Proverbes — Bible (traduction liturgique)

Proverbes

Pr · Ancien Testament · 31 chapitres
1
1PROVERBES de Salomon, fils de David, roi d’Israël.2Veux-tu connaître la sagesse et l’instruction, avoir l’intelligence des propos intelligents,3veux-tu acquérir une instruction éclairée, – la justice, le jugement, la droiture –,4veux-tu rendre astucieux les naïfs, donner aux jeunes gens savoir et perspicacité ?5Que le sage écoute, il progressera encore, et l’homme intelligent apprendra à diriger :6il saisira les proverbes et les traits d’esprit, les propos des sages et leurs énigmes.7Le savoir commence avec la crainte du Seigneur ! Sagesse et instruction, l’insensé les méprise.8Écoute, mon fils, les leçons de ton père, ne néglige pas l’enseignement de ta mère :9c’est comme une couronne de grâce sur ta tête, un collier à ton cou.10Mon fils, si des mauvais garçons veulent t’entraîner, ne les suis pas !11Ils vont te dire : « Marche avec nous, nous allons faire un coup sanglant, traquer un innocent, pour voir !12Nous allons, comme la Mort, le dévorer vif, tout entier, pareil à ceux qui descendent à la fosse ;13nous trouverons le magot, un vrai butin à remplir nos maisons !14Tente ta chance avec nous, nous ferons tous bourse commune ! »15Eh bien, mon fils, ne marche pas avec eux, ne mets pas les pieds sur leurs sentiers !16Car ils vont au mal d’un pied rapide, ils ont hâte de verser le sang.17– Rien ne sert de tendre un filet, dit-on, si l’oiseau le voit.18Eux, c’est contre eux-mêmes qu’ils montent ce coup sanglant : ils traquent leur propre vie.19Telle est la voie que briguent les brigands : elle leur coûtera la vie.20La Sagesse, au-dehors, lance un appel ; sur les places, elle élève sa voix ;21au-dessus du tumulte, elle crie ; à l’entrée des portes de la ville, elle tient ce discours :22« Combien de temps encore, étourdis, allez-vous aimer l’étourderie ? – Les insolents n’aspirent qu’à l’insolence, et les insensés refusent la connaissance !23Tournerez-vous longtemps le dos quand je critique ? Contre vous, je laisserai libre cours à mon humeur, je vous ferai savoir ce que j’ai à vous dire.24Quand j’ai appelé, vous avez rechigné, quand j’ai tendu la main, nul ne s’en est soucié !25Vous avez récusé tous mes conseils, vous n’avez pris à cœur aucune de mes critiques.26Eh bien, moi aussi, lors de votre malheur, je rirai, je serai sarcastique quand viendra l’épouvante,27quand elle viendra comme une tourmente, et que le malheur sera là, comme une tornade, quand viendront sur vous la détresse et l’angoisse.28Alors on m’appellera et je ne répondrai pas, on me cherchera et ne me trouvera pas,29car ils ont refusé la connaissance et n’ont pas choisi la crainte du Seigneur.30Ils n’ont pas pris à cœur mes conseils, ils ont dénigré chacune de mes critiques :31alors, ils dégusteront les fruits de leur conduite, ils pourront se gaver de leurs intrigues.32Oui, l’indocilité des étourdis leur sera fatale, et l’insouciance des insensés les perdra.33Celui qui m’écoute demeure en sécurité, à l’abri, sans malheur à redouter. »
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1Mon fils, accueille mes paroles, conserve précieusement mes préceptes,2l’oreille attentive à la sagesse, le cœur incliné vers la raison.3Oui, si tu fais appel à l’intelligence, si tu invoques la raison,4si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor,5alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu.6Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse ; connaissance et raison sortent de sa bouche.7Il réserve aux hommes droits la réussite : pour qui marche dans l’intégrité, il est un bouclier,8gardien des sentiers du droit, veillant sur le chemin de ses fidèles.9Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seuls sentiers qui mènent au bonheur.10Car la sagesse viendra dans ton cœur, la connaissance fera tes délices,11la perspicacité te gardera, la raison veillera sur toi.12Tu seras préservé des chemins du mal, de l’homme aux propos pervers,13de ceux qui délaissent la route droite pour aller sur les chemins de ténèbre :14ils prennent plaisir à faire le mal, ils se complaisent dans la pire des perversités ;15leurs routes sont tortueuses, ils ne font que dévier sur leurs pistes.16Tu seras préservé de la femme d’un autre, l’étrangère aux paroles enjôleuses,17celle qui a délaissé l’ami de sa jeunesse, oublié l’alliance de son Dieu.18Sa maison incline vers la mort, ses détours mènent aux Ombres ;19quiconque va chez elle n’en reviendra jamais, il n’atteindra jamais la route de la vie.20C’est pourquoi il te faut prendre le bon chemin, garder la route des justes :21les hommes droits habiteront le pays, les gens intègres y resteront,22mais les méchants seront extirpés du pays, les fourbes en seront arrachés.
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1Mon fils, n’oublie pas mon enseignement ; que ton cœur observe mes préceptes :2la longueur de tes jours, les années de ta vie, et ta paix en seront augmentées.3Que fidélité et loyauté ne te quittent pas, attache-les à ton cou, écris-les sur les tablettes de ton cœur !4Tu trouveras grâce et seras rayonnant aux yeux de Dieu et des hommes.5De tout ton cœur, fais confiance au Seigneur, ne t’appuie pas sur ton intelligence.6Reconnais-le, où que tu ailles, c’est lui qui aplanit ta route.7Ne te complais pas dans ta sagesse, crains le Seigneur, écarte-toi du mal !8Voilà le traitement pour ton corps, l’élixir pour tes os.9Rends gloire au Seigneur avec tes biens, donne-lui les prémices de ton revenu :10tes greniers se rempliront de blé, le vin nouveau débordera de tes cuves.11Mon fils, ne rejette pas les leçons du Seigneur, ne dédaigne pas ses critiques,12car le Seigneur reprend celui qu’il aime, comme fait un père pour le fils qu’il chérit.13Heureux qui trouve la sagesse, qui accède à la raison !14C’est une bonne affaire, meilleure qu’une affaire d’argent, plus rentable que l’or.15La sagesse est plus précieuse que les perles, rien ne l’égale :16dans sa main droite, longueur de jours, dans sa main gauche, richesse et gloire !17Ses chemins sont chemins de délices, tous ses sentiers, des lieux de paix.18Pour qui la tient, elle est arbre de vie ; qui la saisit est un homme heureux.19Le Seigneur a fondé la terre avec sagesse ; il a établi les cieux avec intelligence.20C’est par sa science que les abîmes se sont ouverts et que, des nuages, perle la rosée.21Mon fils, ne perds jamais de vue le savoir-faire et la perspicacité :22ils te seront force de vie, une parure à ton cou.23Alors tu iras ton chemin avec assurance, ton pied n’achoppera pas.24Au moment de dormir, nulle anxiété ; une fois endormi, ton sommeil sera doux.25Tu n’as rien à craindre, ni l’angoisse soudaine, ni la tourmente qui surprend les méchants :26c’est le Seigneur qui sera ton assurance, il gardera ton pied des embûches.27Ne refuse pas un bienfait à qui tu le dois, quand ce geste est à ta portée.28Ne dis pas à ton prochain : « Va-t’en, tu reviendras, je donnerai demain ! », alors que tu as de quoi.29Ne travaille pas au malheur de ton prochain, alors qu’il vit sans méfiance auprès de toi.30Ne cherche pas de vaine querelle à qui ne t’a pas fait de mal.31N’envie pas l’homme violent, n’adopte pas ses procédés.32Car le Seigneur a horreur des gens tortueux ; il ne s’attache qu’aux hommes droits.33Malédiction du Seigneur sur la maison du méchant, bénédiction sur la demeure des justes.34Il se moque des moqueurs, aux humbles il accorde sa grâce.35Aux sages, la gloire en partage, aux insensés, toute la honte !
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1Fils, écoutez les leçons d’un père, soyez attentifs et vous connaîtrez l’intelligence.2Oui, c’est une valeur sûre que je vous transmets, ne négligez pas mon enseignement !3Moi aussi, j’ai été un fils pour mon père, enfant chéri, unique aux yeux de ma mère.4Voilà comment il m’instruisait : « Que ton cœur reçoive mes paroles, garde mes préceptes et tu vivras ;5acquiers la sagesse, acquiers l’intelligence, n’oublie pas, ne te détourne pas de ce que dit ma bouche ;6la sagesse, ne l’abandonne pas, elle te gardera, aime-la, elle veillera sur toi. »7Ainsi commence la sagesse : elle s’acquiert ! Cède tout ce que tu as pour acquérir l’intelligence.8Ouvre-lui la voie, elle t’élèvera ; si tu l’embrasses, elle fera ta gloire.9Elle posera sur ta tête un diadème de grâce, elle te couronnera de splendeur.10Écoute, mon fils, accueille mes paroles, les années de ta vie en seront augmentées.11Je te conduis par un chemin de sagesse, je te fais cheminer par des sentiers de droiture.12Nulle entrave à ta marche : si tu cours, tu ne trébucheras pas.13Tiens-toi à la discipline, ne te relâche pas, veille sur elle : elle est ta vie.14Sur la route des méchants, ne t’engage pas ; ne t’avance pas sur le chemin des malfaiteurs :15évite-le, n’y passe pas, détourne-toi de lui, passe au-delà !16Car ils ne dorment pas qu’ils n’aient commis le mal ; le sommeil les fuit tant qu’ils n’ont fait chuter personne.17C’est de méchanceté qu’ils se nourrissent ; d’un vin de violence ils s’abreuvent.18La route des justes est lumière d’aurore, sa clarté s’accroît jusqu’au grand jour.19Le chemin des méchants, c’est la ténèbre : ils trébuchent sans savoir sur quoi.20Mon fils, sois attentif à mes paroles, prête l’oreille à mes propos ;21ne les perds pas de vue, garde-les au profond de ton cœur :22pour qui les trouve, ils sont la vie, la guérison de son être de chair.23Par-dessus tout, veille sur ton cœur, c’est de lui que jaillit la vie.24Éloigne de ta bouche les propos retors, écarte la perfidie de tes lèvres.25Sache regarder en face, dirige tes yeux droit devant toi !26Aplanis la piste sous tes pieds : tous tes chemins seront sûrs.27Ne dévie ni à droite ni à gauche ; du mal, écarte ton pied !
