Les récits de l’enfance de Jésus

Les récits évangéliques de l’enfance de Jésus sont ceux dont l’historicité est le plus souvent remise en doute. Personnellement, je crois que les récits de l’enfance de Jésus sont essentiellement historiques, mais je sais que cela est une opinion qui ne fait pas l’unanimité.



Dans cet article, je ne vais pas tenter de répondre à la question de l’historicité d’un récit particulier. Je veux plutôt vous partager l’attitude qui est proposée dans l’avant-propos du livre « L’enfance de Jésus » du pape Benoît XVI (maintenant pape émérite). Voici ce qu’il dit à propos des récits de l’enfance de Jésus :

Une interprétation juste, selon moi, requiert deux étapes. D’abord, il faut se demander ce qu’on voulut dire, à leur époque, les auteurs de ces textes – c’est la composante historique de l’exégèse. Mais il ne faut pas laisser le texte dans le passé, en l’archivant parmi les événements arrivés il y a longtemps. La seconde question doit être : « Ce qui est dit est-il vrai? Cela me regarde-t-il? Et si cela me regarde, de quelle façon? » Devant un texte tel qu’un texte biblique, dont l’ultime et le plus profond auteur, selon notre foi, est Dieu lui-même, la question du rapport du passé avec le présent fait immanquablement parie de l’interprétation elle-même. En cela le sérieux de la recherche historique n’est en rien diminué, mais augmenté. (L’enfance de Jésus, p.7-8).

Vers la fin du livre, alors qu’il traite de la question de l’historicité du récit de l’adoration des mages présenté par saint Matthieu, le pape cite le théologien Klaus Berger qui nous propose ce que je crois être une  saine attitude lorsque l’on veut aborder le sujet de l’historicité des récits de l’enfance:

Face à cette situation, la prise de position soigneusement réfléchie de Klaus Berger, dans son commentaire de 2011 sur le Nouveau Testament, est digne d’attention : « Même dans le cas d’une unique attestation […] il faut supposer – jusqu’à preuve du contraire- que les évangélistes n’entendent pas tromper leurs lecteurs, mais veulent raconter des faits historiques […]. Contester par pur soupçon l'historicité de ce récit va au-delà de toute compétence imaginable d’historien.»
Je ne peux qu’être d’accord avec cette affirmation. Les deux chapitres du récit de l’enfance chez Matthieu ne sont pas une méditation exprimée sous forme d’histoires; au contraire, Matthieu nous raconte la véritable histoire, qui a été méditée et interprétée théologiquement, et ainsi il nous aide à comprendre plus profondément le mystère de Jésus.(L’enfance de Jésus, p.168-169)

Je vous invite aussi à lire ce livre qui prend le temps d’examiner chacun des récits de l’enfance pour en approfondir le sens. Si vous n’avez pas lu aucun livre de sa série sur Jésus de Nazareth (qui contient 3 livres), ce livre, bien que publié en dernier, se veut une porte d’entrée vers les deux autres. Il est aussi plus court (moins de 200 pages) pour ceux qui ne sont pas de grand lecteur et qui ont besoin d’être un peu plus motivés à faire des lectures plus longues.


2 commentaires:

  1. Je vous rappelle le document de la Commission biblique pontificale "De auctore, de tempore compositionis et de historica veritate evangelii secundum Matthaeum" AAS 3 (1911) p. 294-296, en particulier la proposition VII:
    Doit-on considérer comme dépourvues de fondement les opinions de ceux qui remettent en doute l'authenticité historique des deux premiers chapitres, où l'on trouve la généalogie et l'enfance du Christ (...)"? Réponse: Affirmatif. (Ma traduction)

    Comme le Magistère a spécifiquement adressé cette question, ce n'est pas simplement "une opinion comme les autres" mais bien d'une vérité catholique.

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  2. Merci Daniel pour ses précisions. Malheureusement, il y a beaucoup de théologiens catholique qui ne sont pas de cet avis...

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