Les quatre vertus cardinales : les gonds de la vie chrétienne

Le mot vertu sonne mal à nos oreilles. Il évoque la leçon de morale, le doigt levé, une certaine raideur un peu triste. On imagine volontiers l'homme vertueux comme celui qui se prive, et la vertu comme une liste d'interdits bien tenue.
C'est un contresens complet. La vertu ne dit pas ce qu'il faut faire, mais ce qu'il faut devenir. Elle ne relève pas du règlement, mais de la croissance. Et parmi toutes les vertus, quatre occupent une place si décisive que la tradition les appelle cardinales : la prudence, la justice, la force et la tempérance. Cet article propose de les regarder de près, non comme des concepts, mais comme ce qu'elles sont, c'est-à-dire les quatre points d'appui sur lesquels une vie tient debout.
Qu'est-ce qu'une vertu ?
Une disposition, non un acte isolé
Le Catéchisme de l'Église catholique donne une définition d'une grande sobriété : la vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien. Chacun des trois mots compte. Disposition, et non pas acte : un homme qui dit une fois la vérité n'est pas encore véridique. Habituelle : la vertu est le fruit d'une répétition qui a fini par façonner celui qui la pratique. Ferme : elle tient sous la pression, quand il en coûte.
Autrement dit, la vertu est une seconde nature. Le musicien qui a longtemps travaillé ses gammes ne joue plus en y pensant : il joue juste parce qu'il est devenu quelqu'un qui joue juste. L'homme vertueux fait le bien de la même manière, non par effort crispé à chaque occasion, mais parce que le bien lui est devenu connaturel. La vertu procure d'ailleurs, dit encore le Catéchisme, facilité, maîtrise et joie dans la conduite d'une vie bonne. La joie n'est pas un supplément décoratif : elle est le signe que la vertu est bien installée.
Ce que la vertu n'est pas
Il faut donc écarter deux caricatures. La vertu n'est pas le moralisme, qui juge les actes un à un sans se soucier de la personne qui les pose. Elle n'est pas davantage le simple respect des règles : on peut obéir à toutes les règles par peur, par intérêt ou par conformisme, sans avoir avancé d'un pas. La question de la vertu n'est pas « qu'ai-je le droit de faire ? », mais « quel homme suis-je en train de devenir ? ».
Vertus humaines et vertus théologales
La tradition distingue deux familles. Les vertus humaines, ou morales, s'acquièrent par l'éducation, les actes délibérés et la persévérance ; elles perfectionnent l'intelligence et la volonté, ordonnent les passions et guident la conduite. Les vertus théologales (la foi, l'espérance et la charité) sont d'un autre ordre : elles sont infusées par Dieu, ont Dieu lui-même pour objet et rendent l'homme capable de vivre en relation avec la Trinité. Les quatre vertus cardinales appartiennent à la première famille. Nous verrons plus loin que cela ne les laisse pas pour autant hors de la grâce.
Pourquoi les appelle-t-on « cardinales » ?
Le gond de la porte
L'adjectif vient du latin cardo, qui désigne le gond, le pivot. L'image est parlante : une porte, si lourde soit-elle, tourne tout entière sur deux petites pièces de métal. Ôtez le gond, et la porte n'est plus qu'un panneau inerte. Ainsi de ces quatre vertus : toutes les autres s'articulent autour d'elles. La patience et la persévérance se rattachent à la force ; la gratitude et la véracité, à la justice ; l'humilité et la douceur, à la tempérance. Elles ne sont pas quatre vertus parmi d'autres, mais les quatre axes autour desquels le reste pivote.
Une découverte de la raison, avant la Révélation
Fait remarquable, et lourd de conséquences : ces quatre vertus n'ont pas été révélées. Elles ont été découvertes. C'est Platon qui, dans La République, opère le premier regroupement, en associant sagesse, courage et tempérance aux parties de l'âme, la justice naissant de leur juste articulation. Aristote les approfondit dans l'Éthique à Nicomaque, les stoïciens en font le cœur de leur morale, Cicéron les transmet au monde latin. On les retrouve aussi dans le judaïsme de langue grecque, chez Philon d'Alexandrie et dans le quatrième livre des Maccabées.
Cela veut dire qu'un païen honnête, sans Bible ni baptême, a pu identifier les points d'appui de la vie morale par la seule lumière de sa raison. C'est un argument que l'apologétique aurait tort de négliger : il existe une morale accessible à tout homme, ce que la tradition appellera la loi naturelle. La foi ne vient pas remplacer cette découverte ; elle vient l'accomplir et la guérir.
L'Écriture les nomme
L'Écriture, de son côté, ne les ignore pas. Le livre de la Sagesse les énumère explicitement, et c'est ce verset que le Catéchisme cite lorsqu'il présente les vertus cardinales :
Veut-on devenir juste ?
