Halloween, on fête quoi ?

Chaque fin d'octobre, la même question revient dans les familles catholiques du Québec. D'un côté, des parents qui voient leurs enfants revenir ravis, déguisés en pirates, avec un sac de bonbons. De l'autre, des chrétiens, parfois des prêtres, qui affirment qu'Halloween est une fête païenne, voire satanique, et qu'un disciple du Christ n'a rien à y faire. Entre les deux, beaucoup de confusion : on entend que la Toussaint aurait été plaquée sur une fête celtique des morts, ou au contraire qu'Halloween serait « en réalité » une fête purement chrétienne.
Aucune de ces deux réponses toutes faites ne résiste à l'examen. L'histoire est plus intéressante, et la réponse morale plus nuancée. Voici ce que l'on fête vraiment le 31 octobre, pourquoi certains chrétiens refusent de le fêter, et ce qu'un catholique peut en faire.
Pourquoi fête-t-on Halloween ? Le nom dit déjà tout
Le mot « Halloween » est une contraction écossaise de l'anglais All Hallows' Even, c'est-à-dire « la veille de tous les saints ». Hallow est un vieux mot anglais pour « saint » (on le retrouve dans le Notre Père anglais : hallowed be thy name, « que ton nom soit sanctifié »). Halloween, c'est donc littéralement la veille de la Toussaint.
Ce simple fait règle une partie du débat. Quelles qu'aient été les coutumes populaires qui s'y sont greffées, le nom même de la fête est chrétien. Il désigne la soirée qui précède une solennité de l'Église, comme la veillée de Noël précède Noël.
La Toussaint et le jour des morts : d'où viennent les dates
Pour comprendre Halloween, il faut d'abord comprendre ce qu'elle précède. La Toussaint (1er novembre) célèbre tous les saints, connus et inconnus, qui sont déjà auprès de Dieu. C'est la fête de cette foule que décrit l'Apocalypse, et dont on lit justement le passage à la messe de la Toussaint :
Après cela, j'ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.Apocalypse 7, 9
L'histoire de la date est plus tortueuse qu'on ne le dit souvent. À Rome, au VIIe siècle, le pape Boniface IV consacre le Panthéon à la Vierge Marie et à tous les martyrs, et cette dédicace est fêtée le 13 mai. Au VIIIe siècle, le pape Grégoire III fait aménager dans la basilique Saint-Pierre un oratoire dédié à tous les saints. La date du 1er novembre est déjà attestée en Angleterre et dans certaines régions germaniques au VIIIe siècle. Elle s'impose dans tout l'empire carolingien en 835, quand l'empereur Louis le Pieux la rend obligatoire, à la demande du pape Grégoire IV.
Le lendemain, 2 novembre, l'Église fait mémoire de tous les fidèles défunts. Cette commémoration est due à saint Odilon, abbé de Cluny, qui ordonne à ses monastères de prier ce jour-là pour tous les morts. La tradition retient l'an 998, mais certains historiens la placent plutôt après 1030. L'usage clunisien s'étend ensuite à toute l'Église latine.
Le rapprochement des deux fêtes n'a rien d'arbitraire. Le 1er novembre, on se tourne vers ceux qui sont déjà dans la gloire. Le 2, on prie pour ceux qui ont encore besoin d'être purifiés. C'est la communion des saints vécue en deux jours : l'Église du ciel, l'Église qui se purifie, l'Église qui chemine sur terre.
Et Samhain ? Ce que l'on sait vraiment
On lit partout que la Toussaint aurait été fixée au 1er novembre pour « christianiser » Samhain, la fête celtique qui marquait le passage à la saison sombre. Cette thèse a été popularisée à la fin du XIXe siècle par l'anthropologue James Frazer. Elle est aujourd'hui fortement contestée.
L'historien britannique Ronald Hutton, spécialiste des fêtes populaires et du paganisme dans les îles Britanniques (et peu suspect d'apologétique chrétienne), fait valoir deux choses. D'abord, les sources irlandaises anciennes présentent Samhain comme une fête de fin des récoltes et de rassemblement, sans lien rituel particulier avec les morts. Ensuite, la date du 1er novembre pour la Toussaint semble venir du monde anglo-saxon et germanique, pas du monde celtique : les Irlandais eux-mêmes ont longtemps célébré tous les saints à une autre date, au printemps. Si l'Église avait voulu recouvrir Samhain, c'est en Irlande qu'elle aurait commencé.