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1Mon fils, sois attentif à ma sagesse, prête l’oreille à mes raisons ;2pour garder un esprit avisé, que tes lèvres s’en tiennent au vrai savoir !3Oui, le miel coule des lèvres de la femme d’un autre ; plus que l’huile, onctueuse est sa bouche,4mais elle laisse à la fin amertume d’absinthe, blessure d’une épée à deux tranchants.5Vers la mort descendent ses pas, son pied touche au séjour des morts ;6jamais elle n’ouvrira un chemin de vie ; ses pistes se perdent sans qu’elle en sache rien.7Maintenant, mon fils, écoute-moi, ne t’écarte pas de ce que dit ma bouche :8éloigne de cette femme ton chemin, n’approche pas du seuil de sa maison.9Sinon, tu laisseras chez d’autres ta vigueur et tes années au mari sans pitié !10Oui, des étrangers dévoreront ton énergie, tu travailleras dur pour la maison d’un autre,11si bien qu’à la fin, tu hurleras, ton corps et ta chair épuisés.12« Ah, diras-tu, comment ai-je pu haïr la discipline, compter pour rien les avertissements ?13Je n’ai pas écouté les maîtres ; je n’ai pas prêté l’oreille à ceux qui me formaient.14Pour un peu, le pire me serait arrivé devant la communauté rassemblée. »15Bois de l’eau à ta citerne, des eaux vives de ton puits !16Tes sources iraient-elles se répandre au-dehors, couler en ruisseaux sur les places ?17Qu’elles soient pour toi, pour toi seul, sans partage !18Que ta fontaine soit bénie, qu’elle soit ta joie, la femme de ta jeunesse,19biche de tes amours, gracieuse gazelle ! Laisse-toi toujours enivrer de ses charmes, reste éperdu d’amour pour elle !20Pourquoi, mon fils, t’éprendre d’une autre, enlacer une étrangère ?21Le Seigneur a les yeux sur les chemins de l’homme, il observe toutes ses pistes.22Les crimes du méchant se retournent contre lui, il est captif des liens de son péché.23Il mourra, faute de discipline ; par trop de folie, il se perdra.
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1Mon fils, si tu t’es porté caution pour un proche, si tu as dit « Marché conclu ! » pour un étranger,2si tu es piégé par tes propres paroles, prisonnier de tes propres paroles,3alors, fais ceci, mon fils, pour t’en sortir, puisque te voilà entre les mains d’un autre : va, humilie-toi, insiste auprès de lui,4interdis tout sommeil à tes yeux, et tout répit à tes paupières,5échappe-toi, comme la gazelle loin du chasseur, comme l’oiseau de la main de l’oiseleur.6Va vers la fourmi, paresseux ! Regarde-la marcher et deviens sage :7elle n’a pas de supérieur, ni surveillant ni gouverneur,8et tout l’été, elle fait ses provisions, elle amasse, à la moisson, de quoi manger.9Combien de temps vas-tu rester couché, paresseux ? Quand vas-tu émerger de ton sommeil ?10Un somme par-ci, une sieste par-là, s’allonger un moment, se croiser les bras,11et voilà que survient la pauvreté, comme un rôdeur, la misère, comme un garde bien armé.12C’est un vaurien, un faux-jeton : il se promène, tordant sa bouche,13lançant des clins d’œil, des appels du pied, donnant ses consignes avec les doigts ;14le cœur pervers, il prépare des mauvais coups, à tout moment, il déclenche des querelles.15Voilà pourquoi, soudain, vient sa ruine, brusquement il est brisé, et c’est sans remède.16Il y a six choses que le Seigneur déteste, sept qu’il a en horreur :17le regard hautain, la langue menteuse, les mains qui versent le sang innocent,18le cœur occupé de projets coupables, les pieds qui s’empressent de courir au mal,19le faux témoin qui ment comme il respire, et l’homme qui déclenche des querelles entre frères.20Garde les préceptes de ton père, mon fils, ne rejette pas l’enseignement de ta mère ;21tiens-les toujours fixés à ton cœur, attache-les à ton cou :22dans tes démarches, ils te guideront, dans ton sommeil, ils te garderont, à ton réveil, ils te tiendront compagnie.23Car ces préceptes sont une lampe, l’enseignement, une lumière : instruction et discipline sont un chemin de vie.24Ainsi, tu seras gardé de la femme mauvaise, des propos enjôleurs de l’étrangère ;25ne convoite pas sa beauté dans ton cœur, ne succombe pas à ses œillades !26À la prostituée, il suffit de gagner son pain ; la femme mariée, elle, pourchasse celui qui l’enrichira.27Peut-on mettre du feu dans sa poche sans brûler ses vêtements ?28Peut-on marcher sur des charbons ardents sans se griller les pieds ?29De même, courir après la femme de son prochain : nul n’y touchera sans en être puni.30Point de mépris pour un voleur si c’est la faim qui l’a poussé ;31mais s’il est pris, il doit payer sept fois plus : tous les biens de sa maison !32L’adultère, lui, est un écervelé, il fait d’une femme le bourreau de sa vie.33Il recevra coups et affronts, son déshonneur ne s’effacera pas34car un mari jaloux devient fou de rage, il est sans pitié au jour de la vengeance :35nul dédommagement ne l’apaisera ; de multiples cadeaux ne le fléchiront pas.
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1Mon fils, garde mes paroles, conserve précieusement mes préceptes ;2garde mes préceptes et tu vivras, garde mon enseignement comme la prunelle de tes yeux ;3attache-les à tes doigts, inscris-les sur la tablette de ton cœur.4Dis à la sagesse : « Tu es ma sœur ! » ; à l’intelligence, donne le nom de « familière ».5Alors tu seras gardé de la femme d’un autre, de l’étrangère aux propos enjôleurs.6Comme j’étais à la fenêtre, chez moi, je regardais à travers la claire-voie ;7je vis quelques étourdis et, parmi ces garçons, je remarquai un jeune écervelé :8il passait par la venelle, près d’un recoin, il filait vers une maison,9le soir venu, à la tombée du jour, s’enfonçant dans les ténèbres de la nuit.10Et voici qu’une femme s’en va vers lui avec des allures de prostituée aux aguets ;11elle trépigne, provocante, incapable de rester à la maison ;12un pas dans la ruelle, deux pas sur la place, elle guette à tous les coins de rue.13Elle l’attrape et l’embrasse et, d’un air effronté, lui déclare :14« Je dois offrir un sacrifice de paix, et aujourd’hui, je viens accomplir mon vœu ;15aussi, je suis sortie pour te rencontrer, je cherchais à te voir et je t’ai trouvé !16J’ai paré mon lit de couvertures, d’un tissu d’Égypte multicolore ;17et sur ma couche, j’ai répandu la myrrhe, l’aloès et le cinnamome.18Viens ! Que l’amour nous enivre jusqu’au matin, prenons du plaisir à nous aimer !19Tu sais, mon mari n’est pas chez lui, il est en voyage au loin ;20il a emporté l’argent de la bourse, il ne rentrera qu’à la pleine lune. »21Avec tout son talent, elle le séduit et, de ses lèvres enjôleuses, elle l’entraîne.22Soudain le voilà qui la suit, comme le bœuf qu’on mène à l’abattoir, comme l’insensé qui gambade avant d’être châtié,23jusqu’à ce qu’une flèche lui ait crevé le foie. Ainsi l’oiseau se jette dans le filet, sans savoir qu’il y va de sa vie.24Et maintenant, fils, écoute-moi, fais attention à mes propos :25ne laisse pas ton cœur se détourner vers ses chemins, ne t’égare pas sur ses sentiers,26car nombreux sont ceux qu’elle a blessés à mort, innombrables, tous ceux qu’elle a tués.27Sa maison, c’est le chemin du séjour des morts, la descente aux enfers.
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1N’est-ce pas la Sagesse qui appelle, la raison qui élève sa voix ?2En haut de la montée, sur la route, postée à la jonction des chemins,3près des portes, aux abords de la cité, à l’entrée des passages, elle clame :4« C’est vous, les humains, que j’appelle, ma voix s’adresse aux fils d’Adam :5vous, les naïfs, devenez habiles, vous, les insensés, devenez raisonnables.6Écoutez-bien, mon discours est capital, j’ouvre mes lèvres pour dire la droiture.7Oui, c’est la vérité que je ne cesse d’annoncer, mes lèvres ont la malice en horreur.8Les paroles de ma bouche ne sont que justice ; en elles, rien d’oblique ni de retors :9toutes sont claires pour qui a l’intelligence, et droites pour qui a trouvé la connaissance.10Choisissez mes leçons et non pas l’argent, la connaissance plutôt que l’or fin.11– La sagesse vaut mieux que les perles : rien ne l’égale.12Moi, la Sagesse, j’habite avec l’habileté, j’ai appris à connaître bien des finesses.13– La crainte du Seigneur, c’est la haine du mal. Je hais l’orgueil, l’arrogance, le chemin du mal et la bouche perverse.14À moi le conseil et l’efficacité ; c’est moi l’intelligence, à moi la vigueur !15Par moi, les rois agissent en rois et les souverains édictent ce qui est juste,16par moi, les princes agissent en princes : tous les chefs ont autorité dans le pays.17Moi, j’aime ceux qui m’aiment, ceux qui me recherchent me trouvent.18Avec moi, la richesse et la gloire, fortune durable et juste prospérité.19Mon fruit est meilleur que l’or, que l’or fin, ce qui vient de moi, meilleur qu’un argent purifié.20Sur le chemin de la justice je m’avance, sur le sentier du droit.21Je donne un bel héritage à ceux qui m’aiment, je remplis leurs trésors.22Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours.23Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre.24Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes.25Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée,26avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde.27Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme,28qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme,29quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre.30Et moi, je grandissais à ses côtés. Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment,31jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes.32Et maintenant, fils, écoutez-moi. Heureux ceux qui gardent mes chemins !33Écoutez l’instruction et devenez sages, ne la négligez pas.34Heureux l’homme qui m’écoute, qui veille à ma porte jour après jour, qui monte la garde devant chez moi.35Qui me trouve a trouvé la vie, c’est une bienveillance du Seigneur.36Qui m’offense se fait tort à lui-même : me haïr, c’est aimer la mort ! »
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1La Sagesse a bâti sa maison, elle a taillé sept colonnes.2Elle a tué ses bêtes, et préparé son vin, puis a dressé la table.3Elle a envoyé ses servantes, elle appelle sur les hauteurs de la cité :4« Vous, étourdis, passez par ici ! » À qui manque de bon sens, elle dit :5« Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé.6Quittez l’étourderie et vous vivrez, prenez le chemin de l’intelligence. » [7Qui corrige l’insolent ne reçoit que mépris, qui reprend le méchant s’en trouve sali.8Ne reprends pas l’insolent, il va te haïr ; reprends le sage, il t’aimera.9Si tu donnes au sage, il devient plus sage ; si tu instruis le juste, il progresse encore.]10La sagesse commence avec la crainte du Seigneur, connaître le Dieu saint, voilà l’intelligence !11– « Par moi, se multiplient tes jours et s’augmentent les années de ta vie. »12Si tu es sage, c’est pour toi que tu es sage ; si tu fais l’insolent, toi seul en pâtiras.13Dame Folie fait du tapage ; c’est une étourdie qui ne connaît rien.14Assise à la porte de sa maison, elle trône sur les hauteurs de la cité15pour appeler les passants qui vont droit leur chemin :16« Vous, étourdis, passez par ici ! » À qui manque de bon sens, elle dit :17« Bien douce est l’eau qu’on a volée, savoureux, le pain pris en secret ! »18Et lui ne sait pas que des Ombres sont là, que ses invités descendent au séjour des morts.
