ? Et JESUS dans tout cela ?  J’en viens à ne plus croire les visions et songes des Saints… Aidez-moi je vous en supplie.

    2-Les Saints

    1-Pourquoi ne prie-t-on pas les Saints de l’Ancien Testament:  Moise, Elie, Abraham ? Moise et Elie sont pourtant ceux ayant été vus au cours de la Transfiguration de Notre Seigneur JESUS (si mes souvenirs sont bons). Et puis finalement pourquoi décider que certaines personnes bien qu’ayant été des modèles de chrétiens sur terre sont déjà dans la gloire du Père (les personnes béatifiées puis canonisées ) ?

    2-Les statues ne me dérangent pas fondamentalement car le Seigneur a lui-même instruit le peuple après le décalogue, de faire un coffre, avec deux chérubins… L’idée étant de ne pas chercher à représenter DIEU que l’on ne connaissait. Néanmoins pourquoi les encenser ? A quoi bon encenser une photo, se prosterner devant elle ? (moi par exemple, je vais rarement à la grotte, je fais mes Ave Maria  chez moi).

    Et puis finalement peut-on être catholique sans prier les Saints, parce que vu comme je suis désemparée, je pense que je vais me contenter de l’adoration eucharistique et de la messe…
Je suis heureux de vous annoncer une nouvelle ressource pour l'apprentissage du latin: le Cercle latin de la Nouvelle-France.




Un internaute m’a demandé récemment :

Qu’est-il arrivé à Jésus pendant les 3 jours où il était mort. Son âme a-t-elle erré sur terre? Était-il prisonnier dans le tombeau? Et que dire que la descente aux Enfers dont parle le symbole des apôtres? Est-ce là qu’il a passé les 3 jours? Pouvait-il être aux deux endroits en même temps (tombeau et enfer) ? Pendant qu’il était mort, était-il toujours à la fois homme et Dieu? Merci de m’éclairer sur cette question.

Entre le moment de sa mort, le vendredi saint, et Sa Résurrection, l’Âme de Jésus (toujours entièrement attachée à sa nature divine) est descendue aux Enfers tandis que Son Corps (toujours lui aussi attaché à sa nature divine) est demeuré dans le tombeau. Pour éviter toute confusion, il faut préciser qu'il s’agit ici en fait des « Enfers » au sens du séjour des morts, où les justes de l’Ancien Testament attendaient l’ouverture des Cieux et non pas l’enfer éternel des damnés d’où on ne revient pas.

Son Corps et son Âme étaient donc séparés l’un de l’autre (définition de la mort), mais jamais elles n’ont été séparées de Sa Divinité. C’est pourquoi le symbole des Apôtres affirme à la fois qu’il était enseveli (Corps) tout en étant descendu aux enfers (Âme).

Pour plus de précision, je vous conseille ce petit texte de saint Thomas d’Aquin :


