Bâle-Ferrare-Florence
Pape du concile

Contexte historique
Ce concile eut une histoire mouvementée. Commencé à Bâle avec des tendances conciliaristes (prétendant que le concile est supérieur au pape), il fut transféré par Eugène IV à Ferrare puis à Florence. À Florence, une délégation grecque conduite par l'empereur Jean VIII Paléologue et le patriarche Joseph II négocia l'union des Églises, motivée par la menace turque sur Constantinople.
Enseignements principaux
- Union avec les Grecs (1439) : Le décret Laetentur caeli proclama l'union, acceptant le Filioque, la primauté du pape, la doctrine du purgatoire et l'usage du pain azyme ou fermenté pour l'Eucharistie. L'union échoua cependant après la chute de Constantinople en 1453.
- Unions avec d'autres Églises : Des décrets d'union furent également signés avec les Arméniens (Exultate Deo, 1439), les Coptes (1442) et d'autres communautés orientales.
- Décret pour les Arméniens : Le décret Exultate Deo contient un exposé important sur les sept sacrements, leur matière, leur forme et leur ministre, devenu un texte de référence de la théologie sacramentaire.
- Primauté pontificale : Le concile rejeta le conciliarisme et affirma que le pape de Rome possède « la pleine puissance de paître, régir et gouverner l'Église universelle ».
Textes clés
Extrait du décret d'union Laetentur caeli (1439)
Nous définissons que le Saint-Siège apostolique et le Pontife romain possèdent la primauté sur tout l'univers, que ce même Pontife romain est le successeur du bienheureux Pierre, prince des Apôtres, qu'il est le vrai vicaire du Christ, la tête de toute l'Église, le père et le docteur de tous les chrétiens, et qu'à lui a été remis par notre Seigneur Jésus-Christ, dans la personne du bienheureux Pierre, le plein pouvoir de paître, régir et gouverner l'Église universelle.
Déroulement du concile
FERRARE (Concile cuménique de),
l'an 1438. Ce fut le pape Eugène IV qui convoqua ce concile,
en le transférant de Bâle par sa bulle du 1er
janvier 1438. Le bienheureux Nicolas Albergati, cardinal de Sainte-Croix,
en fit l'ouverture le 8 du même mois, et deux jours après
il tint une session préliminaire, dans laquelle la translation
du concile à Ferrare fut proclamée, et le concile
de Bâle, avec tout ce qu'il avait fait depuis la translation,
ou qu'il ferait à l'avenir, fut déclaré nul,
à l'exception de ce qui pourrait y être traité
avec les Bohémiens, pendant un mois encore, touchant la
communion sous les deux espèces. Dans le même temps
le cardinal Julien Césarini, qui avait présidé
au concile de Bâle, quitta cette ville pour se rendre à
Ferrare avec quatre prélats seulement du concile, qui se
rendirent à l'appel d'Eugène IV.
Ce pontife, étant de son côté
parti de Bologne, où il était en ce moment, fit
son entrée solennelle à Ferrare le 27 janvier, et
le 8 du mois suivant il tint une congrégation à
laquelle se trouvèrent tous les cardinaux, les évêques
et les docteurs présents à Ferrare. Il s'y plaignit
des prélats de Bâle, et déclara que, quoiqu'il
se crut fort innocent, si néanmoins il se trouvait, ainsi
que les siens, coupable de quelque faute, il se soumettait volontiers
à la correction des Pères ; après quoi
il les exhorta à se conduire eux-mêmes avec tant
de régularité qu'ils servissent à tous de
modèle. Le plus ancien des cardinaux, Jourdain des Ursins,
le remercia au nom de ses collègues, et lui promit leur
active coopération. Le plus ancien des archevêques,
qui était celui de Ravenne, parla de même au nom
de tous les autres prélats.
Le 10 février, dans une autre congrégation
générale, en présence du cardinal Jourdain
des Ursins, que le pape avait nommé président du
concile, on arrêta dans quel rang et dans quel ordre chacun
serait assis. Il se tint encore deux autres congrégations
générales, pour préparer le décret
de la seconde session qui eut lieu le 15 février. Le pape
y présida, ayant avec lui soixante-douze évêques.
On y lut le décret par lequel le pape, après avoir
déduit fort au long tout ce qu'il avait fait pour porter
à la paix les prélats de Bâle, prononçait,
avec l'approbation du concile, la nullité de tous leurs
actes, et déclarait tous ceux qui continueraient cette
assemblée, de quelque dignité qu'ils fussent, frappés
d'excommunication et sujets aux autres peines marquées
dans la bulle de translation ; ordonnant à tous ceux
qui étaient à Bâle pour le concile, d'en sortir
dans trente jours, sous les mêmes peines, et aux magistrats,
officiers et habitants de cette ville de les en chasser après
ce terme expiré, sous peine d'excommunication, et d'interdit
pour le peuple, défendant enfin, avec de semblables menaces,
d'introduire aucune marchandise ou autre chose nécessaire
à la vie dans cette ville de Bâle, si ceux qui y
tenaient concile persistaient dans leur opiniâtreté.