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1Proverbes de Salomon. Le fils sage fait la joie de son père, le fils insensé désole sa mère.2Bien mal acquis ne profite jamais : c’est la justice qui délivre de la mort.3Le Seigneur ne laisse pas le juste mourir de faim, il rejette l’avidité des méchants.4Main nonchalante appauvrit, main diligente enrichit.5Qui récolte en été est quelqu’un d’avisé, qui dort à la moisson est digne de mépris.6Bénédictions sur la tête du juste ! La bouche du méchant dissimule sa violence.7On se souvient du juste pour le bénir, mais le renom des méchants se flétrit.8Un cœur sage accepte des règles ; un sot bavard court à sa perte.9Qui marche droit marche en sécurité, qui louvoie sur son chemin sera démasqué.10Qui fait des clins d’œil provoque des troubles, qui reproche avec franchise fait œuvre de paix.11La bouche du juste est source de vie, la bouche du méchant dissimule sa violence.12La haine suscite des querelles, l’amour couvre toutes les offenses.13Sur les lèvres intelligentes se trouve la sagesse, et le bâton, sur le dos de l’écervelé !14Les sages gardent leur savoir comme un trésor, mais la bouche du sot, c’est le désastre imminent.15La fortune du riche est sa citadelle ; la misère, la terreur des faibles.16Le salaire du juste lui sert à vivre ; les gains du méchant ne servent qu’à pécher !17Qui retient une leçon devient chemin de vie ; qui néglige les avertissements fourvoie.18Qui a le mensonge aux lèvres dissimule sa haine ; qui propage la calomnie est un insensé.19À trop parler on n’évite pas le péché : qui tient sa langue est bien avisé.20Argent de bon aloi, la langue du juste ! Le cœur des méchants n’a guère de valeur.21Les propos des justes nourrissent la multitude, mais les sots meurent d’avoir l’esprit borné.22La bénédiction du Seigneur enrichit, et l’effort de l’homme n’y ajoute rien.23Le plaisir de l’insensé : commettre des horreurs ; celui de l’homme réfléchi : la sagesse.24Ce que redoute le méchant lui échoit, ce que désirent les justes leur est accordé.25Que passe une tempête, et le méchant n’est plus ; le juste reste inébranlable.26Vinaigre sur les dents, fumée dans les yeux, tel est le paresseux pour ceux qui l’emploient !27La crainte du Seigneur accroît les jours, les années des méchants sont comptées.28L’espérance des justes est joie ; pour les méchants, tout espoir est perdu.29Le chemin du Seigneur est un lieu sûr pour l’homme intègre et un désastre pour ceux qui font le mal !30Jamais le juste ne sera ébranlé ; les méchants n’habiteront pas le pays.31La bouche du juste a pour fruit la sagesse, la langue perverse sera coupée.32Les lèvres du juste savent être bienveillantes, les méchants n’ont que perversité à la bouche.
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1Le Seigneur a horreur des balances truquées, le poids exact lui plaît.2Que vienne l’arrogance, viendra le mépris ! La sagesse est avec les humbles.3L’intégrité des honnêtes gens les guidera, la perfidie des fourbes les mènera à la ruine.4La fortune n’est d’aucune utilité au jour de la colère, c’est la justice qui délivre de la mort.5La justice des gens intègres leur trace un droit chemin, et le méchant succombe à sa propre méchanceté.6La justice des honnêtes gens les rendra libres, les fourbes restent prisonniers de leur convoitise.7À la mort du méchant, son espoir périt : c’est peine perdue de compter sur les richesses !8Un juste est tiré de l’angoisse, un méchant y tombe à sa place.9Par sa langue l’impie détruit son voisin : les justes le savent et se tirent d’affaire.10Le succès des justes réjouit la cité, la perte des méchants fait exploser sa joie !11La bénédiction due aux hommes droits grandit la cité, la bouche des méchants l’anéantit.12Qui se moque du voisin est un écervelé ; l’homme intelligent se tait.13Qui colporte des cancans trahira le secret, l’homme de confiance n’en soufflera mot.14Sans l’art de gouverner, un peuple tombe : un conseil élargi le sauvera.15Qui cautionne un inconnu s’attire des ennuis ; refuser toute caution, c’est plus sûr !16Une femme charmante reçoit des hommages, l’homme énergique capte la richesse.17Un homme bon se fait du bien à lui-même, un homme dur se rend malheureux.18Le salaire du méchant n’est qu’illusion ; à qui sème la justice, la récompense est assurée.19Oui, la justice mène à la vie ; qui poursuit le mal va vers la mort !20Le Seigneur a horreur des esprits retors ; les gens à la conduite intègre lui plaisent.21Promis, juré, le malfaiteur ne restera pas impuni, mais la race des justes sera sauve !22Comme l’anneau d’or au groin d’un pourceau, une jolie femme dépourvue de tact !23Les justes n’ont qu’un désir : le bien ! Pour les méchants, rien d’autre à espérer que la colère !24Tel est prodigue et s’enrichit encore ; tel autre, économe à l’excès, n’y gagne que misère !25Une personne généreuse deviendra prospère ; qui donne à boire sera lui-même désaltéré.26Le peuple maudit celui qui accapare le blé, il bénit celui qui le met sur le marché.27Qui poursuit le bien cherche aussi à plaire ; tendre au mal, c’est en faire les frais.28Qui se fie à sa richesse tombera ; comme un arbre verdoyant, le juste fleurira.29Qui perturbe sa maison héritera le vent, et le sot sera l’esclave de l’homme au cœur sage !30Le fruit du juste devient arbre de vie : le sage entraîne les autres à sa suite.31Si le juste reçoit rétribution sur cette terre, combien plus le méchant et le pécheur !
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1Qui aime la discipline est ami du savoir, qui déteste la critique est un abruti.2L’homme de bien gagne la faveur divine ; le Seigneur condamne le rusé.3Nul ne trouve appui dans la méchanceté, la racine des justes tient ferme.4Une femme parfaite est la couronne de son mari, une femme sans pudeur, le cancer de ses os.5Les projets du juste sont droits, les manœuvres du méchant, des tromperies.6Les paroles des méchants sont embûches meurtrières ; la bouche des honnêtes gens les en garde.7Bouscule les méchants : ils disparaissent ! La maison des justes tient bon.8On loue quelqu’un pour son bon sens ; l’esprit tordu mérite le mépris.9Mieux vaut être méprisé, mais avoir un serviteur, que faire l’important et manquer de pain !10Le juste connaît les besoins de ses bêtes ; le méchant n’a que cruauté à la place du cœur !11Qui travaille sa terre aura du pain à satiété, qui poursuit des chimères est un écervelé.12Le méchant convoite des proies misérables, la racine du juste donnera du fruit.13Des lèvres criminelles sont un piège dangereux, mais le juste échappe à son étreinte.14Chacun, du fruit de sa bouche, peut tirer grand bien, comme chacun recueille le salaire de ses mains.15Le chemin de l’insensé paraît droit à ses yeux, mais un sage accepte le conseil.16L’insensé manifeste, sur l’heure, son dépit ; bien avisé qui reste sourd à l’injure !17Le témoin véridique manifeste ce qui est juste ; le faux témoin ne cesse de tromper.18Les bavards, c’est comme des coups d’épée, mais la langue des sages guérit.19Parole vraie subsiste à jamais, propos menteur, le temps d’un clin d’œil !20Déception pour le cœur de ceux qui trament le mal, joie pour les conseillers de paix !21Aucun malheur ne frappe le juste, mais les méchants sont comblés de maux.22Le Seigneur a horreur des lèvres menteuses ; qui agit loyalement lui plaît.23L’homme avisé ne montre pas sa science mais le cœur de l’insensé crie sa folie.24La main active aura le pouvoir, le paresseux aura les corvées !25Un souci dans le cœur déprime, une bonne parole ramène la joie.26Le juste montre la voie à son ami, le chemin des méchants les égare.27Point de gibier à rôtir chez les fainéants ; le bien le plus précieux de l’homme est son activité.28Sur le sentier de la justice, la vie ! Qui prend ce chemin ne mourra pas.