SOMME THÉOLOGIQUE IIIa Pars
ARTICLE 2: Par la mort du Christ, sa divinité a­t­elle été séparée de sa chair? 
Objections:  
1. Le Seigneur, attaché à la croix, s'est écrié; " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as­tu abandonné? " (Mt 27, 46). Ce que S. Ambroise commente ainsi: "Il a crié comme un homme que sa séparation de la divinité allait faire mourir; car, la divinité étant exempte de mort, la mort ne pouvait se produire que si la divinité se retirait; et la vie, c'est la divinité." Il semble donc qu'à la mort du Christ, sa divinité a été séparée de sa chair.  
2. Enlevez l'intermédiaire, et les termes qu'il unissait se séparent. Or, la divinité a été unie à la chair par l'intermédiaire de l'âme, on l'a vue. A la mort du Christ, son âme ayant été séparée de sa chair, il s'ensuit que sa divinité a été aussi séparée de sa chair.  
3. La puissance vivificatrice de Dieu est plus forte que celle de l'âme. Or, le corps du Christ ne pouvait mourir que si son âme en était séparée. Il y avait donc encore moins de raison qu'il meure, si sa divinité n'en était pas séparée.  
Cependant:  
Ce qui appartient à la nature humaine ne se dit du Fils de Dieu qu'en raison de l'union, comme on l'a montré. Or, on attribue au Fils de Dieu ce qui convient au corps du Christ après la mort, par exemple d'avoir été enseveli, comme on le voit dans le symbole de foi où l'on dit que le Fils de Dieu " a été conçu, est né de la Vierge, a souffert, est mort et a été enseveli". Le corps du Christ, à la mort, n'a donc pas été séparé de la divinité.  
Conclusion: 
Ce que Dieu concède par grâce, il ne le reprend jamais sans qu'il y ait eu faute: "Les dons de Dieu et son appel sont sans repentance " (Rm 11, 29). Or, la grâce d'union, en vertu de laquelle la divinité a été unie à la chair du Christ dans la même personne, dépasse de beaucoup la grâce d'adoption, en vertu de laquelle nous sommes sanctifiés; elle est même plus permanente, de sa nature, parce que cette grâce est ordonnée à une union personnelle, tandis que la grâce d'adoption est ordonnée à une union d'affection. Et pourtant, nous voyons que la grâce d'adoption n'est jamais perdue sans une faute.
Puisqu'il n'y a eu aucun péché dans le Christ, il a été impossible que l'union de sa divinité à sa chair ait été dissoute. Et c'est pourquoi la chair du Christ ayant été unie au Fils de Dieu dans la même personne et hypostase avant la mort, elle lui est demeurée unie même après la mort. Comme le remarque S. Jean Damascène après la mort du Christ l'hypostase de la chair du Christ n'a pas été autre que l'hypostase du Verbe de Dieu.  
Solutions:  
1. Il ne faut pas rapporter l'abandon du Christ sur la croix à une rupture de l'union personnelle, mais à ce fait que Dieu le Père a exposé le Christ à la passion; abandonner, ici, n'a pas d'autre signification que celle de ne pas protéger contre les persécuteurs. Ou bien encore, comme le note S. Augustin, le Christ se dit abandonné, eu égard à la prière où il disait: "Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi ! "  
2. Le Verbe de Dieu s'est uni à la chair par l'intermédiaire de l'âme, en ce sens que la chair appartient par l'âme à la nature humaine, que le Fils de Dieu voulait assumer; mais non en ce sens que l'âme serait l'intermédiaire qui relie entre elles la divinité et la chair. La chair doit à l'âme d'appartenir à la nature humaine, même après que l'âme en a été séparée; car le cadavre conserve, en vertu du plan divin, un ordre à la résurrection. Aussi l'union de la divinité à la chair n'a­t­elle pas été détruite. 
3. L'âme du Christ possède la vertu de vivifier le corps à titre de principe formel; aussi, tant qu'elle est présente et unie formellement au corps, est­il nécessaire que celui­ci soit vivant. Mais la divinité possède la vertu de vivifier non à titre de principe formel, mais comme cause efficiente; la divinité, en effet, ne peut être forme du corps; aussi n'est­il pas nécessaire que la chair soit vivante tant que dure son union à la divinité, car Dieu n'agit point par nécessité, mais par volonté.


