Catholiques et protestants : les différences en un tableau

Au Québec, presque tout le monde connaît un protestant : un voisin baptiste, une belle-sœur qui fréquente une église évangélique, un collègue de l'Église unie. On partage le même Notre Père, on lit souvent les mêmes évangiles, on se dit tous chrétiens. Et pourtant, dès qu'on parle de Marie, de la messe ou du pape, le désaccord tombe comme un rideau. Alors, qu'est-ce qui sépare vraiment les deux ? Une poignée de détails accumulés au fil des siècles, ou deux manières différentes de comprendre le christianisme ?
Les questions tapées dans Google vont dans tous les sens : quelle est la différence entre catholique et protestant, pourquoi Luther a quitté l'Église catholique, pourquoi l'Église catholique est opposée au protestantisme, peut-on être catholique et protestant, un catholique peut-il lire une Bible protestante, et même, signe des temps, comment devenir plus catholique en s'inspirant des évangéliques. Voici une réponse à chacune, avec un tableau pour s'y retrouver d'un coup d'œil. L'objectif n'est ni de caricaturer nos frères protestants ni de faire semblant que les différences n'existent pas.
Quelle est la différence entre catholique et protestant ?
D'abord, il n'y a pas « un » protestantisme
Le mot « protestant » regroupe des familles très différentes. Les luthériens, héritiers directs de Martin Luther, gardent une liturgie, des vêtements liturgiques et la foi en la présence réelle du Christ dans la Cène. Les réformés (calvinistes, presbytériens) ont une liturgie plus dépouillée et une théologie marquée par Jean Calvin. Les anglicans occupent une position à part, souvent très proche du catholicisme dans la forme. Les évangéliques, baptistes et pentecôtistes, qui forment aujourd'hui la part la plus dynamique du protestantisme mondial, insistent sur la conversion personnelle, l'autorité de la Bible et, pour les pentecôtistes, les dons de l'Esprit.
Toute comparaison « catholique contre protestant » est donc une simplification. Le tableau plus bas indique ce qui est commun à la plupart des protestants et signale les exceptions importantes. Quand on discute avec un protestant précis, la première question à poser est simple : de quelle Église êtes-vous ?
Ensuite, ce qui unit est plus grand qu'on ne le croit
Catholiques et protestants confessent le même Dieu en trois personnes, la divinité et l'humanité du Christ, sa mort pour nos péchés et sa résurrection. La plupart récitent le Symbole des Apôtres ou celui de Nicée. Surtout, ils partagent le même baptême : l'Église catholique reconnaît comme valide le baptême donné au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans les communautés protestantes, et ne le répète jamais. Saint Paul résume ce socle commun :
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.Ep 4, 4-6
Le concile Vatican II en tire la conséquence : ceux qui sont justifiés par la foi reçue au baptême sont incorporés au Christ, et l'Église catholique les entoure de respect fraternel et de charité. Ils possèdent de vrais biens chrétiens, nomme le décret Unitatis redintegratio : la Parole de Dieu écrite, la vie de grâce, la foi, l'espérance et la charité (n. 3). Le Catéchisme reprend cet enseignement (n. 818, 819 et 838). Un protestant n'est donc pas, pour un catholique, un « non-chrétien ». C'est un frère séparé : frère d'abord, séparé ensuite.