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1Le fils sage écoute les leçons de son père, l’insolent reste sourd aux menaces.2On peut tirer de la parole un fruit savoureux, mais les fourbes n’ont faim que de violence.3Qui surveille ses lèvres garde son âme, qui ouvre trop le bec court au désastre.4Le paresseux soupire, et rien ne vient ; les gens actifs ne restent pas sur leur faim.5Le juste déteste le mensonge, le méchant empeste et fait scandale.6Leur justice protège ceux qui marchent droit ; le péché fait la ruine des méchants.7Tel joue au riche, qui n’a rien du tout, et tel joue au pauvre, qui a de grands biens.8La fortune d’un homme lui sert de rançon ; pour le pauvre aucun bruit de menace !9La lumière des justes est joyeuse ; la lampe des méchants s’éteint.10La vaine prétention cause des polémiques ; la sagesse est avec celui qui prend conseil.11Fortune trop soudaine s’évanouira ; qui amasse peu à peu la verra grossir.12Attente prolongée : cœur dolent ; désir satisfait : arbre de vie.13Qui fait fi des conseils le paiera ; qui respecte un ordre aura sa récompense.14L’enseignement du sage est source de vie : il détourne des pièges mortels.15Un bon discernement permet de trouver grâce ; le chemin des traîtres est interminable.16Tout homme avisé agit à bon escient, mais l’insensé déploie sa folie.17Un messager malveillant tombera dans le malheur ; le remède, c’est un ambassadeur fidèle.18Misère et mépris à qui refuse l’éducation, gloire à celui qui tient compte des avertissements !19Un désir comblé est bien doux pour l’âme. Les insensés ont horreur de s’écarter du mal.20Qui fait route avec les sages deviendra sage ; qui fréquente les insensés tournera mal.21Le malheur poursuit les pécheurs, le bonheur récompense les justes.22À ses petits-enfants l’homme de bien transmet son héritage ; au juste est réservée la fortune du pécheur.23Il y a beaucoup à manger quand les pauvres défrichent ; que l’un vienne à périr, quelle injustice !24Qui ménage sa trique n’aime pas son fils, qui l’aime vraiment veille à le corriger.25Le juste mange à satiété, l’estomac des méchants reste vide.
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1Sagesse de femme bâtit sa maison ; Folie la détruit de sa propre main.2Qui craint le Seigneur marche avec droiture, qui dévie en ses chemins le méprise.3Sur la bouche de l’insensé pointe l’orgueil, les lèvres des sages s’en garderont.4Nulle bête de trait : la mangeoire est vide ; les récoltes sont belles quand le taureau est fort.5Un témoin véridique ne ment pas ; le faux témoin ment comme il respire.6L’insolent cherche la sagesse, mais en vain ! Le savoir est à la portée de l’homme intelligent.7Détourne-toi de l’insensé : tu n’apprendras de ses lèvres rien qui vaille !8La sagesse de l’homme avisé éclaire son chemin ; la folie des insensés ne fait que les tromper.9Les fous se moquent des sacrifices d’expiation ; les gens honnêtes y trouvent grâce.10Seul le cœur connaît sa peine, et à sa joie, nul ne prend part.11La maison des méchants sera rasée, la demeure des honnêtes gens sera florissante.12Il y a un chemin qui semble droit, mais au terme, ce sont des chemins de mort.13Même dans le rire, un cœur peut s’attrister, et au terme, la joie se changer en affliction !14Un cœur pervers se satisfait de sa conduite, et plus encore, un homme de bien !15Le naïf croit tout ce qu’on lui dit, l’homme avisé regarde où il met les pieds.16Le sage craint le mal et s’en détourne ; l’insensé fonce, plein d’assurance.17L’homme impatient fait des sottises, et l’intrigant se rend odieux.18Les naïfs ont en partage la bêtise ; la science est la couronne des gens avisés.19Des mauvais s’inclineront devant les bons, des méchants attendront à la porte du juste.20Un pauvre est rejeté, même par son ami, mais il y a foule pour aduler un riche.21Qui méprise son prochain est un pécheur. Heureux qui a pitié des petites gens !22Ne s’égarent-ils pas, les artisans du mal ? Ils sont fidèles et loyaux, les artisans du bien.23En tout labeur on trouve du profit, mais le bavardage ne mène qu’à l’indigence.24La couronne des sages, c’est leur richesse, mais la folie des insensés reste folie !25Il sauve des vies, le témoin qui dit vrai ; le faux témoin ne cesse de tromper.26La crainte du Seigneur assure puissamment : il est un refuge pour ses enfants.27La crainte du Seigneur est source de vie : elle détourne des pièges mortels.28Un peuple nombreux donne prestige au roi ; le déclin de la population consterne le prince !29L’homme patient a du discernement ; l’impulsif arbore sa folie.30Un cœur paisible est vie pour le corps ; la passion est un cancer pour les os.31Qui exploite le faible insulte Dieu qui l’a fait ; qui a pitié du misérable l’honore.32Le méchant est terrassé par sa malice ; dans la mort même, le juste garde confiance.33Dans un cœur intelligent repose la Sagesse ; au milieu des insensés, elle se fera connaître !34La justice grandit une nation ; le péché est la honte des peuples.35Le serviteur avisé a la faveur du roi, l’effronté n’a droit qu’à sa fureur.
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1Une réponse paisible calme la fureur, un mot blessant déclenche la colère.2La langue des sages rend la science aimable, la bouche des insensés ne débite que des sottises.3En tout lieu, les yeux du Seigneur : ils observent les méchants et les bons.4La langue qui réconforte est un arbre de vie ; perfide, elle vous coupe le souffle.5Un sot se moque des leçons de son père ; bien avisé qui tient compte des avertissements !6La maison du juste regorge de richesse, les gains du méchant sont précaires !7Les lèvres des sages sèment le savoir ; pour le cœur des insensés, il n’en va pas ainsi !8Le sacrifice des méchants, le Seigneur l’a en horreur, mais il accueille la prière des honnêtes gens.9Le chemin du méchant fait horreur au Seigneur ; il aime celui qui recherche la justice.10Rude leçon pour qui s’écarte du sentier : refuser l’avertissement, c’est la mort !11Le séjour des morts et l’abîme sont devant le Seigneur : à plus forte raison le cœur des hommes !12Un insolent n’aime pas qu’on le reprenne ; aussi ne va-t-il guère avec les sages.13À cœur joyeux, visage épanoui ; à cœur chagrin, soupirs désolés.14Un cœur intelligent recherche le savoir, la bouche des insensés se repaît de sottises.15Pour le malheureux, tous les jours sont mauvais ; pour le cœur content, c’est un perpétuel festin.16Mieux vaut peu, avec la crainte du Seigneur, qu’un grand trésor et ses embarras.17Mieux vaut un plat de légumes servi avec amour que du veau gras et de la haine.18Un homme irascible provoque la querelle, un homme patient apaise la dispute.19Le chemin du paresseux est un buisson de ronces, la route des honnêtes gens est dégagée.20Le fils sage fait la joie de son père ; insensé, l’homme qui méprise sa mère !21L’écervelé se complaît dans sa bêtise, l’homme intelligent va droit son chemin.22Sans concertation, le projet avorte ; un conseil élargi lui donne consistance.23Quel plaisir de trouver la répartie ! Qu’elle est bonne, la parole qui tombe à pic !24Pour l’homme avisé, le sentier de vie est une montée ; il évite ainsi la descente au séjour des morts.25La maison des orgueilleux, le Seigneur la renverse ; il fixe les bornes du terrain de la veuve.26Le Seigneur a horreur des calculs pervers ; les paroles bienveillantes sont pures.27Péril en la demeure pour l’homme âpre au gain ! Qui refuse tout pot-de-vin vivra.28Le juste réfléchit en son cœur avant de répondre ; la bouche du méchant vomit le mal.29Le Seigneur est loin des méchants, mais il écoute la prière des justes.30Un regard lumineux réjouit le cœur, une bonne nouvelle donne des forces.31Qui sait écouter les leçons de la vie aura sa place entre les sages.32Qui refuse l’éducation se méprise lui-même, qui écoute les leçons gagne en intelligence.33La crainte du Seigneur est école de sagesse : avant les honneurs, l’humilité !
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1Dans son cœur, l’homme propose ; par sa parole, Dieu dispose.2Chacun trouve sa conduite pure, mais le Seigneur pèse les esprits.3Remets ton action au Seigneur, et tes projets réussiront.4Le Seigneur a tout fait selon son dessein, même le méchant, pour les jours de malheur.5Le Seigneur a horreur des prétentieux : promis, juré, ils ne resteront pas impunis.6Fidélité et loyauté effacent une faute, la crainte du Seigneur détourne du mal.7Quand le Seigneur apprécie la conduite de l’homme, il lui concilie même ses ennemis.8Mieux vaut peu dans la justice que de grands profits hors du droit !9L’homme, en son cœur, fait des projets de route, et le Seigneur dirige ses pas.10Sentence sur les lèvres du roi : quand il juge, sa bouche est infaillible.11Une balance juste plaît au Seigneur, chacun des poids est son œuvre.12Les rois ont le mal en horreur, car la justice affermit le trône.13Des lèvres justes ont la faveur du roi, il aime celui qui parle avec droiture.14La fureur du roi est messagère de mort, mais un sage saura l’apaiser.15La lumière sur le visage du roi donne la vie, sa faveur est comme une pluie de printemps.16Mieux vaut acquérir la sagesse que l’or, et l’intelligence plutôt que l’argent.17La route des hommes droits se détourne du mal ; qui surveille son chemin garde sa vie.18L’orgueil précède l’effondrement, et la prétention, la chute.19Mieux vaut être humble parmi des gens modestes, que partager un butin avec des orgueilleux.20Un homme avisé trouvera le bonheur ; qui se fie au Seigneur est plus heureux encore !21La sagesse du cœur, on l’appelle intelligence ; la douceur des paroles aide à apprendre.22Le bon sens, pour qui le possède, est source de vie, mais les fous n’enseignent que folie.23Le sage, en son cœur, affine ses propos, et sa parole aide à apprendre.24Les paroles aimables sont un rayon de miel : douces au palais, elles redonnent des forces.25Il y a un chemin qui semble droit, mais au terme, ce sont des chemins de mort.26L’estomac du travailleur l’oblige à travailler, c’est la faim qui le presse !27Le vaurien prépare un mauvais coup : sur ses lèvres, c’est comme un feu dévorant.28Un pervers sème la discorde, le calomniateur divise les amis.29Un violent entraîne son compagnon et lui fait prendre le mauvais chemin.30S’il ferme les yeux, c’est qu’il médite un coup pervers ; s’il serre les lèvres, le mal est fait !31Les cheveux blancs sont une couronne splendide : on la trouve sur les chemins de la justice.32L’homme patient vaut mieux que le héros : mieux vaut maîtriser son humeur que prendre une ville.33On tire au sort avec un dé, mais le Seigneur décide de tout.