Le cardinal de Sainte-Croix, après
avoir fait, comme nous l'avons dit, l'ouverture du concile, s'était
rendu à Venise pour saluer de la part du pape l'empereur
de Constantinople, Jean Paléologue, à son débarquement.
Ce prince débarqua en effet avec sa suite le 8 février,
fit son entrée à Venise le lendemain, et le 4 mars
il arriva à Ferrare. Le patriarche de Constantinople n'entra
lui-même à Ferrare que trois jours après,
avec une partie des métropolitains et des évêques
députés au concile. Marc, archevêque d'Éphèse,
devait y porter la parole en leur nom. Ils étaient au nombre
de vingt et un ; mais ils s'étaient associé
un nombre considérable d'archimandrites et d'autres personnages
distingués de leur clergé, de sorte que leur nombre
total s'élevait environ à sept cents.
On convint de part et d'autre de tenir la
première séance publique le 9 avril, qui, cette
année 1438, tombait le mercredi saint. On s'assembla dans
la cathédrale de Saint-Georges, suivant l'ordre qui avait
été réglé. Devant le grand autel,
sur un trône magnifique, était le livre des Évangiles,
avec les clefs de saint Pierre et de saint Paul, qu'on avait apportées
de Rome. Au côté droit de l'autel s'assit le pape,
sur un trône plus élevé que les autres et
surmonté d'un dais. Plus bas était le trône
de l'empereur d'Occident, mais vide. Vis-à-vis, du côté
gauche de l'autel, qui était le côté droit
pour qui entrait dans l'église, était placé
le trône de l'empereur de Constantinople ; plus bas,
on établit le siège du patriarche, mais sans dais,
et sans autre ornement qu'un tapis de pourpre qui le couvrait.
Ensuite étaient disposés le long de l'église,
de part et d'autre, des sièges pour tous ceux qui devaient
avoir rang au concile. Du côté des Latins, outre
les cardinaux, les archevêques et les évêques,
qui étaient au nombre d'environ cent soixante, il y avait
des abbés, des généraux d'ordres, des docteurs
et une foule d'ecclésiastiques. On y voyait aussi des ducs,
des marquis, des comtes et des ambassadeurs de quelques princes.
Après que les Latins eurent chanté
la messe du Saint-Esprit, l'empereur et les prélats grecs,
qui avaient de leur côté célébré
l'office suivant leur rit, arrivèrent dans l'église,
et s'y rangèrent à la gauche de l'autel. Toute l'assemblée
se leva, par honneur, lorsque les Orientaux parurent. Le jeune
Démétrius, despote de la Morée, s'assit sur
un petit siège auprès de l'empereur, son frère.
On avait préparé, au-dessous du patriarche de Constantinople,
des places destinées aux vicaires des trois autres patriarches
d'Orient qui n'avaient pu se rendre. Isidore, métropolitain
de Kiow, en Russie, vicaire du patriarche d'Antioche avec Marc,
évêque d'Éphèse, ne put occuper pour
le moment le siège qui lui était destiné,
puisqu'il n'arriva qu'au mois d'août de cette année,
amenant avec lui quelques évêques de sa nation. A
la suite de ces prélats furent placés les autres
métropolitains grecs, et après ceux-ci leurs suffragants.
Venaient aussi les dignitaires de l'Église de Constantinople,
les abbés, les prêtres et les moines du mont Athos.
Au pied du trône de Jean Paléologue, furent assis
les ambassadeurs de l'empereur de Trébisonde ; ceux
du grand-duc de Moscovie, du prince des Ibériens, des hospodars
de Servie et de Valachie, et les principaux officiers de l'empereur
lui-même. On fit asseoir aux deux côtés du
patriarche ses cinq assistants ou diacres, qu'on appelait staurophores
ou porte-croix, parce qu'ils avaient sur leurs bonnets des croix
qui les distinguaient des autres. L'historien grec dit qu'à
cette première séance il se trouvait environ deux
cents évêques, ce qui, avec les cent soixante du
côté des Latins, en suppose trente ou quarante de
celui des Grecs.
Les membres du concile ne se réunirent
ce jour-là que pour proclamer la bulle du pape, qui annonçait,
comme on en était convenu, que, du consentement exprès
de l'empereur et du patriarche de Constantinople, et de tous les
Pères qui se trouvaient à Ferrare, le concile convoqué
pour la réunion des deux Églises était ouvert
dans cette ville, et qu'on accordait à tous ceux qui devaient
y assister quatre mois pour s'y rendre ou y envoyer leurs représentants.
Cette bulle déclarait en même temps excommuniés
tous ceux qui, après s'être dispensés de déférer
à cette invitation, refuseraient de se soumettre aux décrets
de cette sainte assemblée. Le patriarche Joseph de Constantinople,
qui avait plus de quatre-vingts ans, étant malade, ne put
assister à la séance, mais il envoya ses lettres
d'adhésion.
