Question d’un lecteur : Pourquoi pas la contraception dans le mariage ?

Dans ce commentaire sur les propos du Pape sur le préservatif, un internaute m’a posé cette question : En quoi l'usage justifié du préservatif comme contraceptif dans le mariage serait immoral? Quel est le fondement d'une telle affirmation? C’est une question très pertinente que plusieurs catholiques se posent, j’ai donc décidé d’en faire un article à part entière. Nous traiterons donc ici de la question de la contraception (par préservatif ou d’autres moyens chimiques, mécaniques ou chirurgicaux) au sein du mariage pour examiner pourquoi l’Église considère cela comme étant un acte immoral.
Catéchisme #2369 : " C’est en sauvegardant ces deux aspects essentiels, union et procréation, que l’acte conjugal conserve intégralement le sens de mutuel et véritable amour et son ordination à la très haute vocation de l’homme à la paternité " (HV 12).
Le fondement de cet enseignement est qu’il y a deux aspects dans les relations conjugales qui ne doivent pas être entravé par les époux: l’union et la procréation. Si l’un de ces deux aspects est volontairement annulé, nous avons un acte immoral. Si par exemple on utilise un contraceptif comme le condom, nous entravons la procréation. Il en va ainsi par exemple de la fécondation « in vitro » qui annule l’aspect de l’union. C’est pourquoi l’Église déclare ces deux actes comme étant immoraux.
Catéchisme #2366 : La fécondité est un don, une fin du mariage, car l’amour conjugal tend naturellement à être fécond. L’enfant ne vient pas de l’extérieur s’ajouter à l’amour mutuel des époux ; il surgit au coeur même de ce don mutuel, dont il est un fruit et un accomplissement. Aussi l’Église, qui " prend parti pour la vie " (FC 30), enseigne-t-elle que " tout acte matrimonial doit rester par soi ouvert à la transmission de la vie " (HV 11). " Cette doctrine, plusieurs fois exposée par le magistère, est fondée sur le lien indissoluble que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation " (HV 12 ; cf. Pie XI, enc. " Casti connubii ").
Cependant, ce n’est pas parce que l’Église n’approuve pas la contraception que nous devons faire le plus d’enfants qu’il nous est biologiquement possible d’en avoir. L’Église nous invite plutôt à avoir une attitude généreuse envers la vie. Il est donc possible, si on a de justes raisons (difficulté financière, maladie physique ou psychologique, etc), de vouloir espacer les enfants que Dieu veut nous confier.
Catéchisme #2368 :  Un aspect particulier de cette responsabilité concerne la régulation de la procréation. Pour de justes raisons (cf. GS 50), les époux peuvent vouloir espacer les naissances de leurs enfants. Il leur revient de vérifier que leur désir ne relève pas de l’égoïsme mais est conforme à la juste générosité d’une paternité responsable. En outre ils régleront leur comportement suivant les critères objectifs de la moralité
Si vous vous demandez comment on peut espacer les enfants de façon morale, il y a plusieurs techniques qui peuvent être aussi fiables que les moyens immoraux s’ils sont bien employés. Voici ce que dit le catéchisme à ce sujet :
Catéchisme #2370 : La continence périodique, les méthodes de régulation des naissances fondées sur l’auto-observation et le recours aux périodes infécondes (cf. HV 16) sont conformes aux critères objectifs de la moralité. Ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l’éducation d’une liberté authentique. En revanche, est intrinsèquement mauvaise " toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation " (HV 14) :
Au langage qui exprime naturellement la donation réciproque et totale des époux, la contraception oppose un langage objectivement contradictoire selon lequel il ne s’agit plus de se donner totalement l’un à l’autre. Il en découle non seulement le refus positif de l’ouverture à la vie, mais aussi une falsification de la vérité interne de l’amour conjugal, appelé à être un don de la personne tout entière. Cette différence anthropologique et
morale entre la contraception et le recours aux rythmes périodiques implique deux conceptions de la personne et de la sexualité humaine irréductibles l’une à l’autre (FC 32).

1 commentaire:

  1. Très bon article, qui résume bien la position de l'Église catholique.
    Rachel A

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