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1Mieux vaut du pain sec, et la paix, qu’une salle de banquet pleine de discorde.2Un serviteur avisé supplantera le fils indigne ; avec les frères il aura part à l’héritage.3Comme le creuset pour l’argent, et le fourneau pour l’or, le Seigneur éprouve les cœurs.4Le malfaiteur s’intéresse à qui parle de fraude, le menteur tend l’oreille aux propos pernicieux.5Qui se moque d’un pauvre insulte Dieu qui l’a fait, qui se réjouit du malheur ne restera pas impuni.6Couronne des vieillards, leurs petits-enfants ! Fierté des fils, leur père !7L’abruti n’a que faire d’un langage distingué, et moins encore, un prince, du langage menteur.8Les pots-de-vin portent chance, aux yeux du donateur : où qu’il aille, tout lui sourit !9Qui cherche l’amitié ignore l’offense ; qui revient sur l’affaire divise les amis.10Un reproche fait plus d’effet à l’homme intelligent que cent coups de bâton à l’insensé !11Au révolté qui n’aspire qu’au mal, on dépêche un émissaire sans pitié.12Plutôt tomber sur une ourse privée de ses petits que sur un insensé en plein délire !13Qui rend le mal pour le bien voit le mal ne plus quitter sa maison.14Début de querelle, torrent qui déferle : avant d’en venir au procès, renonce !15Justifier le coupable, donner tort à l’innocent : deux choses dont le Seigneur a horreur !16À quoi bon de l’argent dans la main d’un insensé ? Pour acheter la sagesse ? Il n’a rien dans la tête !17On a des amis en tout temps, mais un frère est là pour le temps de la détresse.18C’est un écervelé, l’homme qui dit « Marché conclu ! » et se porte caution pour un proche.19Qui aime la querelle aime le péché ! La folie des grandeurs entraîne la chute !20Un esprit retors ne trouve pas le bonheur ; qui a la langue perfide tombe dans le malheur.21Engendrer un insensé, quelle tristesse ! Le père d’un imbécile n’est pas à la fête.22À cœur joyeux, santé florissante ! L’esprit chagrin dessèche jusqu’à l’os.23Le méchant accepte un pot-de-vin sous le manteau pour entraver le cours de la justice.24L’homme intelligent a devant lui la sagesse ; l’insensé la cherche des yeux au bout du monde.25Un fils insensé ne fait qu’irriter son père, et désole sa mère.26Punir un innocent est inadmissible ; frapper des gens de bien n’est pas correct !27Qui sait tenir sa langue a du discernement ; qui garde son sang-froid est homme de réflexion.28S’il se tait, même un sot passe pour sage ; bien malin, celui qui ne dit mot !
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1Qui reste en marge n’en fait qu’à sa tête ; tout bon conseil l’exaspère.2L’insensé n’a pas envie de réfléchir, mais seulement d’étaler ses idées.3Quand arrive le méchant, arrive aussi le mépris ; avec les affronts, le déshonneur.4Une eau profonde, les paroles de l’homme ! Torrent jaillissant, la source de la sagesse !5Inadmissible de réhabiliter un coupable en privant le juste de son droit !6L’insensé a sur les lèvres la contestation ; sa bouche incite à en venir aux coups.7Les propos de l’insensé font sa ruine, ses lèvres lui sont un piège.8Les mots du calomniateur, quel régal ! On s’en délecte jusqu’au plus profond.9Celui qui se relâche dans son travail et celui qui le sabote sont frères !10Le nom du Seigneur est une tour fortifiée ; le juste y court : hors d’atteinte !11La fortune du riche est sa citadelle : il y voit son rempart.12Avant la chute, le cœur s’exalte ; avant la gloire, il s’humilie.13Rétorquer avant d’écouter : sottise et confusion !14Un bon moral rétablit le malade ; un moral au plus bas, qui le relèvera ?15Un cœur intelligent veut acquérir la connaissance, l’oreille des sages la recherche.16Des cadeaux ouvrent les portes, ils introduisent chez les grands.17Qui plaide en premier semble avoir raison ; vienne la partie adverse, elle contestera.18Le tirage au sort met fin à la querelle, il départage même les puissants.19Un frère offensé se ferme plus qu’une forteresse : la querelle bloque comme le verrou d’une citadelle.20Chacun, du fruit de sa bouche, tire profit, du produit de ses lèvres il se rassasie.21La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; qui aime la parole mangera de son fruit.22Il trouve le bonheur celui qui trouve femme : c’est une bienveillance du Seigneur.23Aux supplications du pauvre le riche répond durement.24Il y a des relations qui tournent mal, mais il y a l’ami plus attaché qu’un frère.
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1Mieux vaut un pauvre à la conduite intègre qu’un homme aux propos retors : c’est lui l’insensé !2Sans la réflexion, le zèle ne vaut rien ; qui se précipite manque son but.3La sottise d’un homme entrave sa route, et c’est contre Dieu qu’il tourne sa colère !4La fortune multiplie les relations, mais le faible voit partir son seul ami.5Un faux témoin ne reste pas impuni : il ment comme il respire, il n’en réchappera pas.6Il y a foule pour flatter un prince, et chacun veut être l’ami d’un mécène.7Tous les frères du pauvre le repoussent, et, bien sûr, ses amis ont pris leurs distances ; il en parle encore, mais ils ne sont plus là !8Qui acquiert du jugement s’aime soi-même, qui reste clairvoyant trouve le bonheur.9Un faux témoin ne reste pas impuni : il ment comme il respire, il se perdra.10Qu’un insensé ait la vie douce, c’est choquant ; qu’un esclave commande aux princes, c’est pire encore !11Un homme de bon sens retient sa colère, il met son point d’honneur à passer sur l’offense.12Rugissement d’un lion, la colère du roi ; rosée sur l’herbe, sa faveur !13Un fils stupide, c’est une calamité pour son père ; les querelles d’une épouse, c’est un goutte à goutte qui n’en finit pas.14Maison et fortune sont héritage paternel, mais du Seigneur vient l’épouse avisée.15La paresse fait tomber dans l’apathie : l’homme indolent aura faim.16Qui garde une règle se garde lui-même, qui ne veille pas à sa conduite mourra.17Qui prend pitié du faible prête au Seigneur : il saura lui rendre son bienfait.18Corrige ton fils, tant qu’il y a de l’espoir ; mais ne t’emporte pas jusqu’à causer sa mort !19Une colère violente doit être punie ; si tu la tolères, tu incites à recommencer !20Écoute les conseils, accepte la correction : tu finiras par t’assagir !21Il y a bien des projets dans le cœur d’un homme ; le dessein du Seigneur, lui, se réalisera.22Ce qu’on attend d’un homme, c’est la bonne foi : mieux vaut un pauvre qu’un menteur !23La crainte du Seigneur mène à la vie : vie comblée, lieu de repos inaccessible au malheur !24Le paresseux plonge sa main dans le plat, il ne la ramènera même pas jusqu’à sa bouche !25Tape sur l’insolent, et l’étourdi en tirera la leçon ; critique l’homme intelligent, lui saura comprendre !26Qui agresse son père et met en fuite sa mère est un fils indigne par qui vient le déshonneur !27Cesse, mon fils, d’écouter les leçons, et tu iras te perdre loin du savoir !28Un vaurien témoigne en se moquant du droit, le méchant laisse sa bouche vomir des insanités !29Le châtiment est fait pour les insolents, et les coups pour l’échine des insensés !
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1Le vin provoque, une boisson forte perturbe : quiconque s’y aventure perd toute raison.2Rugissement d’un lion, la menace du roi : qui se fâche avec lui risque sa vie.3Gloire à l’homme qui évite un procès ! Tous les insensés s’y précipitent !4En automne, le paresseux ne laboure pas ; au temps de la moisson, il cherche… et il n’y a rien !5Les projets du cœur sont une eau profonde, l’homme raisonnable y puisera.6Tout un chacun proteste de sa bonne foi, mais un homme de confiance, qui le trouvera ?7Le juste marche droit : heureux ses enfants après lui !8Au tribunal, quand le roi préside, d’un regard, il dissipe le mal !9Qui peut dire : « J’ai purifié mon cœur, maintenant, je suis sans péché » ?10Deux poids, deux mesures : le Seigneur en a horreur !11On jugera d’un jeune à sa façon de faire : travaille-t-il proprement, selon les règles ?12L’oreille qui entend, l’œil qui voit : le Seigneur les a faits l’un et l’autre.13Ne prends pas le goût du sommeil, tu deviendrais pauvre ; tiens les yeux ouverts, tu seras rassasié.14« Mauvais ! Mauvais ! » dit l’acheteur, mais, tournant les talons, il se frotte les mains !15De l’or, il y en a ; des pierres précieuses, il n’en manque pas ; mais la parole intelligente, c’est perle rare !16Quelqu’un s’est-il porté garant pour un tiers, saisis son manteau ; s’il l’a fait pour des étrangers, prends-lui un gage !17Il est délicieux, le pain de la fraude, mais après, la bouche en reste pleine de gravier !18Avec des projets bien concertés, te voilà sûr ; mène la guerre en bon stratège !19Qui colporte des cancans trahira le secret : ne fréquente pas les bavards !20Qui maudit père et mère, sa lampe s’éteindra au cœur de la nuit !21Une fortune acquise en toute hâte finira par te porter malheur !22Ne dis pas : « Je rendrai le mal qu’on m’a fait ! » ; compte sur le Seigneur, il te sauvera !23Tricher sur le poids, le Seigneur en a horreur : rien de bon dans une balance truquée !24C’est le Seigneur qui dirige les pas de l’homme : un mortel, comment saurait-il où il va ?25Voici un piège : dire à la légère : « C’est sacré », et n’y réfléchir qu’après s’être engagé !26Le roi sage disperse au vent les méchants : il a traîné sur eux la roue du battage.27C’est une lampe divine, l’esprit de l’homme ; il explore le tréfonds de son être.28Fidélité, loyauté forment la garde du roi, la fidélité affermira son trône !29La beauté de la jeunesse, c’est sa vigueur ; la parure des anciens, leurs cheveux blancs !30Faire saigner la plaie prévient l’infection ; ainsi la correction guérit en profondeur !