Comme les princes d'Occident, tous attachés
au pape Eugène IV, cherchaient néanmoins à
lui réconcilier les prélats de Bâle, il vint
de ce côté beaucoup moins d'évêques
qu'on n'aurait pu en attendre. Parmi les prélats français,
on en trouve trois des États du duc de Bourgogne, quatre
de ceux du duc d'Anjou, comte de Provence et roi de Sicile, et
un seul de la province de Normandie, soumise à l'Angleterre,
il est vrai que ce dernier, qui était l'évêque
de Bayeux, signa au nom de l'archevêque de Rouen comme au
sien, et en ceux de l'évêque de Lisieux, son collègue,
et de l'abbé de Saint-Michel.
Depuis cette séance, qui ne compte
pas encore parmi les sessions proprement dites du concile cuménique
de Florence commencé à Ferrare, jusqu'au mois d'octobre,
on se tint dans une espèce d'inaction, parce que les Grecs
voulaient attendre la fin des démêlés du pape
avec le concile de Bâle. On agita néanmoins dans
quelques conférences particulières, qui furent tenues
dans cet intervalle, la question du purgatoire ; et les Grecs
ne furent pas éloignés de s'accorder sur ce point
avec les Latins. Seulement ils ne convenaient pas que ces âmes
souffrent d'un feu proprement dit comme celui de l'enfer, quoiqu'ils
admissent qu'elles expient leurs péchés par la tristesse
et d'autres peines, surtout par la privation de la vue de Dieu,
et qu'elles peuvent être soulagées par le saint sacrifice
qu'on offre pour elles, par les aumônes et par les prières
de l'Église. On discuta encore sur l'état où
se trouvent les âmes des saints en attendant la résurrection
générale, et sur ce que cette dernière ajouterait
à leur gloire comme au supplice des réprouvés.
Cependant les Grecs s'ennuyèrent d'attendre
les autres prélats latins, particulièrement ceux
de Bâle, dont aucun ne vint au temps marqué. De plus,
la peste survint à Ferrare, et Denys, évêque
de Sardes, vicaire du patriarche de Jérusalem, en mourut.
Enfin les quatre mois de sursis étant écoulés,
on résolut de commencer les sessions du concile, et la
première se tint le 8 octobre de la même année
1438.
Ire Session. Elle eut lieu
non dans l'église cathédrale, mais dans la chapelle
du palais où logeait le pape, parce que celui-ci était
malade. Pour porter la parole, on avait choisi parmi les Grecs
trois prélats, savoir : Marc d'Éphèse,
Isidore de Kiow et Bessarion de Nicée, à qui furent
adjoints trois prêtres de marque ; et parmi les Latins,
le cardinal Julien, celui de Sainte-Croix, l'archevêque
de Rhodes, l'évêque de Forli, et deux moines, docteurs
en théologie. Bessarion fit en grec une harangue qui nous
a été conservée tout entière. Après
avoir dépeint la joie que ressentaient tous les fidèles
dans l'espérance de voir bientôt réunis les
membres divisés de l'Église, il louait beaucoup
le pape, l'empereur et le patriarche du zèle qu'ils faisaient
voir pour la conclusion de la paix, et les exhortait à
persévérer dans les mêmes dispositions. Il
parla jusqu'au soir, et la session fut remise au samedi suivant.
IIe Session. Dans cette
session, qui fut tenue le 11 octobre, André, archevêque
de Rhodes, traita le même sujet que Bessarion, et avec une
égale abondance de paroles, de sorte que son discours dura
aussi jusqu'au soir. Cependant avant de se séparer on examina
l'ordre qu'on observerait dans les discussions, les matières
qu'on y traiterait, la forme qu'on leur donnerait ; et l'on
convint de faire usage de la forme dialectique, pour plus de brièveté
et de précision, en accordant aux Grecs l'initiative pour
la session prochaine.
IIIe Session. Elle se tint
le mardi 14 octobre (1) ; et Marc d'Éphèse,
après avoir recommandé la charité que l'on
devait garder dans les discussions, fit entendre qu'il s'attacherait
avant le reste à traiter de l'addition Filioque
faite au symbole. André de Rhodes répondit, de la
part des Latins, qu'il réclamait en sa faveur la même
indulgence, et que, s'il lui échappait quelque expression
dure, on devrait l'imputer plutôt à l'objet de la
discussion qu'aux personnes mêmes. Il voulut ensuite traiter
de l'addition faite au symbole, mais l'évêque d'Éphèse
l'arrêta, en lui disant qu'il n'était pas encore
temps de répondre sur cet article ; et, après
avoir insinué que l'Église romaine avait négligé
par le passé les moyens de la paix qu'elle souhaitait à
présent, il dit que cette paix ne pouvait se faire si l'on
n'ôtait entièrement les principes de discorde. Il
finit par demander qu'avant de rien faire on lût les définitions
des conciles précédents. André de Rhodes
répondit à son discours, qu'il réduisit à
cinq chefs. " J'admire, dit-il, sur le second chef,
comment vous avez oublié la sollicitude que l'Église
romaine a toujours eue pour l'Église orientale. Quant à
ce que vous dites (en troisième lieu), que l'Église
romaine rappelle aujourd'hui la paix entre elle et vous, cela
est véritable et ne saurait être contesté. "
En répondant au cinquième chef, André de
Rhodes répliqua que l'Évangile devait encore avoir
la préférence sur les définitions des Pères.
