Les rationalisations : divorce, remariage et enfants



Malheur à vous, qui dites que le mal est bien, et que le bien est mal; qui changez les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres; qui changez l'amertume en douceur, et la douceur en amertume. (Isaïe 5:20)
Celui qui justifie l'injuste, et celui qui condamne le juste, sont tous deux abominables devant Dieu. (Proverbes 17:15)
 Ceci est une traduction française de l'article "Millstones and Missing the Point: Divorce, Remarriage, and Children" du site onepeterfive.com.

Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'un supposé « réformateur » décide d'en finir avec l'enseignement de l'Église à propos de la question du divorce et remariage, ils utilisent immédiatement les enfants comme bouclier humain pour leur agenda? Le divorce et le remariage, l'une des idées la plus antienfants que l'enfer a pu trouver devrait être, selon ses « réformateurs », acceptée, célébrée, promue ou excusée.  Et pourquoi selon eux? Parce que nous devons penser aux enfants!

[...]

Soyons clairs dès le début : le divorce (sauf si l'un des époux abuse réellement l'autre, ou sauf s'il présente un danger évident pour les enfants) est indéniablement un acte égoïste et un péché mortel. Un « remariage » après divorce ajoute à cet égoïsme encore davantage d'égoïsme; un péché mortel à un autre péché mortel. Et qui souffre dans tout cela? Toujours les enfants. Ils souffrent en premier, ils souffrent le plus longtemps, et je dirais même qu'ils souffrent le plus profondément.

Dans son audience du 5 août dernier, le Pape François a exprimé son souci que les gens ne se moquent ou ne rejettent pas les enfants illégitimes, ou de parents divorcés ou remariés. Il indique que l'on doit accepter ces situations néfastes et pécheresses dans le but d'aider les enfants :


Je voudrais aujourd’hui porter notre attention sur une autre réalité: comment prendre soin de ceux qui, suite à l’échec irréversible de leur lien matrimonial, ont entrepris une nouvelle union. [...] De plus, si nous considérons également ces nouveaux liens avec les yeux des plus petits — et les enfants regardent — avec les yeux des enfants, nous constatons encore plus l’urgence de développer dans nos communautés un accueil réel à l’égard des personnes qui vivent dans ces situations.

Cet accueil, par contre, ne peut pas guérir ce qui a été brisé. Cela ne va pas convaincre ces petits que tout est maintenant normal. Pour aider ces enfants, nous devrions en premier lieu faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir la rupture de la famille.  Nous devrions décrier le divorce facile, et le remariage.  Nous devrions les condamner fermement et crier sur les toits notre désapprobation du divorce jusqu'à ce que personne (excepté ceux qui en ont vraiment besoin) n’ose faire encore une chose pareille. Que cela ne semble pas venir à l'esprit de ceux responsables de mener notre Église montre bien le degré vertigineux d'incompréhension en rapport à ce problème qui nous mène tous au bord du précipice.

Laissez-moi être bien clair : ce que les enfants disent dans la cour d'école, ou ce que les vieilles dames disent dans le quartier (ou à l'église) est le dernier des soucis d'un enfant lorsque ses parents se séparent. Un enfant est le fruit de l'amour de ses parents. À cause de cela, une crise existentielle s'ensuit lorsque l'enfant réalise que ses parents ne s'aiment plus l'un l'autre. Rappelez-vous que l'amour est un acte de la volonté, et non une émotion douillette. L'amour demande du travail. De l'effort. Du renoncement. Il y a peu de violation de l'amour plus grave que lorsque les parents ne se décident pas fermement à travailler pour régler leurs problèmes, rester ensemble, honorer l'alliance qu'ils ont faite avec Dieu, et accomplir leur devoir envers leurs enfants.

Si la famille est l'église domestique, alors le divorce est un Grand Schisme.

Au pape François, je dis : « Saint Père, si vous pouviez passer la moitié de votre temps à régler ces schismes dans nos églises domestiques, peut-être que vos efforts pour régler celui avec les Orthodoxes seraient un succès. N'adoptez-vous pas également un "Œcuménisme du retour" dans la sphère familiale? Ne reconnaissez-vous pas que l'unique dialogue qui porte des fruits est celui qui rétablit l'unité? »

Socialement, culturellement, ce grand bordel a été créé parce que des adultes veulent être des enfants. Le pape François semble être convaincu que tout ce qu'il y a de luxe dans les pays développés a d'une certaine manière été volé aux pays pauvres. Dans ce cas, est-il si difficile de croire qu'un père ou une mère qui veut « s'épanouir dans la vie » ou échanger son époux contre un modèle plus récent, ou juste « voir d'autres personnes » est en train de vivre une existence juvénile, une façon de vivre qui vole la joyeuse enfance et la belle adolescence de leurs propres enfants? Un parent ne peut pas agir comme un enfant sans voler l'enfance de ceux qui en ont tant besoin pour grandir sainement.

« Les enfants ont une grande capacité d'adaptation ». C'est ce qu'on entend dire de ceux qui prônent le divorce. « Ce qui est bon pour toi est également bon pour les enfants ».  Ou encore : « Tu mérites d'être heureux/heureuse ».  Tous des mensonges, et des stupides rationalisations. Démolissons-les un par un.