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1Le Seigneur dispose du cœur du roi comme d’un canal d’irrigation, il le dirige où il veut.2La conduite d’un homme est toujours droite à ses yeux, mais c’est le Seigneur qui pèse les cœurs.3Accomplir la justice et le droit plaît au Seigneur plus que le sacrifice.4Regarder de haut, se rengorger : ainsi brillent les méchants, mais ce n’est que péché.5Les plans de l’homme actif lui assurent du profit ; mais la précipitation conduit à l’indigence.6Une fortune acquise par le mensonge : illusion fugitive de qui cherche la mort.7Les méchants seront victimes de leur violence, car ils refusent d’agir selon le droit.8Les méthodes de l’imposteur sont tortueuses ; un homme honnête agit droitement.9Mieux vaut loger dans un coin de terrasse que partager sa maison avec une mégère.10Le méchant ne désire que le mal ; il n’a pas un regard de pitié pour son prochain.11Quand on punit l’insolent, l’étourdi devient sage ; le sage, il suffit de le raisonner pour qu’il comprenne.12Le juste considère le clan du méchant : le méchant pervertit les autres pour leur malheur.13Qui fait la sourde oreille à la clameur des faibles criera lui-même sans obtenir de réponse.14On apaise une colère par un présent discret, la fureur violente par un cadeau sous le manteau.15L’exercice du droit est une joie pour le juste ; c’est la terreur des malfaisants.16L’homme qui erre loin des voies de la raison ira reposer parmi les Ombres.17Qui aime faire la fête sera sans le sou, qui aime le vin et les parfums ne fera pas fortune.18Le méchant paiera pour le juste, et le fourbe, à la place des honnêtes gens.19Mieux vaut aller vivre au désert qu’avec une mégère acariâtre !20Dans la demeure du sage, abondance et trésor désirable ; l’insensé n’en fait qu’une bouchée !21Qui poursuit justice et fidélité trouvera la vie et la gloire !22Le sage a pris d’assaut une ville de héros, il en a rasé la citadelle, son lieu sûr.23Qui garde sa bouche et sa langue se garde lui-même de bien des angoisses.24L’orgueilleux, le prétentieux, a pour nom : « l’Insolent » ! Il n’agit que dans l’orgueil et l’excès.25Les désirs du paresseux le tuent, car ses mains refusent de passer à l’acte.26Au long du jour, il va de désir en désir, tandis que le juste donne sans compter.27Le sacrifice des méchants est une horreur, d’autant plus qu’ils le font dans un esprit perfide.28Le faux témoin périra ; seul peut parler l’homme qui a entendu.29Le méchant prend un air assuré ; l’homme droit, lui, avance de pied ferme.30Point de sagesse, point de raison, point de projet qui tienne en face du Seigneur !31On équipe son cheval pour le jour du combat, mais c’est le Seigneur qui détient la victoire.
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1Plus désirable un nom qu’une grande richesse, plus que l’or et l’argent, la faveur !2Un riche et un pauvre se rencontrent : l’un comme l’autre, le Seigneur les a faits.3Bien avisé qui voit le malheur et se met à l’abri ; l’étourdi passe outre, il le paiera.4Fruit de l’humilité : la crainte du Seigneur, et la richesse, et la gloire, et la vie !5Épines et embûches sur le chemin du pervers : qui tient à la vie s’en écarte.6Éduque un jeune à mesure de son développement : jamais il ne déviera, même l’âge venu.7Le riche a pouvoir sur les pauvres : le débiteur sera l’esclave de son créancier.8Qui sème la fraude récolte le malheur : le fléau de sa frénésie lui sera fatal.9Qui a bon cœur sera béni : il partage son pain avec le faible.10Chasse l’insolent, la querelle s’en va, affronts et procès prennent fin.11Qui s’attache à purifier son cœur a des paroles aimables, le roi est son ami.12Les yeux du Seigneur veillent sur le savoir, mais il réduit à rien les propos trompeurs.13Le paresseux dit : « Un lion dehors ! Si je sors, je suis mort ! »14Gouffre profond, la bouche de la femme d’un autre, y tombent ceux que réprouve le Seigneur !15La folie s’agrippe au cœur d’un jeune : le bâton de la correction lui fait lâcher prise.16Qui opprime le faible le rend fort, qui donne au riche se rend pauvre !17Tends l’oreille, écoute les paroles des sages, que ton cœur s’attache à mon savoir :18tu prendras plaisir à garder en toi ces paroles, toutes prêtes à venir sur tes lèvres.19Pour que ta confiance soit dans le Seigneur, je vais t’instruire aujourd’hui, toi aussi.20N’ai-je pas écrit pour toi trente chapitres pleins de conseils et de science,21afin que tu reconnaisses la parole vraie, que tu fasses un rapport sûr à celui qui t’envoie ?22Ne profite pas de la faiblesse du faible, n’écrase pas le pauvre au tribunal,23car le Seigneur plaidera leur cause, il ravira la vie de leurs ravisseurs.24Ne fréquente pas le coléreux, n’approche pas l’homme irascible ;25sinon, tu prendras leurs manières, tu seras pris au piège.26Ne sois pas de ceux qui disent : « Marché conclu ! » et se portent caution pour un emprunt :27si tu n’as pas de quoi rembourser, pourquoi risquer la saisie du lit où tu dors ?28Ne déplace pas une borne ancienne : ce sont tes ancêtres qui l’ont posée.29As-tu vu un homme habile à l’ouvrage ? C’est au service des rois qu’il a sa place, il ne l’a pas auprès des gens obscurs.
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1Si tu es à la table d’un grand, fais bien attention à ce qui est devant toi ;2mets un couteau sur ta gorge si tu es gourmand ;3ne lorgne pas les bons plats : en manger te décevra !4Ne cours pas après la richesse, qu’elle cesse de t’obséder !5L’as-tu suivie des yeux ? Elle a disparu ! Car elle se donne des ailes ; comme un aigle, elle s’envole vers le ciel !6Ne partage pas le pain de l’envieux, ne lorgne pas ses bons plats !7Car il calcule tout, il est ainsi fait ; il te dit : « Mange et bois ! », mais il n’est pas de cœur avec toi.8La bouchée sitôt avalée, tu vas la vomir, et tu en seras pour tes compliments !9À l’oreille d’un sot ne dis mot : il n’a que mépris pour tes paroles sensées !10Ne déplace pas une borne ancienne, n’empiète pas sur la terre des orphelins11car leur Défenseur est puissant, il plaiderait leur cause contre toi.12Dispose ton cœur à l’instruction et tes oreilles aux paroles du savoir.13N’hésite pas à corriger ton garçon, il ne va pas mourir pour des coups de baguette !14Toi, par des coups de baguette, c’est de la tombe que tu le sauveras !15Mon fils, si tu as le cœur sage, mon cœur à moi se réjouira,16et j’exulterai de tout mon être quand tes lèvres parleront avec droiture.17Que ton cœur n’envie pas les pécheurs, mais qu’il reste tout le jour dans la crainte du Seigneur :18il y a, certes, un avenir, tu n’auras pas espéré en vain.19Et toi, mon fils, écoute et sois un sage ; garde ton cœur dans le droit chemin !20Ne sois pas de ceux qui s’enivrent et qui font bonne chère,21car l’ivrogne et le glouton courent à la ruine ; ils se réveillent un jour vêtus de haillons.22Écoute ton père, c’est lui qui t’a engendré ; ne méprise pas ta mère en ses vieux jours.23– Achète la vérité, ne la vends jamais ! De même, la sagesse, l’instruction, l’intelligence ! –24Il exulte, le père d’un homme juste ; celui qui engendre un sage est comblé de joie.25Que se réjouissent ton père et ta mère, qu’elle exulte, celle qui t’a donné le jour !26Donne-moi ton cœur, mon fils ; que tes yeux suivent mes pas !27La prostituée est un gouffre profond, l’étrangère est un puits dont on ne peut sortir.28Elle aussi, comme un voleur, est aux aguets, multipliant les perfidies entre les hommes.29Pour qui les « Aïe ! » ? Pour qui les « Hou-là-là ! » ? Pour qui les querelles ? Pour qui les soupirs ? Pour qui les coups à tort et à travers ? Pour qui le regard trouble ?30Pour ceux qui perdent leur temps à s’enivrer, à courir après les boissons fortes !31Ne lorgne pas le vin qui rougeoie, si beaux que soient ses reflets dans la coupe, car il va droit au but :32il finit par mordre comme un serpent, il pique comme une vipère ;33tes yeux verront d’étranges choses, tu diras des absurdités,34tu seras comme pris du mal de mer comme à la dérive tout en haut d’un mât :35« On m’a frappé, mais je n’ai pas mal, on m’a battu, mais je ne sais plus… Quand vais-je me réveiller ? J’en redemanderai encore ! »
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1N’envie pas les méchants, ne rêve pas d’être avec eux,2car ils n’ont dans le cœur que violence et sur les lèvres, des paroles menaçantes.3Avec la sagesse on se bâtit une maison, avec l’intelligence on la rend solide,4avec du savoir-faire on remplit les pièces de mille biens précieux et beaux.5Au sage appartient la force, celui qui a l’expérience augmente son pouvoir.6C’est en bon stratège que tu dois mener la guerre : élargis ton conseil et tu réussiras !7La sagesse vole trop haut pour le fou : au conseil de la cité, il ne dit mot.8Qui fait le mal avec préméditation mérite le nom de roi des rusés.9Le fou n’a de ruse que pour le péché ; l’insolent, les gens l’ont en horreur.10Tu faiblis aux jours difficiles ? Difficile de croire à ta force !11Sauve les condamnés à mort, fais grâce à ceux qu’on traîne au supplice.12Tu oses dire : « Eh oui, nous ne savions pas. » Mais Celui qui pèse les cœurs, ne comprend-il pas ? Celui qui observe ton âme, il sait, lui ; il rendra à chacun selon ses actes.13Mange du miel, mon fils, c’est très bon, un vrai nectar, douceur pour ton palais !14Ainsi en sera-t-il pour ton âme, si tu goûtes à la sagesse : si tu la trouves, tu auras un avenir, tu n’auras pas espéré en vain.15Ne guette pas le domaine du juste, ne ravage pas sa propriété.16Car le juste tombe sept fois mais se relève, alors que les méchants s’effondrent dans le malheur.17Si ton ennemi tombe, ne te réjouis pas ; s’il s’effondre, ne jubile pas :18le Seigneur verrait cela d’un mauvais œil et détournerait de lui sa colère !19Ne t’indigne pas à la vue des malfaiteurs, ne jalouse pas les méchants,20car le mauvais n’a pas d’avenir : la lampe des méchants s’éteindra.21Crains le Seigneur, mon fils, et aussi le roi, ne fréquente pas le contestataire,22car soudain surgira son désastre ; l’échec que les deux lui réservent, qui le sait ?23Voici encore ce que disent les Sages : Être partial dans un jugement, ce n’est jamais bon !24Quiconque dit au coupable : « Tu es innocent » sera vilipendé par la foule, honni par les nations.25Mais à ceux qui sanctionnent, on saura gré ; sur eux viendra une heureuse bénédiction.26Il donne un vrai baiser, celui qui répond franchement.27Assure au-dehors ton travail, mène-le à bien dans ton champ ; ensuite, tu construiras ta maison.28Ne charge pas sans preuve ton prochain : tes lèvres seraient-elles trompeuses ?29Ne dis pas : « Il me l’a fait, je le lui ferai : je rendrai à chacun selon ses actes ! »30Je suis passé près du champ d’un paresseux, près de la vigne d’un homme écervelé.31Voici que des broussailles avaient poussé partout, le sol était couvert de ronces, la murette en pierres était par terre.32Voyant cela, moi, je réfléchis ; je regarde et j’en tire une leçon :33un somme par-ci, une sieste par-là, s’allonger un moment, se croiser les bras,34et voilà que survient la pauvreté qui rôdait, la misère, comme un garde bien armé.
