Ils célébraient l’Eucharistie: Jean 6

L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? "À la question des Juifs, Jésus leur répond d’abord que l’œuvre de Dieu est de croire en celui qu’il a envoyé. Sur ce point, ils comprennent bien que Jésus veut qu’ils croient en lui. Il n’a même pas besoin de le dire explicitement que ceux-ci lui demandent un signe afin de croire. Cela est une réaction normale, car Dieu a généralement donné des signes à ceux qu’il envoie en mission, comme il a fait par exemple pour Moïse (voir Ex 4).
Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.
Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. "
Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? "
Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. "
Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. " (Jean 6, 25-31)
Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;Les Juifs commencent vraiment à se demander ce que veut dire Jésus lorsqu’il dit qu’il est le pain descendu du ciel. Ils ont beaucoup de difficulté à le prendre au sens littéral, car on voit que c’est vraiment ce qu’ils ont pensé en premier lieu selon leur questionnement. Certains sont probablement même prêts à croire que cela n’est qu’une métaphore, car après tout ces gens le suivent pour en faire leur roi, ils ne sont donc probablement pas tous hostiles à son message…
car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
Mais je vous l'ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas.
Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ;
car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
Ils disaient : " Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? " (Jean 6, 32-42)
Jésus leur répondit : " Ne murmurez pas entre vous.Jésus est clair : celui qui croit a la vie éternelle. Quel est donc ce message auquel Jésus veut que la foule croie ? Il donne la réponse dès sa phrase suivante : « Je suis le pain de vie ». Encore une fois, certains Juifs doivent penser qu’il s’agit d’une métaphore ou d’une parole symbolique…
Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école vient à moi.
Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d'auprès de Dieu : celui-là a vu le Père.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle.
Je suis le pain de vie. (Jean 6, 43-48)
Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ;« Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde ». Jésus est maintenant clair sur ce qu’est le pain de vie : c’est sa chair. Serait-ce encore une de ses métaphores ou de ses paraboles, devaient encore penser certains Juifs. Ils discutent désormais de plus en plus fort et se demandent : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » À ce point, Jésus sait ce à quoi ils pensent. Il va donc être très clair dans son enseignement :
ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas.
Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. "
Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? " (Jean 6, 49-52)
Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.Il n’y maintenant plus d’autre conclusion possible. Jésus parlait vraiment de manger littéralement sa chair et de boire son sang. Sa chair est vraiment une nourriture et son sang est vraiment une boisson. Que pouvait-il bien dire de plus pour se faire comprendre ? Au fait, plusieurs l’ont compris ainsi et l’ont quitté et nous y reviendront plus tard.
Qui MANGE ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.
Qui MANGE ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me MANGE, lui aussi vivra par moi.
Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui MANGE ce pain vivra à jamais. " (Jean 6, 53-58)
Certains chrétiens continuent pourtant de lire ce passage comme étant seulement une métaphore de la part de Jésus. Voici quelques raisons pourquoi cela ne semble pas possible :
- Dans cette dernière partie, Jésus intensifie son vocabulaire en utilisant un autre mot pour mettre l’emphase sur la réalité de manger. Au lieu d’utiliser le mot grec qui signifie manger (racine : esthio, strong #5315), il utilise plutôt le mot grec qui signifie plus mâcher ou même ronger qui est en majuscule dans le texte ci-haut (racine : trogo, strong #5176). Pourquoi Jésus aurait-il mis cette emphase supplémentaire si cela n’était pas pour clarifier son message et surtout en sachant que ses interlocuteurs étaient déjà confus? Cela ne serait pas acceptable à moins de penser que Jésus aurait volontairement voulu égarer ceux qui l’écoutaient.