ARTICLE 3: A la mort du Christ, la divinité a­t­elle été séparée de son âme?  
Objections:  
1. Le Seigneur dit (Jn 10, 18) " Personne ne m'enlève mon âme, mais je la donne de moi­même; j'ai le pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir de la reprendre." Or, le corps ne peut livrer son âme en se séparant d'elle, car l'âme n'est pas soumise au pouvoir du corps, mais c'est plutôt l'inverse. Par suite, c'est au Christ, comme Verbe de Dieu, qu'il appartient de donner son âme. Or, c'est là s'en séparer. Par la mort du Christ, son âme a donc été séparée de la divinité.  
2. S. Athanase écrit: "Maudit celui qui ne confesse pas que tout l'homme assumé par le Fils de Dieu a été repris ou libéré pour ressusciter des morts le troisième jour." Mais tout l'homme ne pouvait pas être repris s'il n'avait pas été séparé quelque temps du Verbe de Dieu. Or, l'homme en sa totalité est composé d'âme et de corps. Il y a donc eu une séparation momentanée entre la divinité d'une part, et le corps et l'âme d'autre part. 
3. C'est par son union à l'homme tout entier que le Fils de Dieu mérite le nom d'homme. Donc, si l'union entre son âme et son corps étant dissoute, le Verbe de Dieu était demeuré uni à l'âme, il s'ensuivrait qu'on aurait pu donner le nom d'âme au Fils de Dieu. Or, cela est faux; car, l'âme étant forme du corps, il en résulterait que le Verbe de Dieu aurait été forme du corps, ce qui est impossible.A la mort du Christ, son âme a donc été séparée du Verbe de Dieu. 
4. Lorsque l'âme et le corps sont séparés l'un de l'autre, il n'y a plus une seule hypostase, mais deux. Donc, si le Verbe de Dieu est demeuré uni tant au corps qu'à l'âme du Christ, séparés tous deux l'un de l'autre par la mort, il paraît s'ensuivre que le Verbe de Dieu, aussi longtemps qu'a duré la mort du Christ, a eu deux hypostases. Ce qui est inadmissible. Après la mort du Christ, son âme n'est donc pas demeurée unie au Verbe.  
Cependant:  
S. Jean Damascène écrit: "Bien que le Christ soit mort comme homme, et que sa sainte âme se soit séparée de son corps non soumis à la corruption, sa divinité est demeurée inséparable de l'un et de l'autre, de son âme et de son corps."  
Conclusion: 
L'âme est unie au Verbe de Dieu d'une manière plus immédiate et plus prochaine que le corps; car le corps est uni au Verbe de Dieu par l'intermédiaire de l'âme, nous l'avons déjà dit. Donc, puisque le Verbe de Dieu n'a pas été, à la mort, séparé du corps, il a été encore moins séparé de l'âme. Aussi, de même que l'on attribue au Fils de Dieu ce qui appartient au corps séparé de l'âme, à savoir qu'" il a été enseveli", de même dit­on dans le Symbole qu'" il est descendu aux enfers", parce que son âme, séparée du corps, y est descendue.  
Solutions:  
1. S. Augustin, commentant ce texte de S. Jean se demande, puisque le Christ est " Verbe, âme et chair, en vertu de quel principe il a livré son âme; comme Verbe, comme âme, ou comme chair? " Et il répond: "Si l'on prétend que c'est comme Verbe, il s'ensuit qu'à un moment son âme a été séparée du Verbe; ce qui est faux, car la mort a séparé le corps de l'âme; mais je ne dis pas que l'âme a été séparée du Verbe. Si l'on affirme au contraire que l'âme s'est livrée elle­même; il en résulte que l'âme a été séparée d'elle-même: ce qui est absurde." Il reste donc que " la chair elle-même a livré son âme et l'a reprise ensuite, non par sa propre puissance, mais par la puissance du Verbe qui habitait dans la chair "; car, on vient de le dire, par la mort la divinité du Verbe n’a pas été séparée de la chair.  
2. Ces paroles ne signifient pas que l'homme tout entier, c'est­à­dire toutes ses composantes, a é repris, comme si le Verbe de Dieu avait quitté par la mort les deux composantes de la nature humaine. Mais que la totalité de la nature qui avait été assumée avait été réintégrée dans la résurrection en vertu de l'union rétablie entre le corps et l'âme.  
3. Le Verbe de Dieu, en raison de son union avec la nature humaine, n'est pas une nature humaine, mais un homme, ce qui veut dire qu'il possède la nature humaine. Or, l'âme et le corps sont des parties essentielles de la nature humaine. Aussi, à cause de l'union du Verbe avec l'un et l'autre, il ne s'ensuit pas que le Verbe de Dieu soit une âme ou un corps, mais qu'il existe en ayant une âme et un corps.  
4. D'après S. Jean Damascène " au fait qu'à la mort du Christ l'âme a été séparée de la chair, l'hypostase unique ne s'est pas trouvée divisée en deux hypostases; car le corps et l'âme du Christ ont existé au même titre dès le principe dans l'hypostase du Verbe; et dans la mort, quoique divisés l'un et l'autre, ils sont restés chacun avec la même et unique hypostase du Verbe. est pourquoi la même et unique hypostase du Verbe est demeurée l'hypostase et du Verbe, et de l'âme, et du corps. jamais en effet ni l'âme, ni le corps n'ont eu d'hypostase propre en dehors de l'hypostase du Verbe, car il y eut toujours une seule hypostase, celle du Verbe; il n'y en eut jamais deux." 