Les labeurs de la Sagesse produisent les vertus :
elle enseigne la tempérance et la prudence,
la justice et la force d'âme,
et rien n'est plus utile aux hommes dans l'existence.
Le rapprochement est saisissant. Ce que la philosophie grecque avait mis des siècles à dégager, un livre sapientiel l'attribue à la Sagesse elle-même, c'est-à-dire à Dieu. Sous d'autres noms, ces quatre attitudes traversent d'ailleurs toute l'Écriture, des Proverbes aux épîtres de saint Paul.
Saint Ambroise et l'entrée dans la tradition chrétienne
C'est à saint Ambroise, évêque de Milan au IVe siècle, que l'on attribue l'usage du terme et la fixation de la liste dans la morale chrétienne, notamment dans son traité Des devoirs des ministres. Saint Augustin, son contemporain, opérera le geste décisif en rattachant les quatre vertus à l'amour de Dieu : pour lui, elles ne sont au fond que quatre manières d'aimer Dieu, à savoir l'aimer sans partage, l'aimer sans se laisser abattre, n'obéir qu'à lui, et veiller à ne pas se laisser tromper. Saint Thomas d'Aquin, au XIIIe siècle, en donnera l'exposé le plus complet dans la Somme théologique.
La prudence, cocher des vertus
Ce qu'elle est
La prudence est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien et à choisir les moyens justes de l'accomplir. Reprenant Aristote, saint Thomas la définit d'une formule dense : elle est la droite règle de l'action. Elle ne porte donc pas sur les principes généraux (savoir qu'il faut être juste ne demande pas la prudence), mais sur le passage du principe à l'acte concret, ici, maintenant, dans cette situation qui ne ressemble à aucune autre.
Ce qu'elle n'est pas
Aucune des quatre vertus n'a autant souffert du glissement du vocabulaire. En français courant, être prudent, c'est ralentir, hésiter, éviter le risque. La vertu de prudence n'est rien de tel. Le Catéchisme prend soin de le préciser : elle ne se confond ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation. Deux contrefaçons la guettent donc, aux extrémités opposées.
D'un côté, la fausse prudence du timoré, qui ne décide jamais et baptise sa peur du nom de sagesse. De l'autre, celle du habile, qui excelle à trouver les moyens mais les met au service d'une fin mauvaise : c'est la ruse, que la tradition appelle prudence de la chair. Le prudent véritable, lui, décide, et il décide bien. Un homme prudent peut fort bien prendre un risque considérable, si le discernement le lui commande. Les martyrs n'ont pas manqué de prudence.
Les trois temps de l'acte prudent
Saint Thomas décompose l'acte prudent en trois moments, et cette analyse reste d'une justesse pratique remarquable. D'abord le conseil : on recueille l'information, on consulte, on se souvient de l'expérience passée. Ensuite le jugement : on pèse et l'on tranche entre les possibilités. Enfin le commandement : on exécute. C'est ce troisième temps qui est proprement l'acte de la prudence, et c'est aussi celui où l'on échoue le plus souvent. Beaucoup savent délibérer ; beaucoup savent juger ; moins nombreux sont ceux qui, ayant jugé, agissent.
Pourquoi elle commande les autres
La tradition la surnomme auriga virtutum, le cocher des vertus. Sans elle, les trois autres partent à l'aveugle. Le courage sans prudence devient témérité ; la justice sans prudence devient rigorisme ; la tempérance sans prudence devient scrupule. C'est la prudence qui, dans chaque cas, fixe la mesure. Elle est aussi ce qui guide immédiatement le jugement de la conscience, ce qui la rend, très concrètement, indispensable à quiconque veut agir bien et non pas seulement vouloir le bien.
La justice, rendre à chacun son dû
La définition classique
La justice est la volonté constante et ferme de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. Le droit romain l'avait formulée d'une expression restée célèbre : à chacun le sien. Contrairement à la prudence, qui perfectionne l'intelligence, la justice perfectionne la volonté. Elle n'est pas d'abord une affaire de sentiment : on peut être juste envers quelqu'un qu'on n'aime pas, et c'est même précisément là qu'elle se prouve.
La justice envers Dieu : la vertu de religion
Ce point est souvent oublié, et il est capital. La justice ne concerne pas seulement nos rapports entre hommes. Le premier créancier, si l'on peut parler ainsi, c'est Dieu : nous lui devons tout, à commencer par l'existence. La justice rendue à Dieu porte un nom, la vertu de religion. Prier, rendre un culte, sanctifier le dimanche ne relèvent donc pas d'abord du sentiment religieux ni du goût personnel : ce sont des actes de justice. On ne prie pas parce qu'on en éprouve l'envie, mais parce que c'est dû.