- L’insistance sur ce point est aussi unique dans le Nouveau Testament. Les répétions et l’utilisation du « En vérité, en vérité » plus de 4 fois en quelques versets nous montre l’importance que ce qu’il affirme. D’ailleurs cette expression était utilisée à l’époque comme formule de serment.
- Certains chrétiens voient dans l’affirmation « Je suis le pain de vie » une métaphore comme dans d’autres endroits dans cet Évangile où Jésus dit « Je suis la Porte » (Jean 10,9) ou bien « Je suis la vraie vigne » (Jean 15,1) où Jésus parle vraiment en métaphore. Lorsqu’on prend le temps d’examiner ces passages, on voit bien que dans ceux-ci, personne ne le prend au sens littéral en demandant à Jésus comment peut-il être une porte, Jésus n'est pas aussi insistant et personne ne le quitte pour ses enseignements.
Tel fut l'enseignement qu'il donna dans une synagogue à Capharnaüm.Encore une fois, si le fait que Jésus est le pain de vie est seulement une métaphore qui signifie croire en Jésus, je ne vois pas pourquoi cela était une parole aussi dure… après tout, les gens qui l’écoutaient étaient prêts à en faire leur roi et Messie.
Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : " Elle est dure, cette parole ! Qui peut l'écouter ? " (Jean 6, 59-60)
Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ?Plusieurs critiques de l’interprétation catholique de ce discours utilisent ce dernier verset pour annuler tout l’enseignement donné par Jésus sur le fait de manger sa chair. Cet argument ne tient pas la route. Jésus ne dit pas ici que sa chair ne sert de rien, mais plutôt que les paroles de la chair ne servent de rien en opposition avec celles de l’esprit. Il veut seulement dire que ses paroles sont paroles de vie en opposition avec les paroles de la chair, qui ne sont que discours d’hommes. Un peu comme lorsqu’il dit : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible » (Mt 26, 41).
Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?...
C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. (Jean 6, 61-63)
Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. " Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. "Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. (Jean 6, 64-66)Plusieurs disciples ont quitté Jésus pour cet enseignement. Si tout cela n’était qu’une métaphore, ce serait le seul endroit de tout le Nouveau Testament où Jésus laisse partir des gens qui n’auraient pas bien compris son message. Dans tous les autres enseignements, Jésus clarifie son message lorsqu’il voit que les gens ne comprennent pas et le prennent par erreur au sens littéral. Voir Jn 4, 31-38 et Mt 6, 5-12. Nous avons vraiment la situation contraire dans ce passage de Jean 6. Jésus parlait en sens littéral, voulait être compris au sens littéral et à donnée des clarifications en ce sens.
Jésus dit alors aux Douze : " Voulez-vous partir, vous aussi ? " (Jean 6, 67)Encore une fois, Jésus ne dit pas à ses Apôtres : « Avez-vous compris vous au moins que je parlais en métaphore ». Il les renvoi plutôt à eux-mêmes pour voir s’il croyait vraiment ce que Jésus avait dit. Si vous être chrétien et que votre pasteur ne vous offre pas un aliment qui est vraiment le Corps du Christ, je vous invite vous aussi à réfléchir à cette question de Jésus : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. " (Jean 6, 68-69)Cette réponse de Pierre est probablement mon passage préféré. On voit bien qu’il ne comprend pas encore clairement comment Jésus va faire pour leur donner sa chair à manger, mais il a quand même assez de foi pour dire : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. » Je crois que nous vivons tous des moments de notre vie ou nous pouvons répondre la même chose.
Jésus leur répondit : " N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l'un d'entre vous est un démon. "La conclusion de cet enseignement de Jésus est claire :
Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote ; c'est lui en effet qui devait le livrer, lui, l'un des Douze. (Jean 6, 70-71)
Jésus est le pain de vie. Le pain de vie est sa chair. Sa chair est une nourriture. Cette nourriture est l’Eucharistie. Peut-être pensez-vous que cette interprétation étire trop ce texte. Nous allons voir dans le prochain article, comment Jésus va s'y prendre pour nous donner sa chair à manger.
JésuspainvieJean
Articles similaires

