Question d’un lecteur : Si Jésus est Dieu, pourquoi ne sait-il pas quand va être la fin des temps?

Quelqu’un m’a montré deux versets dans les Évangiles et m’a demandé : « Si Jésus est Dieu, pourquoi ne sait-il pas quand va être la fin des temps? » J’aimerais bien que vous me donniez des réflexions des Pères de l’Église sur ces deux versets.

Marc 13, 32 : Quant à la date de ce jour, ou à l'heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, personne que le Père.

Matthieu 24, 36 : Quant à la date de ce jour, et à l'heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul.


Il y a justement plusieurs Pères de l’Église qui ont réfléchi sur l’affirmation que fait Jésus dans ces deux versets, en particulier autour de l’hérésie d’Arius qui ne croyait pas que le Fils (Jésus) était consubstantiel (de même nature) au Père. Voici certaines de leurs réflexions qui vous aideront surement.

St Hilaire de Potier 
Ces paroles sont un triomphe pour Arius et pour Eunomius; car, disent-ils: Celui qui ignore, peut-il être l'égal de celui qui sait? Nous leur répondrons par ce peu de mots: Jésus, c'est-à-dire le Verbe de Dieu, a fait tous les temps; (car toutes choses ont été faites par lui, et rien n'a été fait sans lui (Jn 1,3). Or, le jour du jugement est contenu dans l'étendue des temps, comment donc le Fils de Dieu, qui connaît l'ensemble, peut-il en ignorer une partie? On peut encore leur dire: Qu'y a-t-il, de plus grand de connaître le père ou de connaître le jour du jugement? Or, si le Sauveur connaît ce qu'il y a de plus grand, comment peut-il ignorer ce qu'il y a de moindre? –Est-ce que Dieu le Père a refusé la connaissance de ce jour à son Fils, puisque le Fils dit expressément: «Toutes choses m'ont été données par mon Père»; car il ne lui a pas donné toutes choses, s'il lui en a refusé une seule.

St Jérôme
Nous avons donc prouvé que le Fils de l'homme connaît le jour de la fin du monde, il nous reste à expliquer pourquoi il déclare qu'il ne le sait pas. Lorsque après sa résurrection, ses Apôtres lui demandent quand viendra ce jour, il leur répond clairement (Ac 1,7): « Ce n'est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a disposés dans sa puissance», preuve évidente qu'il connaît ce jour, mais qu'il n'est pas utile pour les Apôtres d'avoir cette connaissance.

St Augustin 
Cette expression: «il ne sait pas», signifie donc: il ne veut pas faire savoir; c'est ainsi que l'ange dit à Abraham: «Je sais maintenant que tu crains le Seigneur (Gn 22,12), c'est-à-dire je te fais savoir; car cette épreuve lui fit connaître à lui-même ce qu'il était. (de la Trinité, 1, 12)

Il dit que le Père connaît ce jour, c'est-à-dire en même temps que le Fils le connaît dans le Père; car que peut-il y avoir dans ce jour qui n'ait été fait dans le Verbe par qui ce jour a été fait? (serm. 21 sur les par. du Seig).

Le sens véritable de ces paroles: «Le Père seul connaît ce jour», est donc celui que nous avons indiqué, c'est-à-dire qu'il fait connaître ce jour au Fils; et s'il est dit du Fils qu'il ne sait pas, c'est parce qu'il ne communique point cette connaissance aux hommes. (Livre des 83 Quest., quest. 60)

On dit spécialement que Dieu sait, quand il fait savoir; c'est en ce sens qu'il est écrit: «Le Seigneur votre Dieu vous tente, pour savoir si vous l'aimez (Dt 13,8).» Par là on n'entend pas dire que Dieu ignore, mais que la tentation est un moyen employé pour faire savoir aux hommes quels progrès ils ont faits dans l'amour du Seigneur; ce qu'ils ne savent jamais bien que par les tentations qui leur arrivent. Ce mot tente signifie donc: permet que vous soyez tentés. De même quand on dit que Dieu ignore, cela signifie ou qu'il n'approuve pas, qu'il ne reconnaît pas un acte comme conforme à ses préceptes et à ses enseignements; et c'est le sens de ces mots: «Je ne vous connais pas (Mt 25,12):» ou qu'il laisse ignorer, pour de bonnes raisons, ce qu'il est inutile de savoir. C'est pourquoi on est autorisé à interpréter ces paroles: «Le Père seul sait,» en ce sens qu'il fait (453) savoir au Fils; et ces autres: «Le Fils ne sait pas,» en ce sens qu'il laisse ignorer aux hommes, c'est-à-dire ne leur révèle point ce qu'il leur est inutile de savoir. (Augustin, 83 questions - 60. - «Mais pour ce jour et cette heure, personne ne le sait, pas même les Anges du ciel, ni le Fils de l'homme; il n'y a que le Père seul (Mt 24,36)»