La justice envers le prochain
Envers les hommes, la justice dispose à respecter les droits de chacun et à établir dans les relations humaines l'harmonie qui favorise l'équité. Elle se déploie sur plusieurs plans : la justice commutative, qui règle les échanges entre particuliers ; la justice distributive, qui règle ce que la communauté doit à ses membres ; la justice légale, qui règle ce que chacun doit au bien commun. C'est de cette architecture que naîtra toute la doctrine sociale de l'Église.
Ce que la charité ne remplace pas
Une confusion fréquente veut que la charité dispense de la justice, comme si la générosité pouvait tenir lieu d'équité. C'est l'inverse. On ne fait pas l'aumône avec un bien mal acquis ; on ne compense pas un salaire injuste par des gestes aimables. La justice est le seuil, la charité va au-delà, mais on ne va au-delà d'un seuil qu'après l'avoir franchi. Un homme généreux et injuste n'est pas un homme charitable : c'est un homme qui achète sa tranquillité.
La force, tenir dans la difficulté
Ce qu'elle est
La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles. Elle rend capable de vaincre la peur, jusqu'à la peur de la mort, et dispose à aller, s'il le faut, jusqu'au sacrifice de sa vie pour une juste cause. Son domaine propre est l'affectivité devant le danger : elle gouverne la peur, qui paralyse, et l'audace, qui emporte.
Attaquer et supporter
Saint Thomas distingue dans la force deux actes : attaquer et supporter. Le premier est spectaculaire, le second est ordinaire. Or c'est le second, dit-il, qui est le plus difficile et le plus proprement courageux. Attaquer mobilise l'élan, l'adrénaline, la brièveté de l'assaut. Supporter demande de tenir dans la durée, sans public, sans issue visible, quand la situation ne peut être ni fuie ni résolue. La maladie longue, le deuil, la fidélité dans un engagement devenu aride, le travail obscur : c'est là que la force se déploie le plus véritablement, et c'est pourquoi la patience et la persévérance sont ses filles.
Le martyre, acte suprême
La tradition tient le martyre pour l'acte le plus parfait de la vertu de force, parce qu'il assume la perte du bien le plus élevé de l'ordre naturel (la vie) au nom d'un bien supérieur. On notera que le martyr ne cherche pas la mort : il la subit plutôt que de renier. C'est là toute la différence entre le courage et le goût du risque.
Entre lâcheté et témérité
La force se tient entre deux défaillances. La lâcheté cède devant la peur ; la témérité s'expose sans raison. Il faut y ajouter une troisième contrefaçon, plus subtile : l'insensibilité de celui qui ne craint rien parce qu'il ne mesure rien. Le courage n'est pas l'absence de peur, mais la juste conduite de la peur. Celui qui n'a jamais tremblé n'est pas courageux : il est distrait.
La tempérance, la maîtrise de soi
Ce qu'elle est
La tempérance est la vertu morale qui modère l'attrait des plaisirs et procure l'équilibre dans l'usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l'honnêteté. Son domaine est celui de l'attirance, comme celui de la force est celui de la crainte : les deux vertus gouvernent l'affectivité, l'une devant ce qui repousse, l'autre devant ce qui attire.
Bien plus que la nourriture et la boisson
On réduit trop souvent la tempérance à la sobriété de table. Elle est infiniment plus large. Elle règle l'usage de l'argent, du temps, du travail, de la parole, de l'image de soi, du plaisir sous toutes ses formes. À l'époque du défilement infini et de la sollicitation permanente, elle est peut-être la vertu la plus urgente et la moins pratiquée. Ses filles le montrent bien : l'humilité, qui modère le désir de sa propre excellence ; la douceur, qui modère la colère ; la chasteté, qui ordonne le désir sexuel ; la modestie et la sobriété.
Non le mépris des biens créés
Un malentendu doit être écarté avec fermeté. La tempérance ne dit pas que les biens créés sont mauvais, ni que le plaisir est suspect. Le christianisme n'est pas un manichéisme : la création est bonne, le corps est bon, et le plaisir est un bien réel. La tempérance ne combat pas le plaisir, elle le remet à sa place, au service de la personne, et non l'inverse. L'intempérant n'est pas celui qui jouit trop, mais celui qui n'est plus libre. La tempérance est une vertu de liberté, pas de privation.
