Rapport entre foi et raison : La foi transrationnelle
Après avoir examiné les deux impasses du rationalisme et du fidéisme, on peut aussi remarquer qu’autant historiquement que personnellement, on peut passer facilement d’un extrême à l’autre. Par exemple, je connais des personnes qui avait une approche plutôt rationnelles et qui, après quelques études théologiques, se sont réfugiées dans le fidéisme parce qu’elles ne parvenaient pas à rationnaliser tous le contenue proposé. À l’inverse, il arrive aussi qu’un croyant qui, souvent suite à une confrontation au sujet de sa foi, se mette à la recherche de ses raisons de croire et sombre dans le rationaliste en essayant de tout vouloir comprendre et résoudre tous les mystères divins.
En guise de solution, nous devons alors admettre que la foi n’est ni rationnelle ni irrationnel, mais qu’elle est plutôt transrationnelle (pour emprunter l’expression de Mgr Léonard). Une foi transrationnelle, c’est une foi qui, tout en gardant un lien avec la raison, sait aussi faire confiance en la Révélation. Comme le disant le Cardinal Barbarin au JMJ de 2005 : "Nous ne croyons pas pour des raisons, mais nous avons nos raisons de croire". La foi transrationnelle s’appuie donc sur la raison mais sans pour autant l’écraser.
Voici deux citations qui proposent un rapport saint entre foi et raison :
Lorsque je regarde les gens de ma génération qui m’entourent et leur attitude en rapport avec la foi (sans nécessairement être croyant eux-mêmes), il y a une chose que j’ai souvent remarquée. Ils passent successivement dans ces deux impasses du rationalisme et du fidéisme et ils ont de la difficulté à demeurer équilibrés. Je crois que cette réaction vient surtout d’une certaine ignorance religieuse surtout au niveau des raisons de croire (ou apologétique). Étant ignorant qu’il existe des raisons de croire, ils sont alors condamnés au fidéisme. Un peu plus tard, lorsqu’ils vont tenter d’interroger leur foi avec leur raison, s’ils n’ont toujours pas reçu d’enseignement solide en ce qui concerne les raisons de croire, ils vont tenter de le faire en utilisant la vision souvent rationaliste et naturaliste reçue par leur éducation et opter pour une vision rationaliste. Finalement, on peut se rendre compte qu’une partie importante d’entre eux, devant la précarité spirituelle de ses deux positions, vont tout simplement devenir agnostique ou athée.
Si vous avez trouvé dans votre vie un certain équilibre sur cette question, vous êtes invité à partager votre solution avec les autres via commentaire.
En guise de solution, nous devons alors admettre que la foi n’est ni rationnelle ni irrationnel, mais qu’elle est plutôt transrationnelle (pour emprunter l’expression de Mgr Léonard). Une foi transrationnelle, c’est une foi qui, tout en gardant un lien avec la raison, sait aussi faire confiance en la Révélation. Comme le disant le Cardinal Barbarin au JMJ de 2005 : "Nous ne croyons pas pour des raisons, mais nous avons nos raisons de croire". La foi transrationnelle s’appuie donc sur la raison mais sans pour autant l’écraser.
Voici deux citations qui proposent un rapport saint entre foi et raison :
