Dieu : Nature et perfections

Le terme Dieu est utilisé par différents groupes religieux pour signifier des réalités bien différentes. Avec la monté de l'ignorance (indifférence) religieuse et du syncrétisme religieux, une personne non instruite de sa Foi peut parfois se sentir perdu ou confuse. Bien que certains courants tendent à nier les différences entre les concepts même de Dieu au sein des différentes religions, il suffit de quelques minutes de métaphysique comparée pour se rendre compte qu'il sont réellement différents et souvent irréconciliables entre elles. Je vais, dans cet article, tenter de clarifier ce que les chrétiens entendent lorsqu'ils utilise le terme Dieu.

La nature de Dieu
Dieu est un pur esprit, éternel, infiniment parfait, créateur du ciel et de la terre et souverain maître de toute chose. Il est pur esprit, parce qu'il est un Être invisible, réel et ayant une intelligence vivante sans corps ni figure, qu'on ne peut voir ni toucher. Sa nature est l'existence éternelle sans commencement ni fin. Il réunit en lui même toute perfections de façon infinies. Il  a créé de rien tout ce qui existe et en demeure le maître absolu. Voilà ce que nous entendons par Dieu en tant que chrétien. Tout système religieux qui vous propose une définition moindre que cela vous ment ou parle d'un autre type d'entité qui n'est pas divine.

Les perfections de Dieu
Une perfection est une qualité qui rend meilleur celui qui la possède. Dieu possède toutes les perfections dans un degré infini. Pour être plus exactes, les perfections en Dieu ne sont pas distinctes les unes des autres ou multiples, mais forme un tout. Cependant, à cause de notre intellect plus limité, nous devons les distinguer pour mieux les comprendre. Les perfections peuvent se diviser en trois groupes qui sont les perfections de la nature divine, les attributs impératifs et les attributs moraux.

Les perfections de la nature divine
Les perfections de la nature divine sont des perfections qui n'appartiennent qu'à Dieu et non aux hommes. Tout système religieux qui vous proposerait de posséder une de ces perfections par vos propres pouvoirs devrait aussitôt faire monter en vous une certaine méfiance.
1- L'éternité : Dieu est l'Être nécessaire, la cause première qui est sans cause. Il a toujours existé et existera toujours. Il n'a eu ni commencement ni de fin.
2- L'unité : La nature divine est unique. Comme elle est infini, elle ne peut pas y avoir d'égal, donc elle est nécessairement unique.
3- La simplicité : Ce terme exclu toute imperfection du composé et de la matière. C'est cela qu'on veut signifier par l'expression « pur esprit ».
4- L'immuabilité : Dieu ne peut rien acquérir ni rien perdre. Sa volonté  ou ses prévisions ne peuvent pas changées. Dans la Bible, lorsqu'on y retrouve l'expression « Dieu regretta » ou « Dieu décida », ces variations qu'on lui prête ne le sont qu'en rapport à nous et non avec lui-même.
5- L'immensité : Dieu est partout. Il ne faut pas confondre ce partout avec le panthéisme, qui confond la création avec le créateur. On doit plutôt parler de transcendance, où Dieu est présent partout sans être mêler avec la création.

Les attributs impératifs
Les attributs impératifs sont les principes de ses actes. Dieu les possède tous dans leur degré suprême. Cependant, l'homme peut aussi les posséder, mais dans des degrés beaucoup plus modeste.
1- L'intelligence : Dieu connaît tout du monde parfaitement. Il connait le passé, le présent et l'avenir. Il connaît aussi nos pensés les plus secrètes sans toutefois entraver notre liberté.
2- La volonté : Dieu est libre de faire totalement ce qui lui plaît. La volonté humaine est à son image, mais en Dieu, son infini perfection fait qu'elle est utilisé qu'à faire le bien.
3- La toute-puissance : Dieu a fait et peut encore faire tout ce qu'il veut, sans effort par le pouvoir de sa seule volonté. Il ne peut cependant ni pécher ni agir en contradiction avec lui-même.