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1Voici encore des proverbes de Salomon, que transcrivirent les gens d’Ézékias, roi de Juda.2La gloire de Dieu, c’est de voiler ; la gloire des rois, c’est de scruter.3Et le ciel en sa hauteur, et la terre en sa profondeur, et le cœur des rois, nul ne peut les scruter.4Ôte les scories de l’argent, il en sortira un vase d’orfèvre ;5ôte la corruption de l’entourage du roi, son trône s’affermira dans la justice.6Ne cherche pas à briller devant le roi, ne te mets pas à la place des grands ;7mieux vaut que l’on te dise : « Monte ici », plutôt que d’être rabaissé devant un prince. Ce que tu as vu de tes yeux,8ne te presse pas d’en faire état dans un procès : sinon, comment mettre un point final aux accusations de ton adversaire ?9Vide ta querelle avec ton adversaire, sans divulguer les confidences d’un tiers :10sinon, qui le saura te fera honte, et cet affront sera sans appel.11Pommes d’or incrustées d’argent, la parole dite à point nommé.12Anneau d’or, collier d’or pur, la critique du sage pour l’oreille attentive.13Fraîcheur de neige un jour de moisson, tel est le messager fidèle, pour qui l’envoie, vrai réconfort pour son maître !14Des nuages et du vent, mais point de pluie : tel est l’homme qui promet monts et merveilles !15À force de patience on peut fléchir un juge : une langue délicate peut broyer un os.16Tu as trouvé du miel ? Manges-en à ta faim ! Si tu t’en gaves, tu le vomiras.17Ne va pas trop souvent chez ton voisin ! Si tu exagères, il te haïra.18Coup de massue, poignard, flèche acérée, le faux témoignage qui vient d’un ami !19Dent qui branle, pied qui flanche, le secours d’un traître au jour mauvais.20C’est retirer le manteau un jour de gel, verser du vinaigre sur une plaie, que de chanter des chansons à qui va mal !21Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger ; s’il a soif, donne-lui de l’eau à boire ;22ce sont des braises que tu places sur sa tête, et le Seigneur te le rendra.23Le vent du nord est gros de la pluie ; parler à mots couverts fait monter la colère.24Mieux vaut loger dans un coin de terrasse que partager sa maison avec une mégère.25De l’eau fraîche pour une gorge sèche, les bonnes nouvelles d’un pays lointain.26Une source trouble, une fontaine polluée, le juste qui perd pied devant un méchant.27Manger du miel tant et plus, ce n’est pas bon ; courir après la gloire, non plus.28Ville éventrée, sans rempart, l’homme qui ne maîtrise pas ses humeurs !
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1Pas plus que neige en été ou pluie à la moisson, la gloire ne convient à un sot.2Comme un battement d’ailes, comme un envol d’hirondelles, maudire sans raison ne mène à rien.3Un fouet pour le cheval, une bride pour l’âne, tel le bâton pour l’échine des sots !4Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, sinon tu vas lui ressembler, toi aussi !5Réponds à l’insensé selon sa folie, sinon il va se prendre pour un sage !6Il en aura les bras coupés, l’injure à la bouche, celui qui confie une mission à l’insensé.7Elles vont de travers, les jambes du boiteux, comme un proverbe dans la bouche du sot.8Autant bloquer le caillou dans la fronde que de faire honneur à un sot.9Le harpon que brandit un ivrogne, ainsi le proverbe dans la bouche d’un sot.10C’est beaucoup de blessures pour tous que d’embaucher l’insensé ou le premier venu.11Comme le chien retourne à son vomi, l’insensé revient à ses folies.12As-tu vu quelqu’un qui se prend pour un sage ? D’un sot, tu peux attendre davantage.13Le paresseux dit : « Il y a un fauve sur le chemin, un lion qui rôde par les rues ! »14La porte tourne sur ses gonds, le paresseux se retourne sur son lit.15Le paresseux plonge sa main dans le plat : quel effort pour la ramener à sa bouche !16Le paresseux se croit plus sage que sept qui répondraient à bon escient.17Il attrape un chien par les oreilles, celui qui se mêle des querelles d’autrui.18Comme un homme qui fait le fou et lance des brandons et des flèches de mort,19ainsi l’homme qui trompe son prochain, et puis déclare : « Mais je plaisantais ! »20Quand le bois vient à manquer, le feu s’éteint ; faute de calomniateur, cesse la querelle.21Du charbon sur les braises, du bois sur le feu : ainsi l’homme querelleur attise le procès.22Les mots du calomniateur, quel régal ! On s’en délecte jusqu’au plus profond.23Scories d’argent plaquées sur un tesson, des lèvres de feu avec un cœur mauvais !24L’ennemi se cache derrière ses lèvres, il dissimule, au fond de lui, sa tromperie.25Au charme de sa voix ne te fie pas, il a, dans le cœur, sept projets abominables.26Sa ruse a beau cacher sa haine, sa malice apparaîtra au grand jour.27Qui creuse une fosse y tombera, qui fait rouler une pierre la verra revenir sur lui.28Langue menteuse a de la haine pour ses victimes, bouche mielleuse mène à la ruine.
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1Ne te félicite pas du lendemain, tu ne sais pas ce qu’aujourd’hui va enfanter.2Qu’un autre te loue, mais pas ta bouche, n’importe qui, mais pas tes lèvres !3Ça pèse, la pierre, c’est lourd, le sable, plus lourd encore, les humeurs d’un sot !4La rage est sans pitié, la colère, impétueuse ; mais qui tiendra devant la jalousie ?5Mieux vaut franche critique qu’amitié hypocrite !6Un ami donne des coups loyalement ; les baisers de l’ennemi sont trompeurs.7Ventre repu fait fi du miel ; à ventre affamé tout est doux, même le fiel !8Comme l’oiseau migrant loin de son nid, ainsi va l’émigré loin de chez lui.9Baumes et parfums mettent le cœur en joie : la douceur de l’ami l’emporte sur les rêves.10Ne laisse pas tomber ton ami, ni l’ami de ton père ; ne va pas chez ton frère le jour où tu es ruiné : mieux vaut proche voisin que frère lointain !11Sois un sage, mon fils, pour ma plus grande joie, et j’aurai de quoi répondre à qui m’insulte.12Bien avisé qui voit le malheur et se met à l’abri ; l’étourdi passe outre, il le paiera.13Quelqu’un s’est-il porté garant pour un tiers, saisis son manteau ; s’il l’a fait pour des étrangers, prends-lui un gage !14Bénir un ami, tôt matin, à grands cris ? Autant le maudire !15La gouttière qui ne cesse de couler un jour de pluie et l’épouse querelleuse, c’est tout un :16autant vouloir retenir le vent ou prendre de l’huile avec ses doigts !17Le fer s’aiguise avec le fer, et l’homme s’aiguise à rencontrer son prochain !18Qui soigne son figuier en mangera les fruits, qui veille sur son maître en recevra l’honneur.19Comme un visage voit son reflet dans l’eau, ainsi l’homme se voit-il en son cœur.20Le séjour des morts et l’abîme sont insatiables, les yeux de l’homme aussi sont insatiables !21On éprouve l’argent au creuset, l’or au fourneau, et l’homme par la bouche de qui fait son éloge.22Quand tu pilerais le sot dans un mortier, au milieu du grain, avec le pilon, sa sottise ne se détacherait pas de lui !23Juge bien de la mine de tes moutons, et prends soin de tes troupeaux,24car la richesse n’est pas éternelle ni les trésors assurés d’âge en âge !25On fauche le foin, le regain apparaît, on ramasse l’herbe des montagnes :26les brebis te paieront le vêtement, les boucs, le prix d’un champ ;27le lait de chèvre suffira à te nourrir, à nourrir ta maison, faire vivre tes servantes.