Tous les êtres humains ont une résistance ainsi qu'une capacité d'adaptation. Des personnes ont survécu à de grands accidents et à de grandes catastrophes. Nos corps sont adaptés à maintenir un équilibre, et à le regagner lorsqu'il a été perdu. Cela ne veut pas dire que nos bras vont repousser si nous les amputons. De façon similaire, les enfants sont résistants dans la mesure où ils n'ont pas de préférences, d'attentes et de routines définies une fois pour toutes. Ils peuvent survivre à des changements drastiques dans leur milieu familial et dans leur façon de vivre. Cela ne veut pas dire qu'ils se développent bien en étant heureux et en santé. Les enfants de parents divorcés ont une probabilité plus élevée de divorcer eux-mêmes. Ils ont une plus grande probabilité d'avoir des problèmes psychologiques, de commettre des crimes et d'échouer à l'école. À quel point cela est dû au fait qu'ils portent en eux de profondes et souffrantes blessures venant de leur enfance dysfonctionnelle?

Est-ce que cela peut être évité en permettant au parent divorcé de se remarier? Ces nouvelles familles « stables » ayant un second époux aimant et émotionnellement sain ne seraient-elles pas beaucoup mieux pour les enfants? Après tout, ce qui est bon pour le parent est également bon pour l'enfant, n'est-ce pas? En suivant cette même logique, il doit donc être bon de donner à un enfant un petit verre de boisson fortement alcoolisée pour le faire relaxer. Non? Alors cela ne convient pas non plus lorsque l'on utilise cette excuse pour justifier son infidélité. Sans compter tous les graves problèmes moraux des « remariages » après divorces, il y a également une litanie de problèmes pratiques. Comme nous avons constaté, le divorce est immensément néfaste pour les enfants, et la probabilité de divorcer dans le second et les subséquents mariages est astronomique. De plus, le « remariage » solidifie cruellement le divorce qui l'a précédé, convaincant davantage l'enfant que lui-même (l'enfant) est une erreur, le résultat d'une relation qui n'aurait jamais dû être.

L'excuse la plus commune est probablement la pire : « Je mérite d'être heureux/heureuse » ou « je mérite d'avoir de l'amour » ou bien toute autre variation de ce thème que le démon chuchote de manière séduisante à l'oreille de l'époux qui s'égare. Cela est une insulte à la dignité des enfants qui auront leur bonheur anéanti par la destruction de l'unité de leur famille, et c'est également une insulte à l'intelligence de celui qui reçoit ce mensonge comme si cela voudrait dire autre chose que : « Je suis simplement trop égoïste pour me préoccuper de quiconque sauf moi, et je suis trop paresseux pour même essayer ».  Je m'en fou de ce que votre roman, ou votre thérapeute, ou vos amis à votre club de lecture vous ont dit : les êtres humains n'ont pas un droit à l'amour romantique. L'amour romantique, le don de soi, et l'intimité physique sont des dons (ou cadeaux) qu'un être humain donne à un autre. Un cadeau ne nous est jamais dû; nous n'avons pas un droit à avoir des cadeaux. En refusant de permettre les remariages, l'Église ne prive personne de ce qu'elle a besoin ou mérite, point final.

Rappelons-nous les buts du mariage : la sanctification des époux et l'éducation des enfants. Comment cela aide-t-il les enfants à devenir des adultes responsables en leur faisant subir des traumatismes émotionnels? Lorsqu'un homme et une femme se marient, leur égoïsme doit être mis au rancart, particulièrement lors de l'arrivée d'enfants. Si vous pensez en vous-mêmes : « J'ai besoin de m'accomplir, d'être heureux, d'être comblé sexuellement, les enfants vont bien s'en sortir éventuellement », alors vos priorités sont exactement à l'opposé de ce qu'elles devraient être.

Alors, pourquoi donc nos évêques, et oui, même le pape, sont-ils mous sur cette question? Ont-ils peur que s'ils disent la vérité, les gens partent? C'est ridule. Les mariages sacramentaux, étant aujourd'hui un choix parmi plusieurs dans une société pluraliste, sont choisis par des gens soit parce qu'ils ont un souci de leur âme ou soit parce qu'ils se préoccupent de ce que le monde pense d'eux. Les gens souffrant de respect humain (de ce que le monde pense d'eux) pourraient certainement trouver ce qu'il faut en eux-mêmes pour s'organiser pour que leur mariage fonctionne, et ils pourraient être aidés si l'Église exerçait une légitime pression morale et sociale. Ces gens cherchent le chemin facile, et non celui qui est difficile, alors pourquoi ne pas justement leur offrir le chemin facile sur un plateau d'argent?

Il est grand temps que quelqu'un force le faible, et l'égoïste à rendre compte de leurs choix. Cela devrait être l’accent des théologiens, des prêtres, des évêques, des cardinaux ainsi que du successeur de Saint Pierre lui-même au prochain Synode sur la famille. Nous avons besoin de moyens pour élever la famille plus haut, et non la descendre plus bas.

Lorsque vient le temps de protéger le mariage, nous devons vraiment le faire dans l'intérêt des enfants. Si l'Église Catholique ne défend pas les intérêts des enfants, qui le fera?

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