Les attributs moraux
Dieu possède également ce qu'on appelle les attributs moraux. Ce sont des vertus que Dieu possède à la perfection et que les hommes doivent imiter de toute leur force.
1- La sagesse : La sagesse est la perfection morale qui fait que Dieu agit toujours pour des fins dignes de lui.
2- La bonté : C'est la volonté de Dieu à faire et vouloir le bien de toute ses créatures. C'est pourquoi nous utilisons souvent l'expression le « bon Dieu ».
3- La sainteté : C'est la haine infini du mal. C'est pourquoi Dieu ne peut pécher car il est l'auteur de toute vertu. La sainteté à pour conséquence la justice qui consiste à punir le mal et à récompenser la vertu.
4- La providence : Cette perfection résume la bonté et la sagesse. C'est pour cela que Dieu veille et prends soin de ses créatures. Bien qu'à l'occasion, les désordres du monde ou dans nos vie nous font douter de cette bienveillance, nous ne les comprendrons de façon plus clair que dans l'éternité.

5 commentaires:

  1. Bonjour Miguel,

    J'ai lu avec intérêt votre article sur la nature de Dieu. J'ai une question à laquelle vous pourrez peut-être répondre vu vos connaissances. Comment l'Église concilie-t-elle "Dieu est un pur esprit" avec l'Incarnation d'une part : Jésus, vrai Dieu et vrai Homme et le sacrement eucharistique d'autre part : le pain est vraiment Corps de Dieu, le sang est vraiment sang de Dieu.

    Cordialement,

    RépondreSupprimer
  2. Voilà toute une question. Avant de vous répondre, j'aimerais spécifier que je ne me considère pas comme un expert en la matière. Je peux me tromper. La plus grande partie de la confiance que j'ai en ce que j'écris vient du fait que j'essaie de suivre les enseignements de l'Église. Mes articles sont souvent de courts résumés dans un langage plus accessible de livres que j'ai lus et que je tente de regrouper en court résumés.

    Je vais tenter de répondre du mieux que je peux à votre question mais je n'oserais pas affirmer que cette réponse est la réponse officielle de l'Église sur cette question.

    Voici ma réponse personnelle : D'une part, l'Incarnation de Dieu s'est fait en la personne de Jésus-Christ, 2e personne de la Trinité. Les personnes de Dieu le Père et de l'Esprit-Saint ne se sont pas Incarnées. Pour ce qui est de l'Eucharistie, l'expression plus juste serait plutôt "Corps du Christ" et non "Corps de Dieu". En spécifiant "Corps du Christ" dans l'eucharistie, on désigne que c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, 2e personne de la Trinité qui s'y trouve. Cependant, comme Jésus-Christ est Dieu, l'expression "Corps de Dieu" n'est pas erronée, mais peux engendrer une certaine confusion.

    Je ne vois pas de contradiction entre le fait d'affirmer la doctrine du "Corps du Christ" avec celle de Dieu étant un pur-esprit. Car, Dieu le Père, l'Esprit-Saint et la substance divine sont pur esprit dans le sens où elles ne sont pas matérielles.

    Est-ce que j'avais bien saisi le sens de votre question ?

    RépondreSupprimer
  3. Miguel,

    Vous avez bien saisi le sens de ma question. Par contre, pou moi, je ne vois pas - encore peut-être - ce qui fait qu'il n'y a pas contradiction entre Dieu pur esprit et le mystère de l'Incarnation. Or l'Incarnation est un mystère justement, je l'accepte tel que. Comme l'a dit Saint Augustin : "Qu'y a-t-il d'étrange à ce que tu ne comprennes pas ? Si tu comprends, ce n'est pas Dieu !"

    Ludovic

    RépondreSupprimer
  4. Ludovic,
    Les 3 mystères: la Trinité, l'Incarnation et la grâce divine sont les 3 mystères les plus complexes que nous ne comprendrons peut-être jamais complètement. Heureusement, cela nous a été révélé par Dieu car jamais l'homme n'aurait réusssit, avec sa raison, à parvenir à tels mystères.

    RépondreSupprimer
  5. La contradiction entre l'incarnation de l'Homme-Dieu,et la doctrine de l'esprit pur attribué à Dieu vient de la qualité de corps attribuée au Christ qui n'est pas le corps physique de la nature déchue,mais un corps parfait et qui va jusqu'au corps glorieux. C'est la doctrine proprement chrétienne. La définition de pur esprit convient à la déité (deitas) proprement dite, selon la théologie mystique allemande du dominicain maître Eckhardt, mais le catéchisme, par simplicité, ne fait pas cette distinction.

    RépondreSupprimer