Latran I
Pape du concile

Contexte historique
Premier concile œcuménique tenu en Occident, il fut convoqué pour ratifier le Concordat de Worms qui mettait fin à la querelle des Investitures, un conflit de plusieurs décennies entre la papauté et le Saint-Empire sur le droit de nommer les évêques. Environ 300 évêques y participèrent.
Enseignements principaux
- Ratification du Concordat de Worms : L'empereur renonça au droit d'investir les évêques par la crosse et l'anneau (symboles spirituels), reconnaissant la liberté des élections ecclésiastiques.
- Réforme du clergé : Le concile promulgua des canons contre la simonie (achat des charges ecclésiastiques) et le nicolaïsme (concubinage des clercs).
- Protection des croisés : Les biens et les familles des croisés furent placés sous la protection de l'Église.
Déroulement du concile
LATRAN (Concile cuménique de),
l'an 1123. Ce concile, qui est le neuvième général,
fut assemblé par le pape Callixte II, qui y invita tous
les archevêques et tous les évêques des provinces
d'Occident. Ils s'y rendirent au nombre de plus de trois cents ;
et il y eut aussi plus de six cents abbés. On y fit vingt-deux
canons, dont la plupart ne font que renouveler les anciens contre
la simonie, le concubinage des clercs et l'infraction de la trêve
de Dieu. Voici ce que les autres renferment de particulier.
6. On déclare nulles toutes les ordinations
faites par l'hérésiarque Bourdin, depuis sa condamnation
par l'Église romaine, et celles qui ont été
faites par les évêques qu'il a ordonnés en
suite de son schisme.
8. On prononce anathème contre les
usurpations des biens de l'Église romaine, nommément
contre ceux qui s'empareront de la ville de Bénévent,
ou la retiendront par violence.
11. L'Église romaine prend sous sa
protection les familles et les biens de ceux qui vont à
Jérusalem secourir les chrétiens contre les infidèles,
leur accorde la rémission de leurs péchés,
et ordonne sous peine d'excommunication à ceux qui après
s'être croisés avaient quitté la croix, de
la reprendre dans l'année.
14. Défense aux laïques, sous
peine d'anathème, d'enlever les offrandes des autels de
Saint-Pierre, du Sauveur, de Sainte-Marie de la Rotonde et des
autres églises ou des croix, et de fortifier les églises
comme des châteaux, pour les réduire en servitude.
15. On séparera de la communion ou
société des fidèles les fabricateurs de fausse
monnaie, et ceux qui en débiteront.
16. Si quelqu'un ose prendre, dépouiller
ou vexer par de nouveaux péages ceux qui vont à
Rome ou à d'autres lieux de dévotion, il sera privé
de la communion chrétienne, jusqu'à ce qu'il ait
satisfait pour sa faute.
17. Défense aux abbés et aux
moines de donner des pénitences publiques, de visiter les
malades, de faire les onctions et de chanter des messes publiques.
Ils recevront des évêques diocésains les saintes
huiles, la consécration des autels et l'ordination des
clercs.
18. Les curés seront établis
par les évêques, auxquels ils rendront compte de
leur conduite.
22. On déclare nulles les aliénations
des biens de l'Église, de même que les ordinations
faites par des évêques intrus, ou simoniaques, ou
qui n'ont pas été élus canoniquement.
Il ne nous reste des autres actes du concile général de Latran, que ce qu'on en lit dans le quatrième livre de la Chronique du Mont-Cassin ; savoir, que quelques évêques s'étant plaints des exemptions des moines, et en particulier de celles du monastère du Mont-Cassin, ceux-ci furent maintenus dans leurs privilèges. Reg. tome XXVII ; Lab. tome X ; Hard. tome VI ; Anal. des Conc.