(1) M. Rohrbacher dit septembre ;
c'est une erreur.
L'évêque d'Éphèse
convint de nouveau de la charité actuelle de l'Église
romaine ; mais il ajouta que pour cela même elle devait
ôter la cause de la division, qui était, disait-il,
l'addition faite au symbole. L'évêque de Rhodes lui
fit observer à son tour que cette addition n'était
pas une cause de division, puisque la paix avait subsisté
longtemps et s'était rétablie plusieurs fois, sans
que cette addition eût été supprimée.
Il s'offrit enfin de prouver deux choses : l'une, que ce
n'était pas une addition ; l'autre, que si c'en était
une, elle était juste et nécessaire.
IVe Session. La quatrième
session, 15 octobre, se passa tout entière à disputer
sur la manière de procéder : on remit la décision
à une commission de six membres.
Ve Session, 16 octobre.
On lut les définitions des conciles de Nicée, d'Éphèse,
de Chalcédoine et d'autres, et les Grecs cherchèrent
à en conclure que ces conciles avaient défendu de
rien ajouter au symbole. Le cardinal Julien répondit à
l'orateur des Grecs, en produisant un exemplaire fort ancien des
actes du second concile de Nicée, où se trouvait
exprimée la procession du Saint-Esprit, telle que la croit
l'Église latine.
VIe Session, 20 octobre.
André de Rhodes fit voir, par un long discours, que ce
que les Grecs prétendaient être une addition, n'était
ni une addition ni un changement, mais une simple explication
de ce qui est contenu dans le principe, duquel on le tire par
une conséquence nécessaire : ce qu'il prouva
par le témoignage des Pères grecs, et entre autres
de saint Chrysostome, qui dit que le Fils possède tout
ce qu'a le Père, excepté la paternité, conformément
à ces paroles du Fils de Dieu : " Tout ce
que mon Père a est à moi. "
VIIe Session, 25 octobre.
Le même évêque continua à parler seul
sur la même matière, et répondit aux autorités
alléguées par Marc d'Éphèse. Il fit
voir que, lorsque les conciles défendent de présenter
à ceux qui viennent au christianisme une foi différente
de celle qui est exprimée dans le symbole, ils ne défendent
pas d'enseigner plus clairement la même foi qui y est renfermée ;
et que le deuxième concile général, appelé
de Constantinople, avait ajouté au symbole de Nicée
beaucoup de paroles, et cela pour exprimer contre de nouveaux
hérétiques des vérités de foi qui
n'étaient pas marquées si distinctement.
VIIIe et IXe
Sessions, 1er et 4 novembre. Bessarion de Nicée
parla pour les Grecs, et insista toujours sur ce raisonnement,
qu'il n'était point défendu d'expliquer la foi,
mais qu'il était défendu d'insérer des explications
dans le symbole, et que le troisième concile général
d'Éphèse l'avait défendu.
Xe Session, 8 novembre.
Le cardinal Julien fit des observations très solides sur
la défense portée par le concile d'Éphèse,
et dit qu'il en fallait venir à un point plus essentiel,
c'est-à-dire, au sentiment des Latins sur la procession
du Saint-Esprit ; car si ce dogme est vrai, dit-il, on a
donc pu le mettre dans le symbole pour expliquer un mystère
que l'on a voulu combattre. L'évêque de Forli vint
à l'appui de ce raisonnement, et soutint que non seulement
il n'y avait aucune loi qui défendît d'ajouter quelque
explication au symbole, mais même qu'il ne pouvait y en
avoir qui fit cette défense à l'Église ;
que cette défense ne regardait que des particuliers qui
voudraient faire ces additions sans autorité.
XIe Session, 11 novembre.
Le même évêque observa que ce qui avait donné
lieu aux Pères du concile d'Éphèse de faire
cette défense, était le faux symbole des nestoriens,
que le concile avait condamné ; que ce concile ne
défendait pas seulement de faire des additions au symbole,
mais encore de proposer de nouvelles expositions de foi, et qu'ainsi,
si l'on étendait cette défense à l'Église
ou au concile, ce dernier droit devrait donc être refusé
à l'Église comme le premier.
XIIe Session, 15 novembre.