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1Le coupable s’enfuit quand nul ne le poursuit, les innocents ont l’assurance des lions.2Quand le pays se révolte, les chefs sont légion ; vienne un homme de bon sens et d’expérience, l’ordre règne.3Un homme pauvre qui exploite les faibles, c’est le déluge : plus rien à manger !4Ceux qui rejettent la loi font l’éloge du méchant, ceux qui observent la loi leur font la guerre.5La racaille ne comprend rien au droit ; qui cherche le Seigneur comprendra tout !6Mieux vaut un pauvre à la conduite intègre qu’un homme tortueux et louvoyant, même riche !7Qui garde la loi est un fils intelligent ; qui s’encanaille fait la honte de son père.8Qui accroît son bien par usure et intérêts amasse pour qui aura pitié des faibles.9Qui fait la sourde oreille à la loi, sa prière n’inspirera que dégoût.10Qui égare les gens honnêtes sur la voie du mal tombera lui-même dans son piège ; les gens intègres hériteront le bonheur.11Il se prend pour un sage, l’homme riche, mais un faible, perspicace, le démasque !12Le triomphe des justes, on le fête avec éclat ; que surgissent des méchants : plus personne !13Qui cache ses fautes ne réussira pas ; qui les avoue et s’en détourne obtiendra miséricorde.14Heureux l’homme qui reste vulnérable ! Qui endurcit son cœur tombera dans le malheur !15Un lion qui rugit, un ours qui charge, ainsi le criminel qui domine un peuple faible !16Moins le prince est malin, plus il est rapace ! Qui renonce à ses intérêts verra de longs jours.17Un homme traqué par le sang qu’il a versé fuira jusqu’à la tombe : n’allez pas le retenir !18Qui marche droit sera sauvé ; qui louvoie entre deux routes sur l’une des deux tombera !19Qui travaille sa terre aura du pain à satiété ; qui poursuit des chimères aura de la misère à satiété !20Un homme de confiance est comblé de bénédictions. Courir après la fortune n’a rien d’innocent.21Être partial dans un jugement n’est jamais bon ; pour une bouchée de pain, un homme s’en rend coupable.22L’envieux louche sur la fortune sans voir que l’indigence s’abat sur lui !23On finit par aimer l’homme qui ose critiquer bien plus que l’homme à la langue mielleuse !24Qui met son père et sa mère sur la paille en disant : « Ce n’est pas ma faute ! » n’est rien d’autre qu’un brigand.25Qui donne libre cours à ses envies provoque des querelles, qui se fie au Seigneur sera comblé !26Ne se fier qu’à soi-même, c’est folie ! Seul le chemin de la sagesse permet d’en réchapper.27Qui donne au pauvre ne manquera de rien ; qui détourne les yeux sera chargé de malédictions.28Quand surgissent les méchants, on se cache ; quand ils périssent, nombreux sont les justes !
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1Qui raidit la nuque sous la critique sera brisé, soudain, sans appel !2Quand se multiplient les justes, le peuple est en joie ; sous la domination des méchants, il gémit.3Qui a la sagesse pour amie réjouit son père ; qui fréquente les prostituées y perdra son bien.4Un roi qui fait justice affermit le pays ; rapace, il le ruinera.5Flatter son prochain, c’est tendre un filet sous ses pas !6Piège pour le méchant, sa révolte ! Bonheur et joie pour le juste !7Le juste connaît la cause des faibles, le méchant l’ignore.8Les provocateurs embrasent la cité, les sages font retomber la colère.9Le sage est-il en procès avec un fou, qu’on se fâche ou plaisante, plus moyen d’avoir la paix !10Les meurtriers haïssent l’homme intègre, les honnêtes gens ne lui veulent que du bien.11L’insensé à toute heure exprime ses humeurs, le sage a du recul et les tempère.12Quand le maître prête l’oreille aux mensonges, tous les serviteurs tournent mal.13Le pauvre et l’exploiteur se rencontrent : à tous deux, le Seigneur donne la lumière !14Le roi qui rend justice aux faibles selon la vérité ne cesse d’affermir son trône.15Coups de bâton et remontrances procurent la sagesse ; un jeune, renvoyé, fait la honte de sa mère.16Plus les méchants se multiplient, plus le crime prolifère, mais les justes seront témoins de leur chute.17Corrige ton fils, il te donnera du repos, il fera tes délices !18Faute de prophétie, le peuple se relâche ; heureux celui qui observe la loi !19Pour corriger un serviteur, la parole ne suffit pas, car il comprend mais n’obtempère pas.20As-tu vu quelqu’un qui parle à tout propos ? D’un sot, tu peux attendre davantage.21Qui gâte un serviteur en son jeune âge n’en fera qu’un insolent.22Un coléreux provoque des querelles, un fou furieux multiplie les crimes.23L’orgueil d’un homme l’humiliera, l’esprit humble obtiendra la gloire.24Le complice d’un voleur met sa vie en danger, si, appelé à témoigner, il ne le dénonce pas.25Les peurs d’un homme lui sont autant de pièges : qui se fie au Seigneur reste hors d’atteinte.26Beaucoup recherchent la faveur d’un chef, mais c’est du Seigneur que chacun tient son droit.27Les justes ont horreur des gens pervers, le méchant a horreur de qui marche droit.
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1Paroles d’Agour, fils de Yaqé, de Massa. Oracle de cet homme pour Ytiel, pour Ytiel et Oukal.2Oui, je suis le plus stupide des hommes, aucune intelligence humaine en moi :3je n’ai pas étudié la sagesse, mais la science du Dieu saint, je la connais.4Qui est monté au ciel et en est descendu ? Qui a retenu le vent au creux de sa main ? Qui a serré les eaux dans son manteau ? Qui a fixé toutes les limites de la terre ? Quel est son nom ? Quel est le nom de son fils ? Sans doute, tu le sais !5Toute parole de Dieu est éprouvée au feu ; il est un bouclier pour qui s’abrite en lui.6N’ajoute rien à ce qu’il dit : il te le reprocherait comme un mensonge.7Seigneur, je n’ai que deux choses à te demander, ne me les refuse pas avant que je meure !8Éloigne de moi mensonge et fausseté, ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi seulement ma part de pain.9Car, dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur, qui est-ce ? » Ou alors, la misère ferait de moi un voleur, et je profanerais le nom de mon Dieu !10Ne calomnie pas devant son maître un serviteur, il te maudirait, et tu en porterais la faute.11Quelle génération ! Ils maudissent leur père et ne bénissent pas leur mère.12Quelle génération ! Ils se croient purs et ne balaient pas devant leur porte.13Quelle génération ! Ils prennent un air supérieur et vous regardent de haut.14Quelle génération ! Ils ont des dents comme des épées, des mâchoires comme des scies pour dévorer les pauvres du pays, retrancher les malheureux d’entre les humains.15La sangsue a deux filles, « Apporte » et « Apporte », cela fait trois insatiables et quatre encore qui ne diront jamais « Assez ! » :16le séjour des morts et le ventre stérile, la terre jamais gorgée d’eau, et le feu qui ne dit jamais « Assez ! »17L’œil qui toise un père, qui dédaigne d’obéir à une mère, les corbeaux du torrent le crèveront, les vautours le dévoreront.18Il y a trois merveilles qui me dépassent, quatre dont je ne sais rien :19le chemin de l’aigle dans le ciel, le chemin du serpent sur le rocher, le chemin du navire en haute mer et le chemin de l’homme chez la jeune fille.20Et puis il y a le chemin de la femme adultère : comme si, après y avoir goûté, elle pouvait s’essuyer la bouche et déclarer : « Je n’ai rien fait de mal ! »21Il y a trois causes aux tremblements de terre, quatre situations que la terre ne peut supporter :22un esclave qui se prend pour le roi, un abruti, la panse pleine,23une peste qui trouve un mari et une servante qui supplante sa maîtresse.24Il y en a quatre, tout petits sur la terre, mais sages entre les sages :25les fourmis, race bien faible, qui font en été leurs provisions ;26les damans, race chétive, qui, dans le rocher, se font un gîte ;27point de roi chez les sauterelles, mais elles avancent toutes en bon ordre ;28le lézard, on l’attrape à la main, mais il est chez lui au palais du roi.29Il y en a trois qui ont fière allure, quatre dont la démarche est superbe :30le lion, le plus vaillant des animaux, qui ne recule devant rien,31le coq sur ses ergots, et le bouc, enfin, le roi, à la tête de son armée.32Si tu t’es emporté sottement, et si tu t’en rends compte, mets la main sur ta bouche !33Car, du lait battu, sort du beurre ; d’un coup sur le nez, sort du sang ; d’un coup de colère, sort un procès.
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1Paroles de Lemouël, roi de Massa, instruit par sa mère.2Non, mon fils, non, fils de mes entrailles, non, fils de mes vœux !3Ne livre pas aux femmes ta vigueur, ta conduite à celles qui perdent les rois !4Jamais les rois, Lemouël, jamais les rois ne doivent boire de vin, ni les princes de boissons fortes,5de peur qu’en buvant ils n’oublient les lois et ne lèsent tous les miséreux de leurs droits.6Donne une boisson forte à qui va mourir, du vin à qui trouve la vie trop amère :7qu’il boive et qu’il oublie sa misère, qu’il cesse de remâcher ses tourments !8Prends la parole en faveur du muet, pour la cause de tous les affligés ;9prends la parole et dis le droit pour la cause du pauvre et du malheureux !10Aleph — Une femme parfaite, qui la trouvera ? Elle est précieuse plus que les perles !11Beth — Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources.12Gimel — Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine, tous les jours de sa vie.13Daleth — Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers.14Hé — Elle est comme les navires marchands, faisant venir ses vivres de très loin.15Waw — Elle est debout quand il fait encore nuit pour préparer les repas de sa maison et donner ses ordres aux servantes.16Zaïn — A-t-elle des visées sur un champ ? Elle l’acquiert. Avec le produit de son travail, elle plante une vigne.17Heth — Elle rayonne de force et retrousse ses manches !18Teth — Elle s’assure de la bonne marche des affaires, sa lampe ne s’éteint pas de la nuit.19Yod — Elle tend la main vers la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau.20Kaph — Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux.21Lamed — Elle ne craint pas la neige pour sa maisonnée, car tous les siens ont des vêtements doublés.22Mem — Elle s’est fait des couvertures, des vêtements de pourpre et de lin fin.23Noun — Aux portes de la ville, on reconnaît son mari siégeant parmi les anciens du pays.24Samek — Elle fabrique de l’étoffe pour la vendre, elle propose des ceintures au marchand.25Aïn — Revêtue de force et de splendeur, elle sourit à l’avenir.26Pé — Sa bouche s’exprime avec sagesse et sa langue enseigne la bonté.27Çadé — Attentive à la marche de sa maison, elle ne mange pas le pain de l’oisiveté.28Qoph — Ses fils, debout, la disent bienheureuse et son mari fait sa louange :29Resh — « Bien des femmes ont fait leurs preuves, mais toi, tu les surpasses toutes ! »30Shine — Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange.31Taw — Célébrez-la pour les fruits de son travail : et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

Traduction liturgique de la Bible — AELF, https://www.aelf.org/bible

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