Catholiques et protestants : le tableau des différences
| Sujet | Catholiques | Protestants (en général) |
| Autorité | L'Écriture et la Tradition, interprétées par le Magistère (le pape et les évêques) | L'Écriture seule (sola scriptura) comme norme suprême ; les confessions de foi ont une autorité seconde |
| Bible | 73 livres, dont 7 livres de l'Ancien Testament appelés deutérocanoniques | 66 livres ; les deutérocanoniques sont absents ou placés à part comme « apocryphes » |
| Salut | Par grâce, au moyen de la foi ; la grâce transforme réellement l'homme et le rend capable d'œuvres méritoires | Par grâce, par la foi seule (sola fide) ; les œuvres sont le fruit du salut, non sa cause |
| Sacrements | Sept : baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, onction des malades, ordre, mariage | Deux le plus souvent (baptême et Cène) ; plusieurs évangéliques parlent d'« ordonnances » plutôt que de sacrements |
| Eucharistie | Présence réelle et substantielle du Christ (transsubstantiation) ; la messe actualise le sacrifice de la croix | Présence réelle pour les luthériens, présence spirituelle pour les réformés, simple mémorial pour beaucoup d'évangéliques ; pas de sacrifice |
| Ministère | Prêtres ordonnés par des évêques en succession apostolique ; ordination réservée aux hommes | Sacerdoce universel des baptisés ; pasteurs choisis par la communauté ; beaucoup d'Églises ordonnent des femmes |
| Pape | Successeur de Pierre, pasteur de l'Église universelle, infaillible dans des conditions précises | Autorité non reconnue |
| Marie | Mère de Dieu, toujours vierge, Immaculée Conception (1854), Assomption (1950) ; on la prie | Mère de Jésus et croyante exemplaire ; conception virginale admise, dogmes de 1854 et 1950 rejetés ; on ne la prie pas |
| Saints | On demande leur intercession et on vénère leurs reliques | Modèles de foi, mais on ne les invoque pas |
| Après la mort | Purgatoire, prière pour les défunts, indulgences | Purgatoire et indulgences rejetés |
| Clergé et mariage | Célibat des prêtres dans l'Église latine ; mariage sacramentel indissoluble | Pasteurs mariés ; le mariage n'est pas un sacrement ; divorce et remariage généralement admis |
Ce tableau donne la carte. Mais toutes les lignes n'ont pas le même poids. La plupart découlent de deux ou trois questions de fond.
Les vraies questions de fond
La Bible seule ?
C'est la différence-mère. Pour les réformateurs, l'Écriture est la seule règle infaillible de la foi : tout ce qui n'y est pas clairement enseigné peut être rejeté. Pour l'Église catholique, la Parole de Dieu est transmise à la fois par l'Écriture et par la Tradition vivante, et c'est l'Église qui en donne l'interprétation authentique. Saint Paul ne connaît pas d'opposition entre les deux :
Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre.2 Th 2, 15
L'argument protestant le plus fort repose sur un autre texte de Paul :
Toute l'Écriture est inspirée par Dieu ; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l'homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien.2 Tm 3, 16-17
Un catholique signe ce verset des deux mains. Mais il faut le lire honnêtement : Paul dit que l'Écriture est inspirée et utile, il ne dit pas qu'elle est la seule autorité. Et quand il écrit cela, le Nouveau Testament n'est pas encore achevé, encore moins rassemblé. La liste même des livres de la Bible ne figure nulle part dans la Bible : il a fallu que l'Église la discerne. Nous avons consacré une série à cette question : les problèmes de sola scriptura et la suffisance des Écritures.
La foi seule ?
C'est la question qui a mis le feu aux poudres au XVIe siècle. Luther s'appuyait sur saint Paul :
En effet, nous estimons que l'homme devient juste par la foi, indépendamment de la pratique de la loi de Moïse.Rm 3, 28
Les catholiques répondent souvent avec saint Jacques, le seul passage de la Bible où apparaissent ensemble les mots « foi » et « seulement » :
Vous voyez bien : l'homme devient juste par les œuvres, et non seulement par la foi.Jc 2, 24
Opposer ces deux versets comme deux équipes de hockey serait pourtant une mauvaise apologétique. Paul parle des œuvres de la Loi de Moïse accomplies pour mériter la justification ; Jacques parle d'une foi morte qui ne porte aucun fruit. Ils ne se contredisent pas, et c'est précisément ce que la lettre aux Éphésiens tient ensemble :
C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C'est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d'œuvres bonnes qu'il a préparées d'avance pour que nous les pratiquions.Ep 2, 8-10
Le fait le plus important de ces dernières décennies est ici. Le 31 octobre 1999, à Augsbourg, l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale ont signé la Déclaration commune sur la doctrine de la justification. On y lit : « c'est seulement par la grâce au moyen de la foi en l'action salvifique du Christ, et non sur la base de notre mérite, que nous sommes acceptés par Dieu » (n. 15). Les deux parties reconnaissent un consensus sur des vérités fondamentales et constatent que les condamnations du XVIe siècle ne visent plus l'enseignement présenté dans ce texte (n. 41). Les méthodistes s'y sont associés en 2006, les anglicans en 2016 et les réformés en 2017.