Origène 
Ou bien encore, tant que l'Église, qui est le corps de Jésus-Christ, ignore ce jour et cette heure, il est dit du Fils qu'il les ignore lui-même. Le sens propre du mot savoir est ici le sens que lui donnent ordinairement les auteurs sacrés; ainsi l'Apôtre dit que le Sauveur n'a point connu le péché, pour dire qu'il n'a point péché. (2Co 5,21) Or, le Fils de l'homme ménage la connaissance de ce jour et de cette heure aux cohéritiers de ses promesses, de manière qu'ils sachent tous, c'est-à-dire qu'ils apprennent par leur propre expérience, en ce jour et à cette heure, ce que Dieu a réservé à ceux qu'il aime.

St Jean Chrysostome 
Mais pour vous prouver que ce n'est point par ignorance qu'il garde le silence sur le jour et l'heure du jugement, le Sauveur donne un autre signe avant-coureur de ce jour en disant: «Et il arrivera à l'avènement du Fils de l'homme, ce qui arriva au temps de Noé», c'est-à-dire que ce jour viendra tout d'un coup et à l'improviste, surprendre les hommes au milieu de leurs désordres. C'est cette même vérité qu'exprime saint Paul, écrivant aux Thessaloniciens: «Lorsqu'ils diront: Paix et sécurité, alors une ruine soudaine les surprendra». (1Th 5,3) C'est pour cela que le Sauveur ajoute: «Car comme durant les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient», etc. (hom. 77)

Il ajoute à dessein que les anges ne savaient rien de ce jour, afin d’ôter à ses disciples le désir d’apprendre une chose que les anges même ne savaient pas; mais en disant que le Fils même ne le savait pas, non-seulement, il leur ôte le désir de le connaître, mais la volonté même de s’en informer. Et pour confirmer ce que je dis, il ne faut que considérer ce qu’il dit à ses disciples après sa résurrection, et de quelle manière il arrête leur curiosité lorsqu’ils s’informaient trop curieusement de l’avenir. Car il prédit ici beaucoup de signes; mais il leur dit alors clairement: «Ce n’est pas à vous à savoir les temps et les «moments». (Ac 1,7). Et pour qu’ils ne regardent point ce refus comme une marque de mépris, et qu’ils ne s’imaginent pas que le Sauveur les jugeait indignes de cette connaissance, il ajoute aussitôt: «Que le Père a mis dans sa puissance ». Car il a toujours au contraire témoigné avec grand soin à ses apôtres qu’il les traitait avec honneur, et qu’il ne leur voulait rien cacher. C’est pourquoi il attribue cette connaissance au «Père », et il la fait passer dans leur esprit pour une chose trop élevée au-dessus d’eux.

Si cela n’était de la sorte, et si ce que Jésus-Christ dit eût été vrai à la lettre, que le Fils de l’homme ne connaissait pas ce jour; quand commencerait-il à le connaître? Ne sera-ce que lorsque nous le connaîtrons nous-mêmes? Qui oserait prononcer ce blasphème? Le Fils connaît le Père, il le connaît aussi clairement et aussi distinctement qu’il est lui-même connu du Père, et il pourrait ignorer ce jour? L’Esprit de Dieu peut pénétrer les plus grands secrets de Dieu, et le Fils de Dieu ne pourrait connaître le jour de ce jugement dernier? Il sait quel jugement il doit porter de tous les hommes, il peut découvrir ce qu’il y a de plus caché dans les coeurs, et il. ne saurait pas le jour auquel il les doit juger? Comment ce jour pourrait-il être inconnu à celui «par qui tout a été fait et sans qui rien n’a été fait»? Celui qui a fait les siècles n’a-t-il pas aussi créé les temps, et celui qui a créé les temps n’a-t-il pas aussi fait ce jour qui en fait une partie? Comment pourrait-il ignorer ce qu’il a fait lui-même?

