La Révélation divine : Paroles et actions

Pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers avec ce que la théologie catholique entend par l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, je vais expliquer au passage très sommairement ces notions. L’ordre naturel est ce qui arrive naturellement. Par exemple, un homme, de par sa nature, peut manger, dormir, est constitué de matière, est doté d’intelligence, etc. L’ordre surnaturel est ce qui dépasse la proportion de la nature et qui peut la perfectionner gratuitement. Par exemple, la grâce reçue de Dieu est une réalité surnaturelle qui perfectionne l’homme naturel. Ce qui est surnaturel ne peut être dû en aucune manière à la nature.L’interaction de la Parole et de l’acte dans la Révélation divine
La révélation divine, improprement dite, peut se manifester dans l’ordre naturel. Par exemple, lorsque nous constatons la beauté de la création qui nous laisse entrevoir la beauté, l’intelligence et la puissance du Créateur (voir Romains 1, 20). Cependant, en propre, nous appelons révélation divine les actions divines, nous manifestant, en dehors de l’ordre naturel, une vérité qui était jusqu’alors cachée.
Cette dernière définition met en lumière l’étroite corrélation entre les actes et les paroles de la Révélation. Je ne pourrais en donner une meilleure explication que celle de la constitution dogmatique Dei Verbum :
Pareille économie de la Révélation comprend des actions et des paroles intimement liées entre elles, de sorte que les œuvres, accomplies par Dieu dans l’histoire du salut, attestent et corroborent et la doctrine et le sens indiqués par les paroles, tandis que les paroles proclament les œuvres et éclairent le mystère qu’elles contiennent (Vatican II, Dei Verbum, 2).Ce dernier paragraphe est d’une importance capitale pour bien saisir la nature de la révélation. Elle est à la fois paroles et actions et ces deux réalités s’éclairent mutuellement. Voici cet enseignement schématisé :

Jésus Christ donc, le Verbe fait chair, « homme envoyé aux hommes », « prononce les paroles de Dieu » (Jn 3, 34) et achève l’œuvre de salut que le Père lui a donnée à faire (cf. Jn 5, 36 ; 17, 4). C’est donc lui – le voir, c’est voir le Père (cf. Jn 14, 9) – qui, par toute sa présence et par la manifestation qu’il fait de lui-même par ses paroles et ses œuvres, par ses signes et ses miracles, et plus particulièrement par sa mort et sa résurrection glorieuse d’entre les morts, par l’envoi enfin de l’Esprit de vérité, achève en l’accomplissant la révélation, et la confirme encore en attestant divinement que Dieu lui-même est avec nous pour nous arracher aux ténèbres du péché et de la mort et nous ressusciter pour la vie éternelle (Vatican II, Dei Verbum, 4).Nous voyons donc dans cet extrait la même dynamique pour les paroles et les œuvres de Jésus-Christ. Ses signes et ses miracles viennent corroborer ses paroles, tandis que ses paroles proclament le mystère de Dieu et de son plan de salut. La Révélation divine est donc, du début à son accomplissement, une Révélation de Paroles et d’actes divins.
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