Cette nouvelle session se passa tout entière, de la part
de Marc d'Éphèse, à incidenter sur l'affaire
de Charisius (au concile général d'Éphèse),
et d'autres accessoires, essayant par une foule de questions captieuses
de surprendre le cardinal Julien, sans pouvoir y réussir.
Au contraire, le cardinal releva une contradiction flagrante dans
la réponse des Grecs. Ceux-ci soutenaient que, d'après
le concile d'Éphèse, il était permis à
tous les particuliers d'exposer leur foi en tels termes qu'ils
voudraient, et en même temps, suivant l'interprétation
qu'ils donnaient aux paroles de ce concile, ce même concile
refusait ce droit aux évêques, aux clercs et aux
laïques, c'est-à-dire à tout le monde.
XIIIe Session, 27 novembre.
Les ambassadeurs du duc de Bourgogne, à la tête desquels
étaient quatre évêques, se présentèrent
au concile, rendirent leurs hommages au pape, firent la lecture
de leurs pouvoirs, et prirent place parmi les Latins, sans témoigner
aucune attention pour l'empereur des Grecs. Ce prince, irrité
d'une conduite dont on ne peut en effet deviner les raisons, menaça
de quitter le concile, si ces envoyés ne rendaient à
sa dignité les honneurs qui lui étaient dus. Le
patriarche de Constantinople, prélat extrêmement
doux et modéré, tempéra ces premiers transports
d'indignation. On parla aux Bourguignons, on prit des mesures
avec eux, et il fut réglé que, dans la session suivante,
ils salueraient l'empereur ; ce qu'ils exécutèrent
d'assez mauvaise grâce. Paléologue dissimula, et
ce procédé n'eut point de suites fâcheuses.
XIVe Session, 4 décembre.
Marc d'Éphèse, reprenant ses arguties, dit d'un
ton dogmatique qu'on avait perdu déjà beaucoup trop
de temps à faire de longs discours, qu'il fallait désormais
tendre à la brièveté, et donner les plus
simples réponses aux questions précises qu'il lui
restait à faire. Le cardinal Julien lui repartit aussitôt
qu'à chacune de ses paroles il en opposerait mille, et
l'effet suivant de près la menace, il parla avec une telle
abondance d'expressions, qu'il occupa tout le reste de la séance,
sans laisser à son adversaire le temps de rien lui répliquer.
XVe Session, 8 décembre.
Marc d'Éphèse crut avoir sa revanche en faisant
un long discours, pour prouver qu'il n'était permis de
faire au symbole aucune addition ; et comme on lui avait
objecté le concile de Constantinople, qui avait ajouté
au symbole de Nicée, il soutint en désespoir de
cause que cette défense n'existait que depuis le concile
d'Éphèse. Le cardinal Julien lui produisit alors
un ancien exemplaire d'une lettre du pape Libère à
saint Athanase, qu'il venait de recevoir de Vérone, et
dans laquelle on lisait que le concile de Nicée lui-même
avait défendu de rien ajouter, retrancher ou changer au
symbole, sous peine de déposition contre les évêques
et les clercs, et d'anathème contre les moines et les laïques.
Ainsi la prétention de Marc d'Éphèse, que
cette défense ne datait que du troisième concile
général, se trouvait ruinée une fois de plus.
Cette lettre fit une grande impression sur Bessarion de Nicée.
XVIe Session, 10 janvier
1439. La peste s'étant déclarée à
Ferrare, le pape proposa aux Grecs de transférer le concile
à Florence. L'empereur et le patriarche y ayant consenti,
Eugène IV fit lire dans le concile la bulle de translation,
et six jours après il partit pour Florence. Le patriarche
et l'empereur s'y rendirent aussi de leur côté, et
de ce moment le concile fut repris à Florence.
Comme aucun décret ne fut publié
à Ferrare, soit sur la discipline, soit sur la foi, ou
ne peut considérer les actes de ce concile que comme les
préliminaires de celui de Florence. Au fond, ces deux conciles
n'en font qu'un, et ne sont pas même distingués l'un
de l'autre dans la plupart des collections. Hist. de l'Egl.
gallic., l. XLVIII ; Hist. univ. de l'Eglise
cathol., l. LXXXII. Voy. ,l'an 1439.
La première session se tint le 26 février.
Le patriarche de Constantinople n'ayant pu s'y trouver, parce
qu'il était malade, le cardinal Julien et l'empereur des
Grecs furent les seuls qui y parlèrent, et qui convinrent
qu'il fallait chercher quelque expédient pour se réunir.
IIe et IIIe Sessions,
2 et 5 mars. On y agite la matière touchant la procession
du Saint-Esprit. Jean de Montenegro, provincial des dominicains,
et théologien des Latins, prouva par l'Écriture,
par la tradition et par de solides raisonnements, que le Saint-Esprit
procède du Père et du Fils : il expliqua ce
qu'on devait entendre par le terme de procession, et dit
que procéder était recevoir son existence d'un autre.