Il faut pourtant éviter de tomber dans l'excès inverse. Il est probable que des coutumes de fin d'automne, présentes depuis longtemps dans les campagnes irlandaises et écossaises (feux, divination amoureuse, croyance que les êtres de l'autre monde rôdaient cette nuit-là), se soient mêlées aux veillées de la Toussaint. Halloween est donc une fête au nom chrétien, sur laquelle s'est déposé un folklore populaire varié, en partie préchrétien. Dire qu'elle est « une fête païenne » est faux ; dire qu'elle n'a rien reçu du folklore préchrétien serait tout aussi inexact.
D'où viennent les lanternes et les déguisements ?
La plupart des coutumes que nous associons à Halloween sont beaucoup plus récentes qu'on ne l'imagine.
En Irlande et en Écosse, on creusait des navets ou des betteraves pour en faire des lanternes. Les enfants se déguisaient et passaient de maison en maison en chantant ou en récitant quelque chose en échange de nourriture (le guising écossais). En Angleterre, une coutume voisine, le souling, voyait les pauvres passer aux portes à la Toussaint pour recevoir des gâteaux en échange de prières pour les défunts de la maison. On voit le lien : la quête du 31 octobre a des racines dans la prière pour les morts.
Pourquoi fête-t-on l'Halloween au Québec ?
Au Québec, l'Halloween n'est pas une mode récente : elle fait partie du paysage depuis plusieurs générations. Son histoire est celle de notre propre peuplement.
Une fête arrivée avec les Irlandais et les Écossais
Les coutumes de la veille de la Toussaint arrivent au Canada au XIXe siècle avec les immigrants irlandais et écossais. Or le Québec a accueilli une immigration irlandaise considérable, notamment au moment de la grande famine des années 1840, et une bonne part de ces familles, catholiques, se sont fondues dans la population canadienne-française. Bien des Québécois portent aujourd'hui un nom ou ont une arrière-grand-mère irlandaise. La fête n'est donc pas tombée du ciel : elle est arrivée dans les bagages de catholiques qui, chez eux, la vivaient comme la veillée d'une fête de l'Église.
En Amérique du Nord, la citrouille, plus grosse et plus facile à creuser, remplace le navet. La fête gagne en popularité au Canada à partir des années 1920, d'abord dans les milieux anglophones, puis elle s'étend peu à peu aux foyers francophones au cours du XXe siècle.
« Des bonbons ou un mauvais tour » : une expression canadienne
Détail que peu de gens connaissent : l'expression anglaise trick or treat apparaît pour la première fois dans la presse en novembre 1927, en Alberta, dans des articles du Calgary Herald et du Lethbridge Herald qui décrivent les enfants du village de Blackie. La formule que des millions d'enfants répètent chaque année dans le monde a donc été imprimée d'abord au Canada.
Une fête de quartier, et même de charité
Pour beaucoup de Québécois, l'Halloween évoque d'abord des souvenirs d'enfance : les déguisements faits à la maison, la tournée des voisins, les pommes et les bonbons, et, pour plusieurs générations, la petite boîte orange de l'UNICEF qu'on portait au cou pour recueillir des sous destinés aux enfants pauvres du monde. Ces boîtes ont accompagné les enfants canadiens de 1955 jusqu'au milieu des années 2000. Il y a là quelque chose de très peu « satanique » : une fête de voisinage où des enfants frappent aux portes et où l'on donne.
Une Toussaint devenue discrète
Il faut pourtant dire l'autre côté. Au Québec, la Toussaint n'est pas un jour férié, et elle n'est pas non plus une fête d'obligation pour les catholiques du Canada, où les évêques n'ont retenu que Noël et la solennité de Marie, Mère de Dieu, le 1er janvier, en plus des dimanches. Dans une société où la pratique religieuse a fortement reculé depuis la Révolution tranquille, la veille a fini par éclipser la fête. Beaucoup d'enfants québécois savent tout de l'Halloween et presque rien de la Toussaint, ni du jour des morts, que leurs arrière-grands-parents vivaient pourtant par la messe et la visite au cimetière. C'est moins Halloween qui pose problème que l'oubli de ce qu'elle précède.
Pourquoi des chrétiens ne fêtent-ils pas Halloween ?
Les chrétiens qui refusent de fêter Halloween ne sont pas des esprits chagrins. Leurs raisons méritent d'être entendues dans leur meilleure version.
L'objection de l'occultisme
La première raison est l'imagerie de la fête : sorcières, démons, esprits, morts-vivants. Or l'Écriture est sans ambiguïté sur les pratiques occultes :
On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui scrute les présages, ou pratique astrologie, incantation, enchantement, personne qui use de magie, interroge les spectres et les esprits, ou consulte les morts. Car quiconque fait cela est en abomination pour le Seigneur, et c'est à cause de telles abominations que le Seigneur ton Dieu dépossède les nations devant toi.Deutéronome 18, 10-12
Le Catéchisme reprend cet enseignement. Il déclare que « toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts » (CEC 2116), et que les pratiques de magie et de sorcellerie « sont gravement contraires à la vertu de religion » ; il ajoute que l'Église avertit les fidèles de se garder du spiritisme (CEC 2117). Pour ces chrétiens, jouer avec ces images, même par jeu, c'est banaliser ce que Dieu prend au sérieux.