Il ne faut ni minimiser ni exagérer cet accord. Il ne règle pas tout : le mérite, la pénitence, le purgatoire et les indulgences restent des points de divergence réels. Mais quiconque affirme encore que « les catholiques croient se sauver par leurs œuvres » se trompe sur la foi catholique, et les catholiques qui accusent les protestants de mépriser les bonnes œuvres se trompent aussi. Voir aussi notre article foi et œuvres : réflexion sur Romains 3.
L'Église, les sacrements et l'Eucharistie
Le deuxième grand nœud est l'Église elle-même. Pour un catholique, le Christ a fondé une Église visible, structurée autour des apôtres et de Pierre, qui transmet sa grâce par des sacrements confiés à des ministres ordonnés. Pour la plupart des protestants, l'Église est d'abord la communauté de ceux qui croient, là où la Parole est annoncée et où le baptême et la Cène sont célébrés.
La conséquence la plus concrète touche l'Eucharistie. Selon Vatican II, les communautés issues de la Réforme, en raison surtout de l'absence du sacrement de l'Ordre, n'ont pas conservé la substance propre et intégrale du mystère eucharistique (Unitatis redintegratio, n. 22 ; Catéchisme, n. 1400). Le même texte reconnaît pourtant que, lorsqu'ils font mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur dans la sainte Cène, ils professent la vie dans la communion du Christ et attendent sa venue. Sur ce sujet, lire les protestants ont-ils raison sur l'Eucharistie ? et, sur la place de Pierre, la primauté de Pierre, fondement de l'unité voulue par le Christ.
Pourquoi Luther a-t-il quitté l'Église catholique ?
La formule elle-même est inexacte. Luther n'a pas voulu fonder une nouvelle Église. Moine augustin et professeur d'Écriture sainte à Wittenberg, il voulait réformer l'Église dans laquelle il vivait. Le 31 octobre 1517, il diffuse ses 95 thèses contre la prédication des indulgences, en particulier celle du dominicain Johann Tetzel, dont les méthodes étaient réellement scandaleuses : on laissait entendre aux fidèles qu'un versement d'argent libérait automatiquement les âmes du purgatoire.
Il faut le dire sans détour : les abus que Luther dénonçait existaient. La vente des charges ecclésiastiques, l'ignorance d'une partie du clergé, le train de vie de certains prélats de la Renaissance étaient des plaies bien réelles. L'Église catholique elle-même l'a reconnu en entreprenant sa propre réforme au concile de Trente (1545-1563), qui a interdit le commerce des indulgences.
Mais la querelle a vite dépassé les abus pour toucher la doctrine : la justification, l'autorité du pape et des conciles, le nombre des sacrements, la messe. Le pape Léon X condamne 41 propositions de Luther par la bulle Exsurge Domine du 15 juin 1520 et lui laisse un délai pour se rétracter. Luther brûle la bulle publiquement en décembre 1520. Il est excommunié par la bulle Decet Romanum Pontificem du 3 janvier 1521, puis refuse de se rétracter devant la diète de Worms en avril 1521. La protection des princes allemands, qui avaient aussi leurs raisons politiques et financières de rompre avec Rome, fait le reste.
Luther n'a donc pas simplement « quitté » l'Église : il a été excommunié au terme d'un conflit où il refusait de céder sur ce qu'il croyait être l'Évangile. Pour l'histoire détaillée, voir le protestantisme (1/4) : qui sont les protestants ? et les débuts de la réforme protestante. Pour la question qui a tout déclenché, voir notre article sur les indulgences : ce que l'Église enseigne vraiment.
Pourquoi l'Église catholique est-elle opposée au protestantisme ?