ARTICLE 4: Durant les trois jours de sa mort, le Christ est­il resté homme?  
Objections:  
1. S. Augustin écrit: "Telle était cette union qu'elle ferait Dieu homme, et l'homme Dieu." Or, cette union n'a pas cessé par la mort. Il semble donc que par la mort le Christ n'a pas cessé d'être homme.

2. D'après le Philosophe, " tout homme est son intelligence "; aussi, après la mort de S. Pierre par exemple, nous adressons-nous à son âme en disant: "S. Pierre, priez pour nous." Or, après la mort, le Fils de Dieu n'a pas été séparé de son âme intellectuelle. Donc, pendant les trois jours de sa mort, le Fils de Dieu est resté homme.  
3. Tout prêtre est homme. Or, pendant ces trois jours, le Christ est demeuré prêtre; autrement, il n'aurait pas été vrai de dire avec le Psaume (110, 4): "Tu es prêtre pour toujours." Donc, le Christ est resté homme pendant les trois jours de sa mort.  
Cependant: 
Enlevez le genre supérieur, le genre inférieur disparaît. Or, l'être vivant et animé est supérieur à l'animal ou à l'homme. L'animal est en effet une substance animée sensible. Pendant les trois jours de sa mort, le corps du Christ, ayant cessé d'être vivant et animé, il s'ensuit qu'il n'était plus homme.  
Conclusion: 
Que le Christ ait été vraiment mort est un article de foi. Il en résulte que toute affirmation qui va contre la réalité de la mort du Christ est une erreur contre la foi. Aussi est-­il dit dans la lettre synodale de S. Cyrille: "Si quelqu'un ne confesse pas que le Verbe de Dieu a souffert, a été crucifié et a goûté la mort dans sa chair, qu'il soit anathème." Or, pour que la mort d'un homme ou d'un animal soit réelle, il importe que par la mort on cesse d'être homme ou animal; en effet, la mort d'un homme ou d'un animal provient de la séparation de l'âme, élément qui complète l'idée d'homme ou d'animal. Et voilà pourquoi affirmer que le Christ, pendant les trois jours de sa mort, a été homme, en parlant d'une manière simple et absolue, est erroné. On peut dire cependant que le Christ, pendant ces trois jours, a été " un homme mort". 
Néanmoins, certains ont soutenu que le Christ avait été un homme durant ces trois jours; s'il est vrai qu'ils ont avancé une proposition erronée, on ne peut les incriminer d'erreur dans la foi. Ainsi, Hugues de Saint­ Victor a prétendu que le Christ, pendant les trois jours de sa mort, avait été homme, parce qu'il pensait que l'âme constituait l'homme; ce qui est faux, ainsi que nous l'avons montré dans la première Partie.  
Le Maître des Sentences a soutenu la même opinion, mais pour une autre raison; il a cru que l'union de l'âme et du corps n'était pas impliquée dans l'idée d'homme, mais qu'il suffisait pour être homme d'avoir une âme et un corps, unis ou non entre eux; cela aussi est faux d'après ce que nous avons prouvé dans la première Partie', et ce que nous avons dit plus haut sur le mode d'union.  
Solutions:  
1. Le Verbe de Dieu a pris une âme et une chair qu'il s'est unies; ce fut donc cette union avec le Verbe qui a fait Dieu homme, et l'homme Dieu. Or, cette union n'a pas cessé d'exister, comme si le Verbe s'était séparé de l'âme ou de la chair; ce qui a cessé d'exister, pourtant, c'est l'union de la chair et de l'âme.  
2. On dit que l'homme est son intelligence: non pas que l'intelligence soit tout l'homme, mais l'intelligence est sa partie principale, et en elle se trouve virtuellement toute l'ordonnance de l'homme: ainsi le chef de la cité est appelé parfois toute la cité, parce qu'en lui se trouve tout le gouvernement de la ville.  
3. L'homme est prêtre en raison de son âme, qui reçoit le caractère de l'ordre; aussi, par la mort, l'homme ne perd­ pas son caractère sacerdotal. Et beaucoup moins encore, le Christ, source de tout le sacerdoce.