20 commentaires:

  1. merci Miguel pour ces références patristiques
    j'ai eu plusieurs fois à me poser cette question sur la date exacte de la fin du monde

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  2. incroyable mais vrais !!
    des gens de mauvaise volenté et de mauvaise foi , prets a tout pour transformer la verité ! les deux versets sont clair et limpide ! pourquoi continuer a souiller les paroles de la bible par des interpretations MACHIAVELIQUES ?
    jesus ne sait pas, et ne connais pas la fin des temps !!
    jesus n'est pas omniscient, donc jesus n'est pas le fils de dieu.

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  3. Bonjour,

    Je ne crois pas que les Pères de l’Église, et nous qui partageons ces réflexions, sommes des gens de mauvaise foi. Si vous lisez attentivement la Bible, vous verrez qu’il y a plusieurs versets qui présentent très clairement Jésus comme étant le Fils de Dieu (Mc 1,1; Mt 27, 54; Lc 1,35; Jn 1, 34; 20, 31; etc) et aussi qui le présentent comme étant omniscient, pouvant même sonder les reins et les cœurs (Jn 4, 16-19; Mt 9, 4; Jn 21, 17; Lc 9, 47, Ap 2, 23).

    Cette démarche de réflexion n’est donc pas de la mauvaise foi, mais la quête légitime et louable de tenter de trouver une réponse satisfaisante à ce verset qui peut à prime abord nous sembler en contradiction avec le reste du Nouveau Testament. Je crois personnellement que ce verset n’est pas aussi contradictoire qu’il n’en a l’air, grâce aux réflexions présentées ci-haut des Pères de l’Église, et qu’il est conciliable avec le reste du Nouveau Testament. C’est certain que si on ne lit que ce verset, on peut être poussé vers une conclusion opposée. Si, par contre, on prend la Bible comme étant dans sa totalité Parole de Dieu, il nous faut résoudre ce défi et ne pas se laisser aller à la tentation de faire une conclusion facile et hâtive avec un seul verset.

    J’aimerais savoir comment, vous qui ne croyez pas que Jésus est le fils de Dieu ou qu’il est omniscient, vous arrivez tout de même à croire que la Bible est vraiment la parole de Dieu. Cependant, si vous ne croyez pas que la Bible est la Parole de Dieu, alors je crois que la source du problème se trouve ailleurs et je crois qu’il vaudrait mieux de recentrer la discussion sur ce point précis, plutôt que sur cette question plus difficile. Qu’en pensez-vous?

    Que la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit sur vous,
    Miguel

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  4. Si Jésus le savait et qu'il dise qu'il ne le sait pas, alors ce serait un menteur. Le père du mensonge, c'est le Diable. En fait, le Père ne lui avait pas révélé cette information à cette date. Ce qu'il savait, c'est que le temps fixé était fixé.

    Maintenant, Jésus le sait, puisqu'il est le premier cavalier (sur le cheval blanc) de l'Apocalypse chapitre 6!

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  5. Bonjour Mme Lutor,
    Si vous avez lu mon commentaire précédent, vous savez pourquoi le problème ne se présente pas comme étant binaire pour ceux qui prennent au sérieux tout le contenu de la Bible. Il existe d'autres solutions entre "Jésus est menteur" ou "Jésus n'est pas Dieu". L'article précédent voulait présenter certaines de ces solutions. Selon moi, les affirmations "Jésus est menteur" et "Jésus n'est pas Dieu" ne peuvent pas être maintenues en tenant compte de l'ensemble de la révélation et c'est pourquoi nous devons chercher plus loin... comme l'ont fait nos pères qui nous ont précédés dans la foi.

    Que la grâce de Dieu soit sur vous

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  6. M. Morin,
    Merci pour votre réponse pleine de tact. J'apprécie.