Il faut distinguer deux choses que la question confond. L'Église catholique n'est pas opposée aux protestants : elle les reconnaît comme des frères dans le Christ. Ceux qui naissent aujourd'hui dans ces communautés, précise le Catéchisme, ne peuvent être accusés du péché de la séparation (n. 818). Le pape François l'a montré de façon spectaculaire en se rendant à Lund, en Suède, le 31 octobre 2016, pour commémorer avec les luthériens le début de la Réforme.
En revanche, l'Église ne peut pas considérer que les doctrines qui la séparent du protestantisme sont indifférentes. Si le Christ a vraiment institué l'Eucharistie comme son Corps livré, si Pierre a vraiment reçu une mission pour toute l'Église, alors ces vérités ne sont pas des options. C'est le sens de la déclaration Dominus Iesus (2000, n. 17) : les communautés qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance du mystère eucharistique ne sont pas des Églises au sens propre, même si leurs membres baptisés sont incorporés au Christ. Le texte a blessé beaucoup de protestants ; il ne dit pourtant rien d'autre que ce que les protestants pensent symétriquement de l'Église catholique, à savoir que l'une des deux conceptions de l'Église est la bonne.
L'opposition n'est donc pas une hostilité, c'est une blessure. Saint Paul la décrivait déjà à Corinthe :
Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j'appartiens à Paul », ou bien : « Moi, j'appartiens à Apollos », ou bien : « Moi, j'appartiens à Pierre », ou bien : « Moi, j'appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?1 Co 1, 12-13
Peut-on être catholique et protestant ?
Non, au sens d'une double appartenance. Être catholique, c'est professer la foi de l'Église catholique, y compris sur les points où le protestantisme la rejette (la présence réelle, le rôle du pape, les sacrements), et vivre dans sa communion. On ne peut pas, en même temps, tenir ces points pour vrais et pour faux.
Mais la vie réelle est plus nuancée que cette réponse logique. Voici les situations les plus fréquentes :
- Un couple mixte. Un catholique peut épouser un protestant, avec la permission de l'évêque. Le mariage entre deux baptisés est un sacrement pour l'Église catholique. Le conjoint catholique s'engage à faire son possible pour que les enfants soient baptisés et éduqués dans la foi catholique.
- Assister à un culte protestant. C'est permis, par exemple pour un mariage, des funérailles ou une prière commune. En revanche, cela ne remplace pas la messe du dimanche pour un catholique.
- Communier. Un catholique ne reçoit pas la Cène dans une communauté protestante. Un protestant ne communie normalement pas à la messe ; le droit de l'Église prévoit des exceptions rares, en cas de nécessité grave, pour celui qui ne peut s'adresser à son propre ministre, demande spontanément le sacrement, manifeste la foi catholique sur l'Eucharistie et y est bien disposé (Catéchisme, n. 1401 ; Code de droit canonique, can. 844 § 4).
- Devenir catholique. Un protestant baptisé qui veut entrer dans l'Église catholique n'est pas rebaptisé. Après une préparation, il fait profession de foi et reçoit la confirmation et l'Eucharistie : on parle d'admission dans la pleine communion.
Un catholique peut-il lire une Bible protestante ?
Oui. Aucune loi de l'Église n'interdit à un catholique de lire la Bible Segond, la Bible du Semeur ou une autre traduction protestante, et beaucoup de ces traductions sont de grande qualité. Deux précautions s'imposent pourtant.
La première tient au contenu. La plupart des Bibles protestantes n'ont que 66 livres : il y manque Tobie, Judith, les deux livres des Maccabées, la Sagesse, le Siracide (ou Ecclésiastique), Baruch, ainsi que des passages grecs d'Esther et de Daniel. Or le concile de Trente a défini en 1546 que ces livres font partie de l'Écriture. Une Bible sans eux est une Bible incomplète pour un catholique. Pour l'histoire de cette différence, lire catholique et protestant : discussion sur l'inspiration et le canon.
La seconde tient aux notes. Le texte biblique est le même, mais les introductions et les notes de bas de page peuvent interpréter certains passages (sur l'Eucharistie, Pierre ou Marie) dans un sens protestant. Le droit de l'Église demande que les éditions de la Bible destinées aux catholiques soient approuvées et munies de notes explicatives (can. 825). Pour l'étude et la prière, mieux vaut donc une Bible catholique comme la Bible de Jérusalem ou la traduction liturgique. La Traduction œcuménique de la Bible (TOB), réalisée ensemble par des catholiques et des protestants, contient les deutérocanoniques et constitue un bon terrain commun.
