Le protestantisme (1/4) : Qui sont les Protestants?

Le terme Protestant ne fait pas unanimité à l'intérieur du protestantisme. Ce sont surtout les groupes protestants historiques, ceux qui s'identifient au mouvement théologique initié par Martin Luther au 16e siècle, qui se considèrent Protestants. C'est le cas pour les Luthériens, les Réformés (Presbytériens) et la plupart des Anglicans (Épiscopaliens). Ils se considèrent la continuation de l'Église catholique purifiée de toutes les supposées erreurs du moyen âge.

D'autres groupes issus du protestantisme, surtout les Évangéliques, ont divergé sur le plan de la structure ecclésiale. Ils s'opposent à l'appellation protestante, se considérant simplement « chrétiens », bien qu'ils conservent la substance de la doctrine protestante. Ces groupes ne prétendent à aucune continuité avec l'Église catholique et prétendent naïvement retracer leur filiation spirituelle aux chrétiens primitifs du premier siècle.

Alors, les Protestants sont-ils chrétiens? Cela dépend de la façon que l'on définit le terme chrétien. Si on pouvait simplement croire en Jésus pour être chrétien, même les musulmans seraient chrétiens, puisque Jésus est mentionné au Coran comme étant un grand prophète, ce qui est certainement vrai. Il faut donc un minimum doctrinal pour entrer dans la définition de chrétien, mais le terme reste flou, de sorte qu'on puisse considérer certains groupes comme chrétiens et d'autres comme moins chrétiens, comme les Témoins de Jéhovah qui ne confessent pas la Trinité, et les Mormons qui ont un grand nombre d'innovations doctrinales. Mais en général, l'Église considère les Protestants comme des chrétiens, bien que victimes d'hérésie. 

Oui, le protestantisme en tant que système doctrinal est une hérésie. On ne l'entend pas souvent depuis le concile Vatican II où l'on a adopté un changement de ton, préférant insister sur les éléments qui nous unissent avec les Protestants que les éléments qui nous séparent. Le concile est allé jusqu'à les appeler des « frères séparés » (Unitatis Redintegratio), car les éléments qui unissent les Catholiques et les Protestants sont en effet très nombreux et conduisent à une certaine unité spirituelle de ces groupes avec l'Église catholique. Néanmoins, il est dangereux d'ignorer les éléments négatifs de cette hérésie qui font encore des victimes chez les Catholiques.

Je dis victimes, mais il faut relativiser. Les Protestants évangéliques sont très forts pour attirer des Catholiques, mais pas n'importe quel Catholique: ce sont surtout des Catholiques mal catéchisés et peu pratiquants, ceux qu'on appellerait les « malcroyants » selon un néologisme désignant ces millions de catholiques de naissance qui sont en pratique de simples païens. Si on considère que les Évangéliques amènent ces personnes à une véritable foi en Jésus qui change leur vie pour le mieux, il est difficile de parler de « victimes ». L'Église devrait plutôt remercier les Évangéliques, mais prendre ensuite la relève pour catéchiser correctement ces nouveaux croyants, ce que les Évangéliques sont incapables de faire.

Les véritables victimes du protestantisme sont la quasi-totalité des Catholiques modernes qui ne comprennent rien à la foi catholique. C'est le protestantisme qui a incité les soi-disant théologiens à s'appuyer sur une interprétation privée de la Bible pour s'écarter des dogmes de l'Église, de sorte que de nombreux prêtres et évêques ont cessé d'enseigner la foi catholique aux fidèles, les paroisses se sont vidées et les vocations ont cessé. C'est la débandade, la pire crise de l'histoire de l'Église, qui trouve ses racines dans l'hérésie protestante. Permettez-moi encore de distinguer: ce ne sont pas les Protestants modernes qui ont causé cette crise; au contraire, ils en limitent les dégâts et ramènent des Catholiques à une foi réelle (bien qu'imparfaite) en Jésus. C'est plutôt la philosophie protestante en tant que précurseur du libéralisme qui a causé des ravages dans l'Église.

Comment se peut-il que les Protestants évangéliques amènent des gens à une foi en Jésus, alors que la philosophie protestante fait perdre la foi? C'est que certains Protestants modernes sont demeurés proches du protestantisme primitif, n'admettant pas les évolutions libérales qui ont conduit au modernisme. On parle ici des Évangéliques et certaines branches conservatrices des églises protestantes. D'autres groupes (Anglicans, Église Unie, Luthériens, Presbytériens, etc.), ceux qu'on a l'habitude d'appeler « Protestants », sont devenus très libéraux, mais leur importance diminue avec leurs nombres décroissants et leurs fidèles qui ne fréquentent plus leurs temples. 

Paradoxalement, le protestantisme primitif des Évangéliques ressemble beaucoup plus à la foi catholique que les enseignements modernistes des facultés de théologie et des séminaires soi-disant catholiques. Malheureusement, le potentiel de s'écarter de plus en plus de la véritable foi est présent chez les Évangéliques, puisqu'ils confessent cette même hérésie qui a permis à d'autres Protestants et même à des Catholiques d'atteindre des sommets d'impiété. 

Quelle est donc la substance de cette hérésie? Le point central est ce qu'on appelle sola scriptura (l'écriture seule), un terme inventé par les Protestants. Dans le prochain article, nous verrons de quoi il s'agit.

2 commentaires:

  1. J'attends avec grand'hâte la suite de cet article!

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  2. Un chrétien évangélique est un chrétien non nourrit par la bouche de l'homme qui maudit d'un cotes puis prie Dieu de l'autre comme le montre cet article. Un chrétien évangélique ne s'attache pas à cette étiquette, sa nourriture n'est pas tirée de la doctrine et des lois humaines mais de sa relation spirituelle personnelle avec Dieu uniquement, de son étude assidue et fervente de la bible, n'importe tout à toute heure, chaque jour. Et enfin de la prière pour toute l'humanité. Que Dieu vous bénisse et ouvre les yeux de votre coeur afin que vous compreniez que Dieu à donné des dons divers, les apôtres n'ont pas tous exercés le même ministère, ils étaient néanmoins tous membre du corps de Christ et tous rempli d'amour les uns pour les autres. N'est-ce pas là le message de Jésus? Cessons de nous critiquer et de défendre la religion au dépend de la bonne nouvelle de Dieu. Nous sommes tous l'eglise de Jésus-Christ quelque soit notre nom. Cessons de dissuader les non croyants qui ne voient pas d'intérêt à s'approcher de gens qui médisent plus qu'eux et Sont plus desunient qu'eux. Que Dieu vous bénisse abondamment et nous unisse dans son amour, sa paix et sa vérité.

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