Lecture : « Sciences : obstacles ou chemins vers Dieu?

Dans les deux premiers chapitres, l’auteur nous présente le fonctionnement du discours scientifique et du discours de la foi chrétienne en consacrant un chapitre à chacun d’eux. Il définit la vérité comme étant la conformité au réel et il perçoit le discours scientifique comme un modèle du réel (dans le sens d’un « faux » qui ramène à une réalité). Je crois donc que l’on peut dire que l’auteur se place dans le courant de la philosophie réaliste comme saint Thomas d’Aquin. Il démontre aussi que les présupposés du chercheur peuvent l’influencer dans ses choix de recherches scientifiques. Comme quoi les deux domaines ne sont pas complètement étanches puisqu’elle se retrouve dans la même personne. Il donne un exemple de cela, en montrant que les découvertes de Descartes sur l’optique proviennent du fait qu’il voulait mieux comprendre la doctrine de la transsubstantiation et à ses approfondissements sur ce que c’est que « voir ». Ce qui l’a amené à découvrir la science de l’optique. L’auteur dit aussi que science et religion répondent à des questions différentes et que la science peut difficilement répondre aux questions touchant le « pourquoi » des choses, leur but et leur finalité. Les deux approches sont brillamment résumées à la toute fin du chapitre 2, que je ne peux m’empêcher de vous citer :
[…] les discours de foi et de sciences présentent des différences radicales :- L’un construit une parole quand l’autre reçoit une parole- L’un chercher à réfuter le sens d’une parole reconnue d’avance comme inexacte quand l’autre cherche à exprimer le sens d’une parole considérée comme juteuse, débordante de signification- L’un a pour référence un donné objectif externe quand l’autre se fonde sur une présence au plus intime de son cœur- L’un répond à la question du comment et du combien quand l’autre répond à celle du pourquoi- L’un, par sa méthode, refuse tout jugement d’autorité, quand l’autre accueille avec reconnaissance le service d’une autorité magistérielleLe chapitre 3 traite des genèses. L’auteur présente les différentes découvertes du discours scientifiques et aussi la genèse telle qu’elle est présentée dans la Bible. Du point de vue scientifique, il présente les découvertes de la science au sujet de la genèse du cosmos (cosmogénèse) et de l’homme (anthropogenèse), tout en présentant aussi les problèmes et les défis de ces deux champs d’études (comme par exemple celle touchant les différentes théories de l’évolution). Il termine par une présentation de la genèse biblique.
Le chapitre 4 traite de la création. Ce dernier chapitre est un peu plus court et il est de nature davantage théologique. L’auteur fait tout d’abord un survol du thème de la création dans la Bible et il y a ensuite une présentation théologique intéressante sur le problème de la création et du temps.
Le chapitre 5 est « le nerf de la guerre ». C’est celui qui veut répondre à la question si les deux discours convergent ou s’ils se contredisent. Le chapitre commence par prendre le temps de poser les conditions qu’il faut respecter pour rendre tout dialogue possible. L’auteur présente ensuite l’approche concordiste et discordiste et parle un peu de l’affaire Galilée. Le point central de ce chapitre est dans la section « Évolution : sciences, idéologie et foi chrétienne » où il présente une façon de permettre une lecture de la Bible sans avoir à laisser ses convictions chrétiennes ou scientifiques à la porte. La clé est de faire la distinction entre le discours scientifique, l’idéologie qui peut être véhiculée parfois avec lui (souvent malgré lui) et la révélation chrétienne.
Ce chapitre rappelle aussi la nécessité de renouveler la doctrine du péché originel. Je le cite : « La doctrine du péché originel est clairement un point de départ obligé de toute vision chrétienne de la Rédemption. Aussi doit-elle entraîner, de par son caractère incontournable, une reprise théologique très sérieuse à toute époque, la nôtre en particulier. » Pour le reste de la solution, lisez le livre, ça en vaut la peine. Le chapitre se termine ensuite sur le problème de l’intelligibilité de l’univers.
Le chapitre 6 est un chapitre sur le bon usage de la science. L’auteur présente le bon usage en présentant 4 bons usages : évangéliser, servir l’homme, adorer et louer. C’est une approche originale. Je vois ce chapitre un peu comme un bonus. La conclusion du livre est, comme vous vous doutez probablement, que les sciences ne sont pas des obstacles, mais des chemins vers Dieu.
Voici maintenant mon petit commentaire sur le livre. Le livre est très intéressant et il est accessible. D’ailleurs, n’étant pas un expert en physique des particules, je n’ai probablement pas su profiter au maximum des notes de bas de page qui étaient de nature scientifique assez poussée, mais la lecture du texte se fait bien. C’est un livre intéressant qui vous donnera probablement le goût d’approfondir davantage certains aspects du débat science/foi.
Bonne lecture
dieufoibiblesaint
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