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Steve Jobs et Steve Wozniak
Une critique fréquente de l'Église catholique romaine est qu'elle ne ressemble pas beaucoup à l'Église primitive. L'image populaire de la bande hétéroclite des premiers chrétiens ne colle pas bien avec l'image populaire d'une Église étouffante et hiérarchique. Comment peut-on répondre à cette objection?

Une partie de la réponse est qu’il y a là une double exagération. L'Église primitive était beaucoup plus hiérarchique et institutionnelle que les chrétiens modernes ne sont prêts à l’admettre. En même temps, l'Église moderne est beaucoup moins hiérarchique et institutionnelle que ce qui est souvent imaginé. Par conséquent, vous pouvez vous retrouver à tenter de contraster une Église primitive imaginaire avec une église moderne imaginaire. S’il en est ainsi, le meilleur remède est alors peut-être simplement de lire les écrits des premiers chrétiens directement. Vous pouvez trouver une multitude de ressources sur le site de Patristique, sur le site des Pères de l’Église ou ailleurs sur le web. Elles devraient rapidement dissiper l'idée que l'Église primitive était une sorte de commune, ou que sa théologie, son ecclésiologie ou son culte était plus proche du protestantisme moderne que du catholicisme moderne. En même temps, le fait d’explorer l'Église catholique moderne avec un cœur ouvert devrait vous faire reconsidérer l'idée qu'elle est hyper-hiérarchique et autoritaire.

Néanmoins, il y a aussi là un noyau de vérité. L'Église catholique moderne a vraiment l’air différente de l'Église des premiers siècles. Vous chercheriez en vain pour trouver un « Cardinal » au premier siècle, encore moins un « directeur musical » ou une « équipe de développement web ». Devrions-nous revenir en arrière et larguer tous les changements et les développements des deux millénaires intermédiaires? Certainement pas.

Au lieu de cela, voici cinq illustrations provenant des Écritures pour lesquelles nous devrions remercier Dieu que l'Église d'aujourd'hui nous semble différente de celle d’hier:

1- La parabole de la graine de moutarde

Dans Matthieu 13, Jésus raconte une série de paraboles pour décrire le Royaume des Cieux. L'une des plus célèbres est la parabole de la graine de moutarde:

" Le royaume de cieux est semblable à une graine de moutarde, qu'un homme a prise et a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences; mais, lorsqu'il a poussé, il est plus grand que les plantes potagères et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent nicher dans ses branches. " (Matthieu 13, 31-32)

C'est un message assez clair. Jésus est en train de « planter » Son Église avec un petit groupe de disciples, si petits qu'ils passent d'abord inaperçus au monde extérieur. Et pourtant, il leur fait savoir que ce ne sera pas toujours ainsi: parce que c'est Son Royaume, ils passeront du plus petit au plus grand. Et c'est exactement ce qui est arrivé. Il y a environ un 1,25 milliard de catholiques en ce moment, avec environ 900 millions de protestants et 225-300 millions d’orthodoxes. Nous sommes le plus grand arbuste sur la terre, et nous n’avons toujours pas terminé notre croissance.

