L'Agonie de Notre-Seigneur au Jardin des Oliviers (3)

Dans cette troisième et dernière partie du résumé du sermon du bienheureux John Henri Newman sur l'agonie de Notre-Seigneur au Jardin des Oliviers, il sera question de la raison profonde de la souffrance morale de Jésus qui ira jusqu'à lui causer une sueur de sang. Dans la première partie, il était question de considérations générales sur la souffrance humaine et ce qui la rend particulièrement insupportable. Dans la deuxième partie, nous avons vu que les souffrances de Notre-Seigneur n'ont pas été amoindries par sa connaissance du futur triomphe de sa résurrection. Il aurait été en son pouvoir d'avoir cette consolation, mais il en a décidé autrement.

Quel était donc ce fardeau qui lui causait cette souffrance si intense jusqu'à le faire suer du sang?


C'est un fardeau que nous-mêmes, bien malheureusement, portons très facilement. Nous n'en faisons pas grand cas. C'est le fardeau de nos péchés. Durant son agonie, le Seigneur a porté tous les péchés des hommes, les nôtres compris. Parce que nous ne faisons nous-mêmes pas grand cas de ce fardeau (des péchés - de nos péchés), il nous est difficile de comprendre pourquoi Dieu en est si affecté. Nous avons de la difficulté à concevoir que nos péchés méritent d'être châtiés.

Qu'est-ce donc que le péché ? C'est une rébellion contre Dieu. C'est le geste d'un traite qui cherche à renverser son souverain maître pour le mettre à mort. Si Dieu pouvait être moins que Dieu, cela suffirait à l'anéantir. Le péché est aussi grave que cela. Mais, comme dit le bienheureux Cardinal Newman, nous avons de la difficulté à concevoir le péché comme étant aussi grave.

Durant son agonie, Jésus, laissant toutes les consolations qu'une myriade d'anges étaient prêts à lui donner, ouvrit son coeur et l'exposa à l'assaut du démon qui a étendu sur lui sa lèpre morale jusqu'à ce que Jésus se senti tel qu'il ne pouvait être, tel que l'ennemi (Satan) aurait bien voulu qu'il soit. En se regardant, Notre-Seigneur ne se reconnaissait plus. Il se voyait pareil à un détestable pécheur dans sa perception aiguë de cet amas de corruption qui pleuvaient sur lui et ruisselaient jusqu'au bas de sa robe. Il vit ses mains, ses pieds, ses lèvres, son coeur souillés du sang coupable. Il a prit sur lui les péchés du monde. Tous les péchés passés, présents et futurs de tous les hommes l'accablaient. Et même tous les saints, les élus, les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean étaient là, non pour le consoler, mais pour l'accabler de leurs péchés et entasser les malédictions sur sa tête. Tous les hommes voulaient sa mort. Tous ? Non pas tous. Une seule créature pouvait le consoler en ce moment et c'était sa mère, la Sainte Vierge Immaculée. Mais elle n'était pas présente à cette heure pour le consoler.

Notre-Seigneur invoque son Père comme s'il était le coupable. Il fait pénitence et se confesse. Il fait acte de contrition de manière infiniment plus efficace que tous les saints et pénitents réunis ensemble. Il est pour nous l'unique victime, le seul et unique holocauste expiatoire sans pour autant être pécheur.

Il resterait encore quelques éléments à résumer mais je m'arrête ici. Si vous désirez poursuivre votre méditation sur ce sujet, vous pouvez lire l'intégral du sermon.

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