Le latin: la langue de l'Église (1/5)
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| Le titulus est rédigé dans les trois langues sacrées |
À la base, le christianisme est une religion qui transcende les frontières et les cultures. Il n'y a pas de culture et de langue proprement chrétienne, contrairement à ce que l'on voit par exemple dans l'islam, où la langue et la culture arabe sont inextricablement liées à ce système de croyances. La religion chrétienne a toujours accepté et encouragé l'expression de l'Évangile dans toutes les langues. Toutefois, on ne peut pas faire abstraction de l'influence que certaines cultures et certains lieux ont exercé sur le développement de nos traditions, notre culte et l'expression des vérités chrétiennes.
Le christianisme est né et s'est développé dans trois langues devenues les « langues sacrées » : l'hébreu (et sa langue cousine, l'araméen), le grec et le latin. Chacune de ces langues continue à exercer une influence dans le christianisme dans les temps modernes : l'araméen sous la forme de la langue syriaque dans certaines églises orientales, le grec chez les églises de rite byzantin et le latin dans le rite latin. Parmi ces langues, le latin a une place privilégiée, car c'est la langue historique de Rome où est situé le siège de la papauté. Or le pape est pape de tous les catholiques de tous les rites, pas seulement des catholiques de rite latin.
Au cours des siècles, parallèlement au développement des langues vernaculaires issues du latin, l'Église a conservé intégralement les vérités enseignées par les apôtres et ce dans leurs formulations latines et grecques. À partir du haut moyen-âge, le grec perdait peu à peu du terrain au profit du latin, pour diverses raisons historiques et démographiques. C'est alors que des philosophes et théologiens s'exprimant en latin ont bâti sur le fondement des pères. Toute la haute société occidentale s'exprimait alors en latin. Ce n'est qu'à la fin du 19e siècle que les hommes éduqués ont commencé à ne plus maîtriser le latin.
Au début du 20e siècle, alors que la langue latine poursuivait son déclin dans la société séculière, l'Église catholique était largement considérée son dernier rempart. Le latin servait encore aux affaires courantes de l'Église, mais il était en perte de vitesse. Cette tendance lourde a culminé dans l'après-guerre où l'on parlait ouvertement d'abandonner le latin, un vestige du moyen-âge, puisqu'il fallait « moderniser » l'Église, ses traditions et ses dogmes. Ce courant moderniste avait été vivement combattu par les papes depuis la fin du 19e siècle. C'est dans leur lignée que s'inscrit le bienheureux Jean XXIII en promulguant la constitution apostolique Veterum Sapientia visant à mettre un frein à ce dérapage et rappeler à l'ordre ces personnages qui prétendaient qu'il fallait abandonner le latin. Il écrit : « [Les évêques] veilleront avec une paternelle sollicitude à ce qu'aucun de leurs subordonnés, par goût de la nouveauté, n'écrive contre l'usage de la langue latine, soit dans l'enseignement des sciences sacrées, soit dans la liturgie, ou bien, par préjugé, n'atténue la volonté du Siège apostolique sur ce point ou n'en altère le sens » (Veterum Sapientia 11, 2).
Alors que s'est-il passé au concile Vatican II? Pourquoi avons-nous totalement abandonné le latin dans la liturgie? Je tenterai de répondre dans le prochain billet.
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