Mais demandez-vous ceci: est-ce qu’un plant de moutarde adulte ressemble à la même chose que lorsqu’il était seulement une graine? Comment devrait-il toujours ressembler à une graine?

2- La parabole du levain

Immédiatement après la parabole de la graine de moutarde, Jésus offre une parabole tirée de la vie courante pour arriver à la même conclusion (Matthieu 13, 33): « Le royaume des cieux est semblable au levain qu'une femme prit et mélangea dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout eût fermenté ». Encore une fois, nous voyons que le Royaume est d'abord si petit qu'il est « caché » dans le monde qui l'entoure. Et pourtant, il fera fermenter le monde entier. La levure, au premier abord, est imperceptible, mais rapidement, ce n'est plus le cas. Elle fait sentir sa présence, croissant et se transformant, tout comme elle transforme son environnement. Voilà l'histoire du christianisme : d'une petite secte persécutée au sein de l'Empire romain, à la religion de l'Empire, à la plus grande religion sur Terre.

3- La Grande Commission

À la fin de l'évangile de Matthieu, Jésus donne à ses apôtres quelques instructions cruciales :

Et Jésus s'approchant leur parla ainsi : " Toutes puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde. " (Matthieu 28, 18-20)

À l'époque où il a donné cette commission, l'Église est entièrement composée de Juifs provenant d'un petit coin de l'Empire romain. Afin d'être fidèles au Christ, les Apôtres ne peuvent pas geler l'Église à ce moment dans l'histoire. En effet, l'Écriture ne regarde pas favorablement les judaïsants, qui ont résisté à laisser les païens entrer dans l'Église - même si ceux-ci, comme les critiques modernes de l'Église, pouvaient légitimement dire que cela donnerait à l'Église un aspect différent qu'elle avait auparavant.

Cette mission universelle a révolutionné le visage de ce à quoi l’Église ressemblait depuis le jour 1 (littéralement). À la Pentecôte, saint Pierre prêche à un groupe de « Partes, Mèdes, Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l'Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l'Égypte et des contrées de la Libye Cyrénaïque, Romains résidants (ici), tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons dire dans nos langues les merveilles de Dieu. » (Actes 2, 9-11). Ce jour-là, 3000 de ces auditeurs se firent baptiser (Actes 2, 41) dans une Église qui avait seulement 120 membres ce matin-là (Actes 1, 15).

4- Tout à tous

L'un des défis de la grande commission est certainement la façon de présenter l'Évangile dans des contextes culturels radicalement différents. Saint Paul en a discuté dans 1 Corinthiens :

Car, quoique libre à l'égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous, afin d'en gagner un plus grand nombre. Avec les Juifs, j'ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs; avec ceux qui sont sous la Loi, comme si j'étais sous la Loi (quoique je ne sois pas assujetti à la Loi), afin de gagner ceux qui sont sous la Loi; avec ceux qui sont sans la Loi, comme si j'étais sans la Loi, (quoique je ne sois pas sans la loi de Dieu, étant sous la loi du Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous afin de les sauver tous. Je fais tout à cause de l'Évangile, afin d'y avoir part (1 Corinthiens 9, 19-23).

La présentation de l'Évangile sera donc différente d’un groupe à un autre. Paul ne dit pas les Juifs et les Gentils doivent abandonner totalement leurs cultures au profit d’une certaine culture chrétienne homogène. Au contraire, l’Évangile s’adapte à elles, autant qu'il en est capable. Ceci est une pratique courante de l’Église et en effet, dans les endroits où les missionnaires ont tenté d'imposer la culture européenne au côté du christianisme, les résultats ont souvent été désastreux. Mais comme vous pouvez l'imaginer, le christianisme indien pourrait ne pas ressembler au christianisme congolais, qui pourrait ne pas ressembler au christianisme suédois. Chacun d'entre eux va être différent (au moins dans certains aspects externes) à partir de ce que les Apôtres ont expérimenté.

Encore une fois, cela n'est pas un bogue du christianisme. C’est une de ses caractéristiques. Le christianisme est un message universel de salut pour tous les peuples. Car après tout, toutes les nations sont appelées à être chrétiennes.

