La Liturgie des Heures (2): les différentes éditions

Dans le premier article de cette série, on a vu l'importance de l'Office divin non seulement dans la prière de l'Église, mais dans la prière personnelle des individus qui la composent. L'Office n'est rien de moins que la source de la piété et l’aliment de la prière personnelle (Sacrosanctum Concilium, par. 90).

En tant que catholiques, l'Office divin est l'un de nos trésors inestimables qui nous donne un sérieux coup de pouce pour devenir persévérants dans la prière comme il nous est demandé dans les Saintes Écritures (Ac 1.14, Rm 12.12, Col 4.2).

Si vous êtes intéressé à commencer à prier l'Office divin, cet article vous aidera à choisir la bonne édition.

Sachez d'abord qu'il existe plusieurs sites Internet qui peuvent servir à prier la Liturgie des Heures, dont le site de l'AELF, mais je recommande de vous procurer une vraie édition en format papier si vous voulez vraiment profiter de l'Office. Ces sites sont excellents pour dépanner ou pour vous accompagner dans l'apprentissage du bréviaire, mais ils ne se comparent pas à un livre que l'on peut apporter avec soi et qui n'est pas susceptible de tomber en panne.

Les éditions les plus courantes de la Liturgie des Heures sont intitulées Prière du temps présent et la Liturgie des heures vendue en quatre tomes. Il est important de savoir que ces deux éditions sont des adaptations françaises et non de pures traductions. Une certaine partie du contenu, surtout les hymnes, a été remplacée par des compositions modernes souvent médiocres et parfois douteuses sur le plan doctrinal. Toutefois, je connais plusieurs personnes qui tirent beaucoup de profit de ces éditions.

En français, nous disposons d'une seule véritable traduction de la Liturgie des Heures. Elle s'appelle Les Heures grégoriennes, publiée par la Communauté Saint-Martin. Elle est la seule édition fidèle au texte original. Malheureusement cette édition est un diurnal seulement, ce qui veut dire qu'elle ne comprend pas l'Office des lectures. À 335$, les Heures grégoriennes est une édition assez coûteuse, bien que cette dépense soit pleinement justifiée. Notons en passant le site web de la Societas Laudis qui est un effort de fournir une nouvelle traduction française fidèle du texte latin.

Si vous ne pouvez pas vous procurer les Heures grégoriennes, n'hésitez pas à acheter Prière du temps présent, qui est d'une grande valeur malgré tout. Un volume qui s'appelle Livre des jours accompagne Prière du temps présent et contient une bonne partie des lectures patristiques pour l'office des lectures. On retrouve d'anciennes éditions des deux livres dans les bouquineries à très bas prix. Si vous optez pour Prière du temps présent, vous n'aurez qu'à omettre les textes les plus mauvais, surtout les hymnes et les lectures provenant d'auteurs contemporains. Éventuellement, vous pourrez songer à acquérir une autre édition si vous voyez que la Liturgie des Heures vous est profitable.

Une autre option est de se procurer le diurnal monastique latin-français dont il est question plus bas, qui est très abordable et de haute qualité du point de vue liturgique. S'agissant d'un diurnal, vous n'aurez pas les lectures patristiques, mais soyez assuré que vous aurez assez de contenu pour occuper toute votre journée de prière.


La Liturgie des Heures, édition typique
Si vous avez le bonheur de lire le latin, il y a actuellement deux éditions de la Liturgie des Heures: celle des presses du Vatican et celle de la Midwest Theological Forum. Il n'y a rien de plus satisfaisant que d'aller directement à la source. Cela vaut la peine d'apprendre le latin si ce n'est que pour cette raison. Dans un autre article sur ce blog, vous pouvez télécharger la Liturgie des Heures en latin en format HTML.

Quant au bréviaire romain, il n'y a actuellement pas d'édition française. Je possède un diurnal latin-français de Desclée datant de 1962 qui fait très bien l'affaire, mais on la retrouve difficilement sur le marché du livre d'occasion. Comme solution de rechange, on peut se tourner vers le bréviaire monastique qui ressemble beaucoup au bréviaire romain et dont un diurnal latin-français est publié par le monastère du Barroux.

Les éditions unilingue latines du bréviaire romain sont très nombreuses. La plupart des éditions datant des années 1960 comportent le psautier de Pie XII et non le psautier gallican que beaucoup préfèrent. Le psautier de Pie XII a été traduit sur l'hébreu alors que le psautier gallican est une traduction de la Septante. Pour ma part, je préfère le psautier de Pie XII parce qu'il est plus intelligible, mais d'autres aiment mieux le psautier gallican qu'ils considèrent comme plus fidèles à la tradition. Les éditions courantes emploient invariablement le psautier gallican. Pour le bréviaire en latin, le Barroux offre un diurnal et le bréviaire complet.