Marc d'Éphèse étant convenu de cette proposition,
Jean, argumentant de là, dit : Celui de qui le Saint
Esprit reçoit l'être dans les personnes divines,
en reçoit aussi la procession. Or, l'Esprit-Saint reçoit
l'être du Fils ; donc il en reçoit aussi la
procession, suivant la propre signification de ce terme. Mais
Marc ayant nié que le Saint-Esprit reçût l'être
du Fils, Jean le prouva par plusieurs arguments, et, en particulier,
par quelques textes de saint Épiphane ; aux passages
de saint Basile que son adversaire lui opposait, il oppose à
son tour les mêmes passages, tels qu'ils se lisaient dans
plusieurs exemplaires ; et il réfuta si pleinement
toutes les objections de Marc, qu'il le réduisit au silence.
IVe Session, 7 mars. Le
même théologien montra dans plusieurs exemplaires
de saint Basile, qu'on avait apportés exprès de
Constantinople, que ce saint docteur dit en termes formels, dans
le livre troisième contre Eunomius, que le Saint-Esprit
ne procède pas seulement du Père, mais aussi du
Fils.
Ve VIe et VIIe
Sessions, 10, 14 et 17 mars. On agita ce qui regardait
l'autorité et les témoignages de saint Basile.
VIIIe et IXe Sessions,
21 et 24 mars. Jean y parla longtemps avec beaucoup d'érudition
et de netteté. Il fit voir que, de tous les Pères
grecs qui ont parlé de la procession du Saint-Esprit, plusieurs
ont dit en termes formels ou équivalents, qu'il procède
du Père et du Fils ; et que tous ceux qui ont dit
qu'il procède du Père, n'ont jamais exclu le Fils.
Comme Marc d'Éphèse et plusieurs autres Grecs avec
lui inféraient de la croyance des Latins que ceux-ci admettaient
deux principes, au lieu d'un seul, le provincial démontra
par nombre d'autorités, empruntées des Latins eux-mêmes,
que telle n'était pas leur croyance, mais qu'ils avaient,
au contraire, toujours enseigne que le Père et le Fils
sont un seul et même principe du Saint-Esprit. En outre,
il expliqua comment on peut entendre ces deux prépositions
per et ex, dont on se sert pour marquer la procession
du Saint-Esprit ; et il donna par écrit le précis
de son discours.
Les Grecs furent partagés : les
uns étaient pour l'union ; de ce nombre étaient
l'empereur et Bessarion de Nicée : les autres y étaient
opposés ; Marc d'Éphèse était
de ces derniers. On entama des négociations : on examina
l'écrit de Jean. Marc le taxait d'hérésie ;
Bessarion, au contraire, dit hautement qu'il fallait rendre gloire
à Dieu, et avouer de bonne foi que la doctrine des Latins
était la même que celle des anciens Pères
de l'Église grecque, et qu'on devait expliquer ceux qui
avaient parlé plus obscurément, par les autres qui
s'étaient expliqués avec clarté. Il justifia
ensuite, dans un long discours que nous avons dans les actes du
concile, le sentiment des Latins sur la procession du Saint-Esprit,
réfuta les objections des Grecs, et finit en exhortant
ses confrères à l'union : son sentiment fut
appuyé par celui de George Scholarius, un des théologiens
grecs.
L'empereur étant convenu avec le pape
que l'on nommerait de part et d'autre des personnes pour donner
leur avis sur les moyens de parvenir à l'union, on proposa
divers avis, dont aucun ne fut accepté par les deux partis.
Après plusieurs négociations, on dressa, sur la
procession du Saint-Esprit, une profession de foi, dans laquelle
il est dit : " Nous, Latins et Grecs, confessons,
etc., que le Saint-Esprit est éternellement du Père
et du Fils ; et que de toute éternité il procède
de l'un et de l'autre, comme d'un seul principe (1), et par une
seule production qu'on appelle spiration. Nous déclarons
aussi que ce que disent les saints docteurs et les Pères,
que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils,
doit être pris en ce sens que le Fils est, comme le Père
et conjointement avec lui, le principe du Saint-Esprit. Et parce
que tout ce qu'a le Père, il le communique à son
Fils, excepté la paternité, qui le distingue du
Fils et du Saint-Esprit, aussi est-ce de son Père que le
Fils a reçu de toute éternité cette vertu
productive par laquelle le Saint-Esprit procède du Fils
comme du Père. "
(1) On trouve ici condamnée
d'avance l'erreur de M. F Lamennais (Esquisse d'une phil.),
reproduite par M. l'abbé Maret dans sa Théodicée,
qui consiste à admettre en Dieu trois principes, au lieu
d'un seul qu'a toujours reconnu l'Église catholique. Cette
inexactitude de doctrine ou de langage, pour ne rien dire de pire,
a été victorieusement combattue dans les Annales
de Philosophie chrétienne, année 1846, après
avoir été signalée pour la première
fois dans l'opuscule intitulé : M. Lamennais réfuté
par lui-même, par M. l'abbé Ad. Ch. Peltier.