5- La Parabole des talents

Comme dernier passage de l’Écriture à examiner, nous considérerons la parabole des talents (Matthieu 25, 14-30). Le Maître donne 5 talents au premier serviteur, 3 talents au second et un talent au troisième. Les deux premiers investissent fidèlement leurs talents et produisent d'énormes rendements. Dans les deux cas, leurs investissements sont doublés. Le Maître répond à chacun de ces hommes : « Bien, serviteur bon et fidèle; en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25, 21.23). Le troisième enterre son talent. Il fait en sorte que le talent ne pousse ou ne change aucunement et il le redonne inchangé au Maître en disant: « le voici, avec ce qui est à vous » (Matthieu 25, 25). Le Maître répond: « Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que je recueille où je n'ai pas répandu; il te fallait donc porter mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais repris ce qui est mien avec un intérêt » (Matthieu 25, 26-27).

En fin de compte, cette question est pour l'Église. Allons-nous enterrer nos talents pour essayer de faire en sorte que l'Église est toujours l’air de la même chose dans un siècle comme elle ressemblait il y a un siècle? Ou allons-nous tenter d'être fidèle à la grande Commission que nous avons reçu par Jésus-Christ?

Conclusion

Je me souviens d'Apple Computers. En fonction de qui vous croyez, Apple a commencé dans la chambre de Steve Wozniak ou dans le garage de Steve Jobs. Peu importe, on peut dire qu’ils ont commencé petits. Mais ils n’ont pas commencé petits pour demeurer dans leur garage pour toujours. Ils ont commencé petits pour révolutionner l'industrie et pour ensuite changer le monde. La fidélité à cette mission signifiait que leur entreprise serait appelée considérablement à grandir et à changer: comment ne le pourrait-il pas? Personne ne suggère sérieusement que Apple devrait encore opérer entièrement d'une chambre ou d'un garage.

Il en est ainsi de l'Église: Jésus a fondé une très petite Église, mais il envoie cette Église pour sortir et de transformer le monde, promettant que l'Église va considérablement croître (comme une plante à croissance rapide ou le levain dans le pain) pour devenir la plus grande religion sur Terre. Les Apôtres ne se sont pas faire dire d’attendre et de regarder le ciel jusqu’au retour du Christ (Actes 1, 10-11). On leur a dit de se mettre au travail et ils l'ont fait. Voilà pourquoi l'Église est différente aujourd'hui qu'elle ne l’était hier.

Aucune Église ou confession sur la terre aujourd'hui ne ressemble à l'Église apostolique du premier siècle. Et c’est normal. En fait, c'est super, car si nous étions demeurés les mêmes aujourd'hui que nous étions alors, cela voudrait dire que le christianisme aurait stagné et que l'Évangile n’aurait pas été le levain du monde.

Au lieu de cela, on nous a promis quelque chose de mieux. On ne nous a pas promis une Église qui ressemblerait à l'Église du premier siècle. On nous a promis une Église qui est l'Église du premier siècle devenue adulte. Si cela ne vous dérange pas, voici encore un dernier exemple. Dans vingt ou trente ans, vous pourriez ne pas ressembler beaucoup à ce que vous ressemblez aujourd'hui. Vous pourriez même avoir un fils ou une fille qui ressemble davantage à vous en 2016 que vous-même en 2036. Mais cela ne change rien. Votre fils ou votre fille n’est pas vous. Vous l’êtes. Vous avez simplement grandi.

Voilà. Certains groupes évangéliques et non-dénominationnels cherchent à imiter l'Église primitive pour essayer de ressembler à l'Église du premier siècle. Nous, les catholiques, nous ne nous soucions pas trop de cela, à la fois parce que ce ne sont pas les instructions du Christ et parce que nous sommes déjà cette Église.


Cet article est une traduction personnelle de l’article « The Catholic Church Doesn’t Look Like the Early Church? Good » de Joe Heschmeyer.