Pourquoi les miracles de Jésus ne sont pas des légendes
Dans la Bible, on dit que Jésus a chassé des démons, ressuscité des morts et guéri des aveugles et des sourds. Cependant, pour beaucoup de sceptiques, cela ressemble plutôt à...

Vrai Dieu et vrai homme : Le cœur du mystère du Christ
Introduction : Le paradoxe divin au centre de notre foiAu cœur de la foi catholique, et plus largement de tout le christianisme, se trouve une affirmation qui défie la simple...

Jésus vs. le Fils de Dieu
Commencement de l'Évangile de Jésus Christ, le Fils de Dieu (Marc 1, 1). Contrairement à Matthieu et Luc, l’évangile de Marc n’a pas de « récit de l’enfance » sur...

Comment le doute de Thomas prouve la divinité du Christ?
Après que les apôtres eurent vu Jésus ressuscité, ils rapportèrent ce miracle à Thomas, qui répondit: « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si...

Mais Dieu seul peut pardonner les péchés!
Gebhard Fugel, le Christ guérit les malades (1885)L'Église catholique enseigne que les apôtres ont reçu la capacité de pardonner les pénitents de leurs péchés. L'une des objections fréquentes à cela...

Jean 6 : 22-59: Le discours de Capharnaüm
Personnellement, je trouve que ce discours est un des plus profonds de toute la Bible. Pour les Catholiques, il traite d'un commandement très important qu'a dit Jésus à ses disciples: celui de...

Comment répondre aux chrétiens qui sont « Spirituels, mais pas religieux » ?
Au cours des dernières années, j'ai rencontré un bon nombre de chrétiens qui prétendaient être « spirituels, mais pas religieux ». En d'autres termes, ils ne s'identifient pas à une...

Réflexions bibliques du dimanche 6 avril 2014: À la tombe de Lazare
Lectures de la liturgie
À la tombe de Lazare
Comme nous approchons de la fin du Carême, l'Évangile d'aujourd'hui a clairement en vue la passion et la mort de Jésus.
C'est pourquoi Jean...

« Élevée corps et âme dans la gloire du ciel » : Une étude approfondie du dogme de l'Assomption de la Vierge Marie
Le 1er novembre 1950, en l'année du grand Jubilé, le Pape Pie XII, par la constitution apostolique Munificentissimus Deus, proclamait solennellement le dogme de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie....

Est-ce que Jésus réprimande Sa Mère aux noces de Cana?
Noces de Cana, vitrail de l'église catholique de Saint Raphael (Springfield, Ohio)
Dans l'Évangile de Jean, c’est Marie qui suscite le ministère miraculeux du Christ et le Christ lui répond d'une...

Sainte Marthe, Marie et Saint Lazare: 29 juillet
Le 29 juillet, l'Église catholique célèbre la mémoire de Sainte Marthe, de sa sœur Marie et de leur frère Lazare. Ces trois figures bibliques sont particulièrement connues pour leur amitié...

La Bible a-t-elle été falsifiée ?
De nos jours, il n’est pas rare d’entendre des gens parler ainsi autour de nous : « Le texte de la Bible a été falsifiée. On en a altéré le...

Fête de la Nativité du Seigneur: 25 décembre
La fête de la Nativité du Seigneur, célébrée le 25 décembre, est un événement clé du calendrier liturgique chrétien, soulignant l'incarnation du Fils de Dieu. Cette fête ne se limite...

Q interrogé
Dans un article précédent, j'ai examiné le document hypothétique Q, dont la plupart des chercheurs bibliques contemporains pensent qu’il a été utilisé par Matthieu et par Luc quand ils ont...

Réflexions bibliques du 17 août 2014: La foi d'une étrangère
Lectures de la liturgie
La foi d'une étrangère
La plupart d'entre nous sont des étrangers, des non-Israélites, par rapport à ceux dont la première lecture d'aujourd'hui prophétise.
En venant adorer le Dieu d'Israël,...

Jésus est Dieu : Nous sommes un (Jean 10, 23-39)
Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon.
Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : "Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ?...

Luc se contredit-il sur la date de la naissance de Jésus ?
Saint Luc commence le deuxième chapitre de son Évangile avec une chronique sur le moment de la naissance de Jésus. Il écrit :Or, en ces jours-là, fut publié un édit...

L'Église, Corps et Épouse du Christ
Dans cet article, nous verrons que l'Église est le corps du Christ et aussi son épouse. Nous verrons aussi comment ces deux analogies ne forment en fait qu'une seule et...

Réflexions bibliques du 12 octobre 2014: S'habiller pour la Noce
Lectures de la liturgie
S'habiller pour la Noce
La parabole de notre Seigneur dans l'Évangile d'aujourd'hui est encore un résumé assez simple de l'histoire du salut.
Dieu est le roi (voir Matthieu 5,...

La Bible contient-elle des mythes?
La Bible contient-elle des mythes? Si vous dites oui, certains chrétiens se plisseront le visage, alors que d’autres se moqueront de votre crédulité. Si on me posait la question, je...

16 août 2015 : 20e dimanche du Temps Ordinaire
Cliquez ici pour lire les lectures de la liturgie
Le festin de la sagesse
La Sagesse de Dieu a préparé un festin, entendons-nous dans la Première Lecture d'aujourd'hui.
Nous devons devenir comme des...