Cette définition fut lue, approuvée
et signée, le 8 juin, des uns et des autres, à l'exception
de Marc d'Éphèse qui persévéra dans
son obstination. Ensuite ils se donnèrent tous le baiser
de paix, en signe de leur réunion. Cette affaire étant
terminée, on traita la question du pain azyme, et les Grecs
convinrent qu'on pouvait consacrer avec cette sorte de pain, comme
avec le pain levé. Il en fut de même sur la croyance
par rapport au purgatoire : on convint que les âmes
des véritables pénitents, morts dans la charité
de Dieu, avant d'avoir fait de dignes fruits de pénitence,
sont purifiées après leur mort par les peines du
purgatoire, et qu'elles sont soulagées de ces peines par
les suffrages des fidèles vivants, comme sont le sacrifice
de la messe, les aumônes et les autres uvres de piété.
On contesta longtemps sur la primauté
du pape ; enfin les évêques grecs dressèrent
un projet que le pape et les cardinaux agréèrent ;
il est conçu ainsi : " Touchant la primauté
du pape, nous avouons qu'il est le souverain pontife et le vicaire
de Jésus-Christ, le pasteur et le docteur de tous les chrétiens,
qui gouverne l'Église de Dieu, sauf les privilèges
et les droits des patriarches d'Orient. "
Après plusieurs conférences,
le décret d'union fut dressé le 6 juillet, et on
le mit au net, en grec et en latin. Le pape le signa, et, après
lui, les cardinaux au nombre de dix-huit ; deux patriarches
latins, celui de Jérusalem et celui de Grade ; deux
évêques ambassadeurs du duc de Bourgogne ; huit
archevêques, quarante-sept évêques, à
la vérité presque tous italiens ; quatre généraux
d'ordre ; quarante et un abbés. Du côté
des Grecs, l'empereur Jean Paléologue signa le premier,
et, après lui, les vicaires des patriarches d'Alexandrie,
d'Antioche et de Jérusalem. Celui de Constantinople était
mort peu auparavant. Plusieurs métropolitains signèrent
en leurs noms et au nom d'un autre absent.
Ce décret porte en substance :
1° que le Saint Esprit reçoit de toute éternité
son être du Père et du Fils en même temps,
et qu'il procède de l'un et de l'autre comme d'un seul
principe ; 2° que l'addition faite au symbole de ce
mot, Filioque, est légitime, comme étant
devenue une explication nécessaire du dogme ; 3°
que la consécration de l'Eucharistie peut également
se faire sur le pain fermenté et sur le pain azyme, et
que chaque Église doit suivre là-dessus son usage
particulier ; 4° que les âmes de ceux qui meurent
avant d'avoir satisfait par de dignes fruits de pénitence,
quoiqu'en état de grâce, sont soumises aux peines
du purgatoire, et peuvent être soulagées par le saint
sacrifice, par les prières et les autres bonnes uvres
des vivants ; que celles qui n'ont rien à expier,
sont aussitôt admises dans le ciel au bonheur de voir Dieu ;
et que celles qui sortent de ce monde avec un péché
mortel, ou même avec le seul péché originel,
descendent en enfer, pour y souffrir des peines diverses ;
5° que le saint-siège apostolique et le pontife romain
a la primauté sur tout l'univers, qu'il est le successeur
de saint Pierre, prince des apôtres, et le vrai vicaire
de Jésus-Christ, qu'il est le chef de l'Église entière,
le père et le docteur de tous les chrétiens, et
que Notre-Seigneur lui a remis dans la personne de saint Pierre
le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner
l'Église universelle, comme le prouvent les actes des conciles
cuméniques et les sacrés canons. Enfin le
concile assigne au patriarche de Constantinople le second rang
après le pontife romain ; le troisième au patriarche
d'Alexandrie ; le quatrième à celui d'Antioche,
et le cinquième à celui de Jérusalem, en
conservant à chacun ses droits et ses privilèges.
Ce décret fut publié au nom du pape, et daté
de la neuvième année de son pontificat. Les Grecs,
au nombre de trente, partirent de Florence le 26 août, et
ils arrivèrent à Constantinople le 1er
février 1440.
Cependant, après leur départ,
le pape continua son concile. Ce fut dans cette première
session, qui se tint le 4 septembre, que les Pères de Bâle,
qui avaient déposé le pape Eugène, furent
traités par ce pape d'hérétiques et de schismatiques.
Dans la deuxième, le 22 novembre, il fit un décret
très étendu pour réunir les Arméniens
à l'Église romaine. Outre la foi de la Trinité
et de l'Incarnation, expliquées par les conciles généraux
qui y sont indiqués, il contient encore la forme et la
matière de chaque sacrement, exposées un peu autrement
que les Grecs et plusieurs théologiens ne les expliquaient.