L'objection de la mort tournée en dérision
La deuxième raison est plus subtile. La veille d'une fête où l'Église contemple la gloire des saints et prie pour ses morts, la culture ambiante propose des squelettes, du sang et des cimetières de carton. On passe de la mémoire des défunts à la peur ou au gore. Pour un chrétien, la mort n'est ni un jeu ni une horreur sans issue : c'est un passage que le Christ a traversé.
L'objection de la consommation
La troisième raison est commerciale. Halloween est devenue, au Canada comme aux États-Unis, l'une des grandes périodes de vente de l'année : costumes, décorations, friandises. Elle tend à éclipser la Toussaint et le jour des morts, dont beaucoup ne savent plus le sens.
Ces objections sont sérieuses. Certains milieux évangéliques et certains catholiques en tirent la conclusion qu'il faut s'abstenir complètement. Ce choix est respectable. Mais est-il obligatoire ?
Un catholique peut-il fêter Halloween ?
Réponse courte : oui, il le peut, à condition de rester dans le discernement. Il n'existe aucun document du magistère qui interdise aux catholiques de fêter Halloween, ni aucun qui l'encourage. La question relève de la prudence, c'est-à-dire du jugement que chaque famille porte sur ce qu'elle fait réellement ce soir-là. Plusieurs évêques et prêtres ont mis en garde contre les dérives de la fête ; ce sont des avertissements pastoraux, pas une interdiction de l'Église.
Saint Paul donne le critère :
mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal.
Première lettre aux Thessaloniciens 5, 21-22
Ce qui ne pose pas de problème
Se déguiser, creuser une citrouille, faire la tournée des voisins et recevoir des bonbons n'a rien d'un acte religieux, ni chrétien ni païen. Ce sont des coutumes de quartier. Un enfant déguisé en pirate ou en astronaute ne pratique pas la magie. Le Catéchisme condamne la divination et la sorcellerie réelles, c'est-à-dire le fait de chercher effectivement à connaître l'avenir ou à se servir de puissances occultes (CEC 2116-2117), pas le fait de porter un chapeau pointu.
Ce qu'il faut refuser
La limite se situe là où le jeu devient pratique. Une séance de spiritisme « pour rire », une planche Ouija, la consultation d'une voyante, un rituel prétendu « celtique » ou « wicca » : ici, on n'est plus dans le folklore, on est exactement dans ce que condamnent le Deutéronome et le Catéchisme. Il en va de même des déguisements ou décorations qui glorifient le mal, la cruauté ou le satanisme, au lieu d'en rire. L'apôtre est clair :
Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt.Lettre aux Éphésiens 5, 11
Rire du diable plutôt que le craindre
Il existe d'ailleurs une vieille intuition chrétienne : le chrétien n'a pas peur du démon, car le Christ l'a vaincu. Les sculpteurs du Moyen Âge n'hésitaient pas à représenter les démons sous des traits grotesques sur les cathédrales. Saint Paul décrit la victoire de la croix comme un triomphe où les puissances sont exhibées, défaites :
Ainsi, Dieu a dépouillé les Puissances de l'univers ; il les a publiquement données en spectacle et les a traînées dans le cortège triomphal du Christ.Lettre aux Colossiens 2, 15
Il ne faut pas forcer l'argument : rien ne prouve que les déguisements d'Halloween soient nés de cette intention, et une fête moderne n'est pas une cathédrale gothique. Mais il permet de comprendre qu'un chrétien peut regarder des sorcières de carton sans angoisse, car « Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4, 4). La peur des sorcières n'est pas une vertu chrétienne ; la vigilance, oui.
Est-ce que les catholiques fêtent Halloween ?
Dans les faits, oui, très largement. Au Québec, la plupart des familles catholiques laissent leurs enfants passer l'Halloween sans y voir de difficulté, souvent parce qu'elles l'ont elles-mêmes vécue enfants comme une fête de quartier. D'autres, notamment dans certaines communautés évangéliques ou dans des familles catholiques très pratiquantes, préfèrent s'abstenir. Et un nombre croissant de paroisses et de mouvements proposent une troisième voie.
Retrouver la veille de la Toussaint
Plutôt que de choisir entre tout accepter et tout refuser, on peut rendre à la soirée du 31 octobre son sens originel : la veille d'une grande fête.