Lorsque la raison, éclairée par la foi, cherche avec soin, piété et modération, elle arrive par le don de Dieu à une certaine intelligence très fructueuse des mystères, soit grâce à l’analogie avec les choses qu’elle connaît naturellement, soit grâce aux liens qui relient les mystères entre eux et avec la fin dernière de l’homme ; jamais toutefois elle n’est rendue capable de les pénétrer de la même manière que les vérités qui constituent son objet propre. Car les mystères divins, par leur nature même, dépassent tellement l’intelligence créée que, même transmis par la révélation et reçus par la foi, ils demeurent encore recouverts du voile de la foi, et comme enveloppés dans une certaine obscurité, aussi longtemps que, dans cette vie mortelle, nous cheminons loin du Seigneur, car c’est dans la foi que nous marchons et non dans la vision. Mais, bien que la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de vrai désaccord entre la foi et la raison, étant donné que c’est le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi, et qui a fait descendre dans l’esprit humain la lumière de la raison : Dieu ne pourrait se nier lui-même ni le vrai contredire jamais le vrai. Cette vaine apparence de contradiction vient surtout de ce que les dogmes de la foi n’ont pas été compris et exposés selon l’esprit de l’Église, ou bien lorsque l’on prend des opinions fausses pour des conclusions de la raison. Nous définissons donc que toute affirmation contraire à la Vérité attestée par la foi éclairée est absolument fausse. (Concile du Vatican I, Dei Filius)
Cela n'enlève rien au fait que le rapport actuel entre foi et raison demande un effort attentif de discernement, parce que la raison et la foi se sont toutes deux appauvries et se sont affaiblies l'une en face de l'autre. La raison, privée de l'apport de la Révélation, a pris des sentiers latéraux qui risquent de lui faire perdre de vue son but final. La foi, privée de la raison, a mis l'accent sur le sentiment et l'expérience, en courant le risque de ne plus être une proposition universelle. Il est illusoire de penser que la foi, face à une raison faible, puisse avoir une force plus grande; au contraire, elle tombe dans le grand danger d'être réduite à un mythe ou à une superstition. De la même manière, une raison qui n'a plus une foi adulte en face d'elle n'est pas incitée à s'intéresser à la nouveauté et à la radicalité de l'être. (Jean-Paul II, Fides et Ratio)On peut voir que l’approche qui est enseignée par l’Église se situe au centre des deux impasses du rationalisme et du fidéisme. Il revient aussi à chaque croyant d’y trouver un certain équilibre qui lui sera propre tout en sachant éviter ces impasses. Certain vont avoir besoin de plus de substance rationnelle tandis que d’autre trouveront que tout cet intellectualisme les éloigne de l’expérience réelle de Dieu qui nous dépasse.
Lorsque je regarde les gens de ma génération qui m’entourent et leur attitude en rapport avec la foi (sans nécessairement être croyant eux-mêmes), il y a une chose que j’ai souvent remarquée. Ils passent successivement dans ces deux impasses du rationalisme et du fidéisme et ils ont de la difficulté à demeurer équilibrés. Je crois que cette réaction vient surtout d’une certaine ignorance religieuse surtout au niveau des raisons de croire (ou apologétique). Étant ignorant qu’il existe des raisons de croire, ils sont alors condamnés au fidéisme. Un peu plus tard, lorsqu’ils vont tenter d’interroger leur foi avec leur raison, s’ils n’ont toujours pas reçu d’enseignement solide en ce qui concerne les raisons de croire, ils vont tenter de le faire en utilisant la vision souvent rationaliste et naturaliste reçue par leur éducation et opter pour une vision rationaliste. Finalement, on peut se rendre compte qu’une partie importante d’entre eux, devant la précarité spirituelle de ses deux positions, vont tout simplement devenir agnostique ou athée.
Si vous avez trouvé dans votre vie un certain équilibre sur cette question, vous êtes invité à partager votre solution avec les autres via commentaire.
foidieuégliseVatican
Articles similaires