Dans la troisième, le 23 mars 1441, il déclare Amédée
antipape, hérétique, schismatique, et tous ses fauteurs
criminels de lèse-majesté, promettant toutefois
le pardon à ceux qui se reconnaîtraient avant cinquante
jours. Dans la quatrième, le 5 février 1442, on
fit un décret de réunion avec les jacobites ;
il fut signé par le pape et huit cardinaux. L'abbé
André, député du patriarche Jean, reçut
et accepta ce décret au nom de tous les jacobites
éthiopiens, et promit de le faire exactement observer.
Dans la cinquième et dernière, le 26 avril 1442,
le pape proposa la translation du concile à Rome ;
mais on n'y tint que deux séances. On y fit des décrets
touchant la réunion des Syriens, des Chaldéens et
des Maronites à l'Église romaine.
" On dispute, dit le savant P. Berthier,
si cette assemblée représentait véritablement
l'Église universelle, quand les Grecs furent partis, et
en particulier quand on publia le décret célèbre
pour l'union des Arméniens. C'est en France plus qu'ailleurs
qu'on a traité cette question, qui entre dans la controverse
des sacrements. Or, il semble que le départ des
Grecs n'empêchait pas l'cuménicité du
concile, au temps de la réunion des Arméniens, puisque,
durant son séjour à Florence, l'empereur Jean Paléologue
avec son conseil y avait donné un plein consentement ;
puisqu'il y avait encore alors en cette ville deux des plus célèbres
prélats de l'Église grecque, savoir, Isidore de
Russie et Bessarion de Nicée, qui pouvaient bien être
censés représenter les suffrages des autres évêques
d'Orient ; puisqu'au concile de Trente le cardinal du Mont,
qui en était un des présidents, assura que le concile
de Florence avait duré près de trois ans encore
après le départ des Grecs. Et ce cardinal apportant
cette raison, afin d'autoriser les définitions contenues
dans les décrets donnés pour les jacobites et les
Arméniens, montrait suffisamment par là qu'il regardait
le concile de Florence, dans sa continuation depuis le départ
des Grecs, comme un concile cuménique. Enfin le pape
Eugène et tous les Pères qui étaient à
Florence se donnèrent aux Arméniens comme formant
encore l'assemblée de l'Église universelle ;
le décret même en fait foi : apparemment qu'ils
ne prétendirent pas tromper les députés de
cette nation, et apparemment aussi que leur autorité peut
bien l'emporter sur celle de quelques théologiens français
fort modernes, qui ont voulu douter de ce point...
" Mais il y a un autre point beaucoup
plus considérable, sur lequel on a aussi disputé
en France, et qui regarde le fond même, l'état et
l'essence du concile de Ferrare et de Florence, pris dans son
tout, c'est-à-dire, durant l'assemblée des Latins
et des Grecs. Quelques-uns ont cru que ce concile n'avait jamais
été véritablement et proprement cuménique.
Tel fut autrefois le sentiment du cardinal de Lorraine, qui s'en
expliqua d'une manière assez vive, au temps même
du concile de Trente. " Mais, reprend sur cela le P.
Alexandre, l'opinion de ce grand prélat n'oblige pas les
théologiens français de retrancher le concile de
Florence de la liste des conciles généraux ;
car jamais l'Église gallicane ne s'est récriée
contre ce concile, jamais elle n'a mis d'opposition à l'union
des Grecs ni à la définition de foi publiée
à Florence, au contraire, elle a toujours fait profession
de la respecter. A la vérité les évêques
de la domination du roi n'eurent pas permission d'aller à
Ferrare et à Florence, mais ils y furent présents
d'esprit et de volonté ; ils entrèrent dans
les intérêts de cette union tant désirée
entre les deux Églises... sans compter que plusieurs prélats
de l'Église gallicane, mais établis dans les provinces
qui n'étaient pas encore réunies à la Couronne,
assistèrent en personne à ce concile. "
Le même auteur prouve ensuite très au long que l'assemblée
de Florence fut générale par la convocation,
la célébration, la représentation de l'Église
universelle, en un mot, dit-i1, par l'autorité :
et il répond ensuite à toutes les objections.
" Ce sentiment du docteur dominicain
est aussi celui de M. de Marca, de M. Bossuet, de la faculté
de théologie de Paris, et de tout le clergé de France. "
Hist. de l'Église gallic., l. XLVIII.
Si l'on fait dépendre l'cuménicité
du concile de Florence de la présence de quelques prélats
grecs, nous ne voyons pas pourquoi on admettrait comme cuménique
le concile de Trente, où l'Église d'Orient n'a pas
du tout été représentée. Que l'on
consente enfin à reconnaître que l'cuménicité
des conciles dépend surtout de la déclaration du
saint-siège, et l'on pourra dire quelque chose de mieux
que de dire il semble, sur un fait qui paraîtra alors
si simple et si à l'abri de toute contestation.
Concile de Florence - 1439 - 1445 - dix-septième
concile cuménique