En résumé, chacune des options comporte des avantages et des inconvénients. La meilleure option, l'édition originale latine, comporte l'avantage d'être la plus authentique, mais l'inconvénient est d'avoir à apprendre le latin, ce qui n'est pas aussi difficile qu'on pourrait le croire et apportera beaucoup d'autres avantages. Sinon, les Heures grégoriennes est une bonne option, mais plutôt coûteuse. Donc, beaucoup se tourneront vers Prière du temps présent, qui est souvent l'option la plus raisonnable.

Dans le prochain article, j'expliquerai en gros comment on se sert d'un bréviaire.

9 commentaires:

  1. Bonjour Daniel,

    Comme j’utilise depuis toujours « Prière du temps présent », je ne peux comparer cette traduction. J’aimerais avoir un exemple d’un « mauvais hymne » qu’on peut retrouver dans « Prière du temps présent » et ce qu’on y retrouve de différent de ceux du « Heures grégoriennes » par exemple.

    Merci

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  2. On dirait qu'ils ont tous à peu près le même contenu insipide. Les thèmes de "souffle de l'Esprit", le "coeur brûlé", "l'humilité et la pauvreté de Dieu"... Rien sur la contrition, le salut, la résurrection, l'Eglise, la Trinité, bref, les hymnes sont à l'image du catholicisme libéral qui les a produits. Voici ce qu'un autre auteur écrit: "Les « hymnes » sont des compositions d’auteurs francophones. Souvent d’une grande banalité, parfois « poétiques » et à la limite de l’incompréhension."

    Quelques exemples d'hymnes que je trouve particulièrement mauvais: mardi à complies, jeudi I à l'office des lectures, vendredi I office des lectures, vendredi I matin, vendredi II office des lectures, vendredi III office des lectures, dimanche IV matin, mercredi IV matin, vendredi IV soir, samedi IV office des lectures.

    Cela dit, cette édition fait très bien l'affaire. Mais quand on a goûté à l'authentique liturgie de l'Eglise dont les hymnes multi-séculaires et théologiquement féconds, on trouve assez fades les compositions modernes de PTP.

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  3. Ah oui, j'allais justement dire que je m'apprête à la prière en familleen utilisant PTP, donc pas si mauvais que ça après tout :)

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  4. Je serai curieux de comparer, par exemple, l'hymne des complies du mardi du Prière du Temps Présent avec celui des Heures Grégoriennes. Vous savez, celui qui commence par « Vienne la nuit de Dieu, Vienne la nuit des hommes ». Pouvez-vous me transcrire ici celui des Heures Grégoriennes afin que je puisse comparer les deux traductions.

    Merci

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  5. C'est possiblement l'exemple le plus désolant. Il s'agit dans la version originelle du fameux Te lucis ante terminum, chanté à tous les jours tant dans la Liturgie des heures que dans le bréviaire traditionnel. PTP le remplace par un hymne différent à tous les jours pour plus de variété je suppose. Je n'ai pas Les Heures grégoriennes, mais leur traduction doit ressembler à celle du site de Societas Laudis que voici:

    Avant que le jour ne s'éteigne,
    nous Te prions, Créateur de toute chose,
    dans Ta bonté de toujours,
    veille sur nous, garde-nous.

    Que nos cœurs rêvent de Toi,
    qu'ils songent à Toi pendant le sommeil,
    qu'ils chantent encore Ta gloire
    à l'approche de la lumière.

    Accorde-nous une vie saine,
    réchauffe-nous intérieurement,
    que Ta clarté illumine
    les tristes ténèbres de la nuit.

    Exauce-nous, Père tout-puissant,
    par Jésus-Christ le Seigneur,
    qui avec Toi et le Saint-Esprit,
    règne éternellement. Amen.

    Remarquez l'invocation de la Trinité à la fin, qui termine tous les hymnes de la Liturgie des heures mais qui est absente dans les hymnes de PTP.

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  6. Bonjour Daniel,

    Comment se fait-il que dans le diurnal latin-français de 1962 que vous décrivez et que j'ai trouvé d'occasion, il y a aussi l'office des Matines ? Le diurnal, n'est-ce pas seulement de laudes à complies normalement ? Avec les matines, pourquoi ne s'appelle-t-il pas "Bréviaire latin-français" ? Merci pour votre réponse.

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    1. Les matines ne sont pas complètes: vous n'avez que les psaumes, sans les lectures bibliques et patristiques. C'est le cas de beaucoup de diurnaux, comme PTP qui contient les psaumes de l'Office des lectures. Par contre je crois que le diurnal du Barroux n'a pas les psaumes des matines.

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  7. Je veux le texte du psaume 50 du complie de vendredi en groriènne. Si vous pouvez m'aider. Je suis en afrique.

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