Quatre vertus d'un coup d'œil
Le tableau suivant récapitule ce qui précède : ce que chaque vertu gouverne en nous, les vertus secondaires qui s'articulent autour d'elle, et les contrefaçons dont il faut la distinguer.
| Vertu | Ce qu'elle règle en nous | Vertus qui s'y rattachent | Ce qu'elle n'est pas |
| Prudence | La raison pratique : le jugement qui précède l'acte | Conseil, docilité, circonspection, prévoyance | Ni timidité, ni ruse calculatrice |
| Justice | La volonté, dans son rapport à Dieu et au prochain | Religion, piété filiale, gratitude, véracité, générosité | Ni légalisme, ni désir de revanche |
| Force | L'affectivité devant le danger : la peur et l'audace | Patience, persévérance, magnanimité, constance | Ni témérité, ni lâcheté |
| Tempérance | L'attrait des plaisirs et l'usage des biens créés | Humilité, douceur, chasteté, sobriété, modestie | Ni puritanisme, ni mépris du corps |
Les vertus se tiennent entre elles
Un point de doctrine, souvent négligé, éclaire toute la vie morale : les vertus cardinales sont solidaires. Saint Thomas enseigne qu'on ne peut posséder pleinement l'une sans les autres, et la raison en est simple. Une justice sans force ne tient pas devant la pression ; elle cède au premier chantage. Un courage sans justice se met au service de n'importe quelle cause. Une tempérance sans prudence tourne au scrupule. Et la prudence, qui les commande toutes, suppose une volonté droite : l'homme injuste ne délibère pas bien, parce qu'il ne veut pas vraiment le bien.
Il en résulte une conséquence pratique : on ne travaille pas une vertu isolément, comme on entraînerait un muscle. On avance sur les quatre fronts, ou l'on n'avance pas. C'est aussi pourquoi une faiblesse dans un domaine finit toujours par se payer ailleurs.
Ce que la grâce vient ajouter
Une nature blessée
Si tout s'arrêtait là, la morale chrétienne ne serait qu'une sagesse antique un peu retouchée. Or elle affirme deux choses de plus. La première est que nos forces ne suffisent pas. Blessée par le péché, la nature humaine ne parvient pas d'elle-même à la rectitude durable : nous connaissons souvent le bien sans l'accomplir, et l'expérience de cet écart est universelle. Le Catéchisme le dit sans détour : la grâce est nécessaire pour purifier et élever les vertus humaines.
Les vertus infuses
La seconde affirmation est plus étonnante encore. Aux vertus cardinales acquises par l'exercice, Dieu ajoute des vertus cardinales infusées, données avec la grâce sanctifiante. Il ne s'agit pas d'une simple aide extérieure : la prudence du baptisé n'est plus seulement la sagesse pratique d'un honnête homme, elle discerne désormais en fonction d'une fin surnaturelle. La justice ne règle plus seulement les rapports humains, elle intègre la dette infinie envers Dieu. La force ne tient plus par seule vigueur d'âme, mais par la certitude de la résurrection. La tempérance ne modère plus au nom de l'équilibre, mais au nom d'un royaume.
Les vertus cardinales ne sauvent pas
Il faut le dire clairement, car c'est la limite de toute morale purement humaine : ces quatre vertus ne sauvent pas. Elles font l'honnête homme, non le saint. Un homme peut être prudent, juste, courageux et tempérant, et demeurer replié sur lui-même, admirable et fermé. Ce qui ouvre, c'est la charité, et elle vient d'ailleurs. Saint Augustin l'avait vu avec une netteté insurpassable : les quatre vertus, en régime chrétien, ne sont pas quatre exercices, mais quatre visages d'un même amour de Dieu. La tempérance est cet amour qui se garde entier, la force cet amour que rien n'abat, la justice cet amour qui n'obéit qu'à lui, la prudence cet amour qui veille à ne pas se laisser tromper.
Conclusion : redevenir capable du bien
On revient toujours à l'image du gond. Une porte tient sur peu de chose, mais elle tient sur cela. Retirez la prudence, et toute l'action devient aveugle. Retirez la justice, et les relations se corrompent. Retirez la force, et les résolutions s'effondrent à la première épreuve. Retirez la tempérance, et l'homme cesse de s'appartenir.
Il n'y a rien là d'un programme écrasant. Ces vertus se construisent comme tout le reste, par des actes répétés, souvent petits, dans la matière ordinaire d'une journée. Tenir une parole donnée quand cela dérange, c'est un acte de justice. Terminer ce qu'on a commencé, c'est un acte de force. Reposer son téléphone, c'est un acte de tempérance. Prendre le temps de vérifier avant de juger, c'est un acte de prudence. Rien de spectaculaire : mais c'est ainsi qu'un caractère se forme, et c'est sur ce terrain préparé que la grâce peut bâtir.
La morale chrétienne ne demande donc pas d'abord de suivre des règles. Elle propose bien davantage, et bien plus exigeant : redevenir capable du bien, jusqu'à le faire avec joie.
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