Holywins et les fêtes de saints
En 2002, de jeunes catholiques parisiens lancent « Holywins », un jeu de mots sur Halloween qui signifie « la sainteté gagne ». L'initiative s'est répandue en France, en Belgique, puis en Amérique du Nord : veillée de prière, messe, adoration, jeux, et surtout des enfants déguisés en saints plutôt qu'en monstres. Dans plusieurs paroisses, les enfants doivent faire deviner quel saint ils représentent et raconter sa vie. C'est une manière très concrète de faire connaître la foule des saints qui intercèdent pour nous.
Prier pour les défunts
La deuxième piste consiste à renouer avec ce qui a toujours été au cœur de ces trois jours : la prière pour les morts. L'Écriture en donne déjà l'exemple avec Judas Maccabée :
Car, s'il n'avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde. Mais il jugeait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c'était là une pensée religieuse et sainte. Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d'expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés.
Deuxième livre des Martyrs d'Israël 12, 44-46
Le Catéchisme rappelle que, dès les premiers temps, l'Église « a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique » (CEC 1032), et que notre prière pour eux « peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur » (CEC 958). C'est le fondement de la foi au purgatoire. Une visite au cimetière en famille, une prière sur la tombe des grands-parents, une messe demandée pour un défunt : voilà des gestes qui donnent au début de novembre sa profondeur. L'Église accorde d'ailleurs une indulgence plénière, applicable aux seules âmes du purgatoire, au fidèle qui visite un cimetière et prie pour les défunts entre le 1er et le 8 novembre, aux conditions habituelles (confession, communion, prière aux intentions du pape).
C'est aussi l'occasion d'expliquer aux enfants ce que l'Église croit sur ce qui arrive après la mort. Face aux squelettes de plastique, le livre de la Sagesse offre une tout autre image :
Mais les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n'a de prise sur eux. Aux yeux de l'insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur, et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.
Livre de la Sagesse 3, 1-3
Allumer une lumière
Les familles qui font la tournée des maisons peuvent aussi en faire un petit signe. Une citrouille creusée est d'abord une lanterne : une lumière dans la nuit d'automne. Le Christ dit à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5, 14). Rien n'empêche une famille chrétienne de placer une bougie à sa fenêtre en mémoire de ses défunts, d'accueillir les enfants du quartier avec générosité, ou de glisser une image de saint avec les bonbons. L'hospitalité est une vertu chrétienne bien plus ancienne qu'Halloween.
En résumé
| Question / Réponse courte | |
| Que signifie « Halloween » ? | « Veille de tous les saints » (All Hallows' Even) : la veille de la Toussaint. |
| Halloween est-elle une fête païenne ? | Non par son nom ni par sa date, qui sont chrétiens. Elle a reçu un folklore populaire varié, en partie préchrétien. |
| La Toussaint a-t-elle remplacé Samhain ? | Peu probable : la date du 1er novembre semble venir du monde anglo-saxon et germanique, et l'Irlande fêtait les saints à une autre date. |
| Pourquoi fête-t-on l'Halloween au Québec ? | La fête est arrivée au XIXe siècle avec les immigrants irlandais et écossais, en bonne partie catholiques, et s'est enracinée comme fête de quartier au XXe siècle. |
| Pourquoi des chrétiens ne la fêtent-ils pas ? | Par refus de l'imagerie occulte, de la mort tournée en dérision et de la consommation. |
| L'Église interdit-elle Halloween ? | Non. Aucun document du magistère ne l'interdit ; c'est une question de prudence. |
| Qu'est-ce qui est clairement interdit ? | La divination, la magie, le spiritisme, même « pour rire » (Dt 18, 10-12 ; CEC 2116-2117). |
| Que peut faire une famille catholique ? | Fêter avec discernement, ou vivre une veillée de saints (Holywins), prier pour les défunts, visiter le cimetière. |
Conclusion
Halloween pose au fond une question plus large que celle des bonbons : que fait un chrétien des coutumes de sa culture ? L'Église n'a jamais répondu par un rejet en bloc ni par une adhésion naïve. Elle a pris le calendrier des peuples, en a gardé ce qui était bon, a refusé ce qui ne l'était pas, et y a mis le Christ. La nuit du 31 octobre peut être une nuit de peur, de consommation ou d'occultisme. Elle peut aussi redevenir ce que son nom annonce : la veille d'une fête où l'on se souvient que la mort n'a pas le dernier mot, et que la foule des saints, « que nul ne pouvait dénombrer », est faite de gens qui ont vécu dans nos rues, avant nous.
Peut-être la meilleure réponse à Halloween n'est-elle pas d'éteindre les citrouilles, mais de se demander ce que nous fêterons le lendemain matin.
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