Les premiers chrétiens ont-ils opposé la foi à la raison?
Beaucoup d'athées pensent que la foi et la raison se mélangent aussi bien que l’eau et l'huile et certains citent les premiers écrits chrétiens afin de faire valoir leurs arguments....

Science et Foi : Les Deux Ailes de la Vérité
Introduction : Dépasser le mythe du conflitAu seuil de son encyclique Fides et Ratio, le pape saint Jean-Paul II offre une image saisissante qui servira de fil conducteur à notre...

Témoins remplis d'espoir dans un monde brisé
Les Américains sont plus misérables et plus malades que jamais auparavant, avec une espérance de vie dans son premier déclin pluriannuel depuis les années 1960. Les taux de dépendance aux...

Témoigner de sa foi dans un monde séculier
Introduction : la foi dans un monde qui a changéNous vivons dans un monde profondément marqué par la sécularisation. En Occident, et particulièrement en Europe et en Amérique du Nord,...

Saint Maximilien Kolbe: 14 aout
Le 14 août, l'Église catholique célèbre la fête de Saint Maximilien Kolbe, un prêtre franciscain polonais dont la vie et la mort exemplifient un dévouement héroïque à la foi et...

Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique : Les quatre signes de la véritable Épouse du Christ
Introduction : Les quatre notes, un héritage de la foiLorsque les catholiques professent leur foi chaque dimanche, ils proclament dans le Credo : « Je crois en l'Église, une, sainte,...

La fiabilité des textes de la Bible : une enquête entre foi, histoire et raison
Introduction : Poser les justes questionsLa question de la fiabilité de la Bible est au cœur de la foi chrétienne. Pour le croyant comme pour celui qui cherche, elle est...

La primauté de Pierre : fondement de l'unité voulue par le Christ
Introduction : La question de la primauté au cœur de l'ecclésiologie et de l'unitéLa doctrine de la primauté de l'Évêque de Rome, en tant que successeur de l'apôtre Pierre, constitue...

Les indices pensables: 2- Auriez-vous des indices à communiquer ?
Cette image est tirée de la bande dessinée Le mystère du soleil froid, Tome 1, page 16 de la série : Les Indices pensables
Des jeunes nous posent la question :
«...

Fête de la Sainte Famille: 31 décembre
La Fête de la Sainte Famille, célébrée le 31 décembre, est un moment privilégié dans le calendrier liturgique catholique, invitant les fidèles à réfléchir sur l'importance de la famille dans...

Jean 6 : 22-59: Le discours de Capharnaüm
Personnellement, je trouve que ce discours est un des plus profonds de toute la Bible. Pour les Catholiques, il traite d'un commandement très important qu'a dit Jésus à ses disciples: celui de...

Fête de Sainte Marguerite D'Écosse: 16 novembre
Chaque année, le 16 novembre, l'Église catholique commémore la vie et l'œuvre de Sainte Marguerite d'Écosse, une figure de piété, de charité et de réforme. Son histoire n'est pas seulement...

Ces mots compliqués
Je voudrais vous présenter les définitions de quelques mots qui sont utilisés par l'Église afin d'expliquer certains Mystères de Dieu. Nous sommes déjà familier avec des termes comme Trinité, mais...

Fête de Saint Pierre et Saint Paul: 29 juin
Le 29 juin, l'Église catholique célèbre la fête solennelle de Saint Pierre et Saint Paul, deux des apôtres les plus importants et influents du christianisme. Leur mission, leur témoignage et...

Fête de Saint Pie V: 30 avril
Saint Pie V, né Antonio Ghislieri, est l'une des figures emblématiques de la papauté de la Renaissance tardive. Son pontificat, qui a duré de 1566 à 1572, a été marqué...

Benoît XVI dénonce "un fort courant laïciste"
CITE DU VATICAN, 3 sept 2010 (AFP) - Benoît XVI dénonce "un fort courant laïciste qui veut supprimer Dieu"
"Il y a un fort courant "laïciste" qui veut supprimer Dieu de...

« Élevée corps et âme dans la gloire du ciel » : Une étude approfondie du dogme de l'Assomption de la Vierge Marie
Le 1er novembre 1950, en l'année du grand Jubilé, le Pape Pie XII, par la constitution apostolique Munificentissimus Deus, proclamait solennellement le dogme de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie....

Saint Sixte II:7 aout
Le 7 août, l'Église catholique célèbre la mémoire de Saint Sixte II, pape et martyr, qui a dirigé l'Église pendant une période de grande persécution au IIIe siècle. Son pontificat,...

Fête de Sainte Cécile: 22 novembre
Le 22 novembre, l'Église catholique célèbre la fête de Sainte Cécile, patronne des musiciens. Cette date revêt une importance particulière pour les croyants, les musiciens et tous ceux qui trouvent...

Le dépôt de la foi
Dans un article précédent, nous avons abordé le sujet de la Révélation divine. Comme il en va du salut de tous les hommes de connaître cette révélation, elle ne devait...

La Vierge Marie et la prophétie de Siméon
L'interprétation de la prophétie de Siméon par Origène, qui suggérait que la Vierge Marie aurait pu expérimenter le doute et le scandale, notamment au moment de la Passion du Christ,...