    Le problème est effectivement binaire.
    1-- soit Jésus dit la vérité 'qu'il ne sait pas' et les pères de l'église sont dans de faux enseignements.
    2-- soit les pères de L'église ont raison et il n'y a plus moyen de croire qu'il existe la Vérité. Les paroles de Jésus seraient contorsionnables à qui mieux mieux. Pas moyen de savoir s'il dit ce qu'il dit ou s'il dit le contraire de ce qu'il dit.

    (2 Timothée 3:16-4:5) 16 Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour remettre les choses en ordre, pour discipliner dans la justice, 17 pour que l’homme de Dieu soit pleinement qualifié, parfaitement équipé pour toute œuvre bonne. 4 Je t’ordonne solennellement devant Dieu et Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, et par sa manifestation et son royaume : 2 prêche la parole, fais-le avec insistance en époque favorable, en époque difficile, reprends, réprimande, exhorte, avec toute patience et avec [art d’]enseigner. 3 Car il y aura une période où ils ne supporteront pas l’enseignement salutaire, mais, selon leurs propres désirs, ils accumuleront des enseignants pour eux-mêmes, afin de se faire agréablement caresser les oreilles ; 4 et ils détourneront leurs oreilles de la vérité, tandis qu’ils se tourneront vers des fables. 5 Mais toi, reste dans ton bon sens en toutes choses, supporte le mal, [...]

    Le Créateur nous dit de placer notre foi en SA parole, non dans des contorsionnistes.

    Jésus dit la vérité, des paroles compréhensibles par le commun peuple.

    La Vérité nous libèrera!

    Merci de votre attention M. Morin

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    1. Pourquoi blasphémer la vérité tout le monde la saura en même temps Jésus nous mets en garde ainsi que ste Marie il faut prier et peu importe le temps ils nous en donne du temps pour racheter notre âme et faire partie de ses disciples croyez en lui et vous aurez la réponse . Mme Furman

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    2. Peu importe le temps ! en tout cas Dieu le fils nous en donne assez pour racheter notre âme il a besoin de disciples priez et vous aurez la réponse . Gloire au Père au fils et a l'esprit saint et honorons la vierge Marie .

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  7. Bonjour Mme Lutor,

    Admettons pour un instant que vous avez raison et que Jésus n’est pas Dieu. Quelle est donc selon vous la (ou les) natures de Jésus? Vous prétendez avoir une interprétation sans contorsions de la Parole. Alors comment vous débrouillez-vous pour avoir une interprétation où Jésus n’est pas Dieu en rapport avec les passages suivants :

    Bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu; mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui (Ph 2,6-7)

    En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. (Col 2,9)

    La solution, certes plus simple, de plusieurs est de ne pas donné à ses passages toute la force de ce qu’ils affirment. Cependant, je crois que cette attitude n’est pas digne de ceux qui prennent au sérieux l’ensemble la révélation biblique.

    Que la grâce de Dieu soit sur vous

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  8. Bonjour M. Morin,

    Pour expliquer mon idée, je vais commencer par Philippiens 2: 5, 6.( 1 de 2 ) Dans un autre tantôt, je reviendrai sur Colossiens 2: 9.