Comment devenir plus catholique en s'inspirant des évangéliques ?
La question peut surprendre, mais elle est profondément catholique. Vatican II l'affirme : tout ce que la grâce de l'Esprit Saint accomplit chez nos frères séparés peut contribuer à notre édification (Unitatis redintegratio, n. 4). Le pape François écrivait dans le même sens qu'il y a tant de choses que nous pouvons apprendre les uns des autres (Evangelii gaudium, n. 246). Et saint Paul donnait la règle :
mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le.1 Th 5, 21
Que peut-on garder de bien chez les évangéliques sans rien céder de la foi catholique ?
- L'amour de la Bible. Beaucoup d'évangéliques lisent l'Écriture chaque jour et la connaissent remarquablement. L'Église catholique le demande aussi, en reprenant la phrase de saint Jérôme : ignorer les Écritures, c'est ignorer le Christ (Dei Verbum, n. 25).
- La relation personnelle avec Jésus. La foi n'est pas d'abord une appartenance sociologique, mais une rencontre. Le Catéchisme parle de la prière comme d'une relation vivante et personnelle avec Dieu (n. 2558).
- L'audace de l'annonce. Parler de sa foi à un collègue, inviter un ami, témoigner de ce que Dieu a fait dans sa vie : les évangéliques le font souvent avec naturel, là où beaucoup de catholiques québécois restent discrets.
- L'accueil et les petits groupes. Une communauté où l'on connaît le nom des nouveaux venus, des groupes de maison où l'on partage la Parole et la prière.
- La louange. Une prière qui exprime la joie et l'action de grâce, et pas seulement la demande.
Rien de cela n'est étranger à la tradition catholique. Lectio divina, cellules paroissiales, Renouveau charismatique : l'Église possède déjà tout cela. Ce que les évangéliques nous rappellent souvent, c'est que ces trésors doivent être vécus, pas seulement possédés. À l'inverse, nous avons beaucoup à leur offrir : les sacrements, la continuité avec l'Église des premiers siècles, la profondeur des Pères et des saints. C'est le sens du dernier volet de notre série : ce que l'on peut apprendre des protestants.
En résumé
| Question | Réponse courte |
| Quelle est la différence entre catholique et protestant ? | Même Dieu, même Christ, même baptême ; désaccord sur l'autorité (Écriture seule ou Écriture et Tradition), l'Église, les sacrements, le pape et Marie |
| Pourquoi Luther a quitté l'Église ? | Il voulait la réformer ; le conflit sur les indulgences est devenu doctrinal, et il a été excommunié en 1521 |
| L'Église est-elle opposée au protestantisme ? | Pas aux protestants, qu'elle tient pour des frères ; elle maintient ses désaccords doctrinaux |
| Peut-on être catholique et protestant ? | Non comme double appartenance ; couples mixtes et prière commune sont possibles |
| Un catholique peut-il lire une Bible protestante ? | Oui, en sachant qu'il y manque sept livres et que les notes peuvent orienter la lecture |
| Peut-on s'inspirer des évangéliques ? | Oui : amour de la Bible, prière personnelle, annonce, accueil, sans rien céder de la foi |
Que tous soient un
La veille de sa mort, Jésus n'a pas prié pour que ses disciples aient raison les uns contre les autres. Il a prié pour leur unité, et il en a donné la raison :
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.Jn 17, 21
Cinq siècles de division sont un contre-témoignage, et personne n'en sort indemne. Mais la réponse n'est ni de gommer les différences ni de les durcir. Elle consiste à les connaître exactement, à les discuter loyalement, et à commencer par ce que nous pouvons déjà faire ensemble : lire la même Parole, prier le même Père, servir les mêmes pauvres. Le jour où un catholique et un évangélique ouvrent la Bible côte à côte et s'expliquent franchement sur Jacques 2 ou sur Jean 6, quelque chose de la prière de Jésus commence déjà à s'accomplir.
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