    (1 de 2 )
    Commençons par (Philippiens 2:6, 7) 6 lequel, bien que se trouvant dans la forme de Dieu, n’a pas songé à une usurpation, c’est-à-dire : pour qu’il soit égal à Dieu. 7 Non, mais il s’est vidé lui-même et a pris une forme d’esclave et a paru dans la ressemblance des hommes.
    Curieusement, ce verset porte un nom dans l’histoire moderne : « la querelle du dimanche des Rameaux » (dans les années 1970).
    1971 22 SEPT " La querelle du dimanche des Rameaux "
    Le lectionnaire français de 1959 ne troublait nullement les catholiques traditionalistes, car sa traduction de Philippiens 2:6 aurait satisfait Augustin lui-même, Elle disait : “Étant de condition divine, il (le Christ) ne retint pas avidement le rang qui l’égalait à Dieu.”
    (…)
    En 1969, les évêques francophones autorisèrent la publication d’un nouveau lectionnaire approuvé par le Saint-Siège le 16 septembre 1969. Le passage de Philippiens 2:6 y était rendu comme suit : “Le Christ Jésus est l’image de Dieu ; mais il n’a pas voulu conquérir de force l’égalité avec Dieu.”
    (…)
    André Feuillet, éminent exégète français, écrivit : “Cette version (...) a suscité un peu partout de vives critiques : ne risquait-elle pas de faire croire aux fidèles que le Christ n’est pas Dieu au sens strict ?” (Esprit et Vie, 17 décembre 1970).
    (…)
    Une pression sur le haut clergé de France qui finit par consentir à réviser cette deuxième traduction de Philippiens 2:6. La troisième traduction, faite en septembre 1970, figurait sur une liste de corrections à apporter au lectionnaire de 1969. Elle dit : “Le Christ Jésus, tout en restant l’image même de Dieu, n’a pas voulu revendiquer d’être pareil à Dieu.”
    (…)
    ‘Itinéraires’, revue mensuelle catholique, publia un supplément spécial daté de janvier 1971 et intitulé “La falsification de l’épître du dimanche des Rameaux”. Parlant de la deuxième traduction de Philippiens 2:6, cette revue déclara : “S’il a refusé de la conquérir [l’égalité avec Dieu], c’est donc qu’il ne l’avait pas.” Commentant la troisième traduction, ‘Itinéraires’ dit que si le Christ “n’a pas voulu revendiquer d’être pareil à Dieu”, on doit en conclure qu’il n’était pas “pareil à Dieu”. De l’avis de cette revue, “la portée pratique d’une telle substitution est équivalente à l’énoncé d’une hérésie et d’un blasphème”

    Fin 1 de 2

    A tantôt

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  9. M. Morin,

    Suite... (2 de 3) (message trop volumineux)

    ... (…)
    Ils étaient donc profondément scandalisés par une traduction de Philippiens 2:6, approuvée par l’épiscopat, montrant que le Christ n’a jamais prétendu être “pareil à Dieu”.
    (…)
    Aussi les cardinaux, les archevêques et les évêques francophones se trouvent-ils devant un dilemme. Ils devront soit se rétracter, c’est-à-dire retirer leur nouvelle traduction de Philippiens 2:6, montrant par là qu’ils sont plus attachés à la doctrine de la Trinité qu’à la fidélité du texte biblique, soit maintenir leur nouvelle traduction officielle de ce passage important, admettant ainsi que les bibles catholiques françaises (sans parler de celles dans d’autres langues) ont mal traduit ce verset et en ont tordu le sens afin qu’il soutienne la doctrine de la Trinité.
    Quelle que soit la décision qu’ils prendront, le fait demeure que le haut clergé de France a déclaré que selon le texte original grec de la Bible, “le Christ Jésus (...) n’a pas voulu conquérir de force l’égalité avec Dieu” (traduction approuvée par le Saint-Siège en 1969) et que “le Christ Jésus (...) n’a pas voulu revendiquer d’être pareil à Dieu”. — Traduction officielle de 1970.
    (…)
    “toutes les traductions [catholiques françaises] affirment clairement l’égalité du Christ avec son Père”. (L’Aurore, 29 mars 1971.) Il s’agit là, semble-t-il, d’un cas flagrant de traduction tendancieuse. Par exemple, la Bible de Jérusalem rend Philippiens 2:6 comme suit : “Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.” Cependant, une note au bas de la page dit : “Litt. ‘il ne regarda pas l’état d’égalité avec Dieu comme une proie’ (...) à saisir.” Or, les deux traductions ont un sens opposé. Si cette dernière est la signification littérale du grec, pourquoi la reléguer au bas de la page dans une petite note ?
    (…)
    André Feuillet lui-même critique les traductions de ces bibles. Dans un article traitant de Philippiens 2:6-11 et destiné à défendre la doctrine de la Trinité, il écrit : “La traduction de la Bible de Jérusalem : le Christ ‘ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu’ est, elle aussi, sujette à caution. Elle attribue, en effet, au substantif harpagmos une acception qu’il est assez difficile de justifier. Le verbe harpazein veut dire ‘saisir violemment’, ‘s’emparer’ d’une chose qu’on ne possède pas encore [c’est nous qui soulignons]. (...) Aujourd’hui la grande majorité des commentateurs entendent harpagmos au sens de ‘butin’ ou de ‘proie’ à conquérir.” (Esprit et Vie, 17 décembre 1970, page 739). Dans le même ordre d’idées, le commentaire de la Bible de Pirot et Clamer, importante traduction catholique, sur Philippiens 2:6, fait cet aveu : “Plusieurs modernes, Baur, Deissmann, Holtzmann, Loisy, Sabatier, (...) présentent l’égalité avec Dieu comme une ambition dont le Christ aurait eu ou aurait pu avoir la pensée, à la manière des éons gnostiques, et dont il se défendit.” — Tome XII, page 88.
    (…)

    Fin de 2 de 3

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  10. ... (Suite 3 de 3)


    ... Cette traduction, qui est en harmonie avec l’exégèse moderne et les connaissances actuelles du grec koïnê, est confirmée par les versions françaises hautement respectées de Segond, de Darby, et de Goguel et Monnier, ainsi que par la Revised Standard Version (approuvée en 1965 par le pape pour l’usage des catholiques d’expression anglaise), la New English Bible et An American Translation.
    (…)
    Le passage de Philippiens 2:6, traduit correctement, montre donc que le Fils, bien qu’il fût en forme de Dieu en ce sens qu’il était esprit tout comme “Dieu est Esprit”, ne se considérait pas comme l’égal de son Père et n’a jamais songé à usurper la position de Dieu. Au contraire, il a manifesté sa soumission à Dieu comme à un Supérieur en s’humiliant sous sa main toute-puissante d’une humiliation suprême, se montrant obéissant jusqu’à la mort sur un poteau de torture. C’est pourquoi Dieu l’exalta à une position supérieure (mais non la plus élevée) afin que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est Seigneur “à la gloire de Dieu le Père”. — Jean 4:24 ; Phil. 2:5-11.
    (Jean 4:24) Dieu est un Esprit, et ceux qui l’adorent doivent [l’]adorer avec [l’]esprit et [la] vérité. ”
    (Phil. 2:5-11) 11 et que toute langue reconnaisse ouvertement que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père.

    Donc , la vérité est importante concernant notre adoration.

    (Jean 3:35, 36) 35 Le Père aime le Fils et a donné toutes choses en sa main. 36 Celui qui exerce la foi dans le Fils a la vie éternelle ; celui qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.

    Merci encore de votre attention

    A+

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  11. Bonjour Mme Lutor,

    Vous parlez des évêques français qui ne s'accordent pas sur la traduction car ils auraient peur de dévoiler ce qui se cache derrière la traduction. J'aimerais vous faire voir les choses sous un autre angle: plusieurs pères de l'Église des premiers siècles du Christianisme étaient grecs. Ils avaient donc les textes dans la langue originelle et étaient en mesure de le lire sans avoir à se soucier de la traduction. Pourtant ils croyaient fermement que Jésus était Dieu.

    Si je prend par exemple St-Ignace d'Antioche, il était un disciple et un ami de l'Apôtre Jean. Voici ce qu'il dit à propos de Jésus dans sa lettre aux éphésiens:

    "Notre Dieu Jésus-Christ a été selon le plan divin porté dans le sein de Marie, issu du sang de David et aussi du Saint-Esprit. Il est né et a été baptisé pour purifier l’eau par sa passion."

    Pour ma part je crois que St-Ignace est très crédible puisqu'il a été enseigné directement par un Apôtre. Il a probablement lu le texte original de l'Évangile de Jean, donc même aucune erreur de transcription!

    Qu'en pensez-vous?

    Salutation

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  12. Bonjour Mme Lutor,

    Je ne connais pas ce que vous appelez la « querelle du dimanche des Rameaux » ni les autres sources que vous cités. Si je fais une recherche sur internet, je n’y trouve que des allusions sur des forums qui argumentent pour les Témoins de Jéhova. Avez-vous pu vérifier ces sources vous-même? Sinon, d’où les tenez-vous?

    Cependant, même si tout cela était vrai (voir la remarque précédente de J-F), cela n’enlève en rien à la force du passage de Philippiens 2,6-7. Vous qui aimez citer l’épiscopat français, voici l’état actuel du texte utilisé dans les liturgies francophones que je viens de copier sur le site de l’AELF (http://www.aelf.org) l’Association Épiscopale liturgique pour les pays francophones : lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement,
    Saint Paul nous dit que Jésus était de la condition (ou de forme) de Dieu, mais qu’il n’a pas revendiqué ce droit d’être traité à son égale. Si tout cela veut dire seulement que Dieu était homme, ce passage ne fait pas vraiment de sens. Au cas où on aurait encore des doutes, le passage de Colossien est encore plus clair sur ce que pense Saint Paul de Jésus : Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. La divinité de Jésus n’est pas un enseignement basé sur un seul verset, mais sur toute l’Écriture.

    Dans votre réponse précédente, vous m’avez traité moi et les Pères de contorsionnistes dans notre interprétation des textes, alors que je maintenant porté à croire que vous faites des contorsions dans le texte lui-même. Pour ma part, j’aime mieux me ranger du côté de ceux qui cherchent une explication qui rend compte du texte, tout comme l’ont fait les Pères, au lieu de contorsionner le texte pour en faciliter l’interprétation.

    Alors, Mme Lutor, quelle est la nature de Jésus selon votre interprétation? J’aimerais savoir où vos traductions de ces textes vous mèneront…

    Que la grâce de Dieu soit sur vous

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  13. Bonjour,
    Jésus vrai Dieu, vrai Homme, en venant sur la terre s'est dépouillé de sa gloire (Mais n'a pas perdu sa divinité). En effet, Jésus a déclaré que seul le Pére connait la date du retour du Christ, mais maintenant qu'il est au ciel ne la connait il pas cette date? Bien sûr que Oui! Puisque il est la Seconde Personne de la Sainte Trinité. Il faut placer la déclaration du Christ dans son contexte, Jésus sur la terre était vraiment homme, mais en tant que Dieu glorifié dans le ciel, toutes choses lui sont connues.

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  14. Bonjour Jean. Amen. je suis bien d'accord avec vous :)

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  15. Bonjour Miguel Morin,

    Amen! Heureux de constater que vous partagiez cette vérité souvent mal interprétée . Bonne journée. Que Dieu vous bénisse.

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  16. Qui est ce père ? dont il connait à lui seul l'heure précise de la fin du monde.

    Dans le Coran il est écrit : Allah a dit dans la sourate Al Naml n°27 verset 65: « Dis: Nul de ceux qui se trouvent dans le ciel et sur la terre ne connaissent l'invisible à part Allah et ils ne savant pas quand ils seront ressuscités ».

    D'après Abdallah Ibn Omar (qu'Allah les agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et son salut soient sur lui) a dit: « Les clefs de l'invisible sont au nombre de 5, il n'y qu'Allah qui les connait:
    - il n'y a qu'Allah qui sait ce qu'il se passera demain
    - il n'y a qu'Allah qui sait ce qu'il y aura dans les matrices
    - il n'y a qu'Allah qui sait quand viendra la pluie
    - aucune âme ne sait sur quelle terre elle va mourir
    - il n'y a qu'Allah qui sait quand aura lieu l'Heure ».
    (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°4697)

    Père est synonyme de Seigneur, Créateur du monde. Celui qui détient tout le savoir. Dieu.
    Voilà ainsi pourquoi Jésus disa : "Marc 13, 32 : Quant à la date de ce jour, ou à l'heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, personne que le Père."

    Regardez la similitude du verset par rapport au verset tiré du Coran.

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    1. Bonjour,

      En effet il y a une bonne similitude entre le verset du Coran que vous citez et le verset de Marc 13 dans la Bible.

      Cependant, dans le christianisme, le Père, Jésus-Christ et l’Esprit-Saint sont tous omniscient, puisque les trois sont l’unique Dieu (c’est le mystère de la Trinité). C’est pourquoi l’article suivant explique avec les commentaires des Pères pourquoi Jésus dit qu’il ne connaît pas l’Heure.

      Que le Tout-Puissant vous garde

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  17. Il faut faire attention aux traductions bibliques sorties depuis Vatican II. Il a beaucoup d'erreurs théologiques dans ses ``bibles``. Il faut s'en tenir à des traductions pré-Vatican II.

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