La violence dans la Bible (2/2)

Voici quelques exemples d’étapes de la pédagogie divine que l’on peut retrouver dans la Bible au sujet de la violence:

1-Le Dieu des Armées
Un des noms les plus anciens donnés à Dieu dans l’Ancien Testament était Yahvé Sabaoth (Dieu les Armées). À cette époque, environ 1000 ans avant Jésus-Christ, le peuple d’Israël percevait leur Dieu comme un Dieu tribal plus puissant que les dieux voisins. Ils croyaient que s’ils restaient fidèles aux préceptes divins, celui-ci devrait en échange détruire leurs ennemies. David, juste avant de vaincre Goliath, lui a dit une phrase qui résume bien cette mentalité : « Tu marches contre moi avec épée, lance et cimeterre, mais moi, je marche contre toi au nom de Yahvé Sabaot, le Dieu des troupes d'Israël que tu as défiées » (1 Sa 17,45). Une fois installé dans la Terre promise, le peuple d’Israël voulait avoir un roi pour leur faire gagner des batailles comme les autres peuples voisins. Malgré les mises en garde de Dieu par le prophète Samuel, ils se donnèrent tout de même des rois, qui les asservirent de longues années au service de l’armée et qui les entraînèrent dans des guerres sanglantes.

2-Le Dieu de la Paix
C’est pendant l’épreuve de l’exil à Babylone que Dieu communiquera au peuple d’Israël une autre réalité. Il va sans dire que l’état de servitude et de désespoir, mêlé à la mémoire de temps glorieux révolus, les a sans doute mieux disposés à comprendre cette révélation. Les victoires militaires ne seront plus désormais le seul critère d’approbation divine et on tendra aussi vers un idéal de paix. C’est ainsi que la paix deviendra progressivement une situation préférée aux guerres. À cette époque, le prophète Ézéchiel, témoin de la destruction de Jérusalem, prophétisait : « Je conclurai avec eux une alliance de paix, je ferai disparaître du pays les bêtes féroces. Ils habiteront en sécurité dans le désert, ils dormiront dans les bois. Je les mettrai aux alentours de ma colline, je ferai tomber la pluie en son temps et ce sera une pluie de bénédictions. L'arbre des champs donnera son fruit et la terre donnera ses produits; ils seront en sécurité sur leur sol. Et l'on saura que je suis Yahvé quand je briserai les barres de leur joug et que je les délivrerai de la main de ceux qui les asservissent. Ils ne seront plus un butin pour les nations, et les bêtes du pays ne les dévoreront plus. Ils habiteront en sécurité, sans qu'on les trouble. » (Ez 34, 27-28)

3-Le Dieu qui désarme et enseigne à pardonner
C’est dans l’enseignement du Roi pacifique par excellence, Jésus-Christ, que la volonté divine sera parfaitement exprimée. Jésus refuse d’utiliser la violence et enseigne à pardonner mêmes aux ennemis. C’est complètement désarmé qu’il va se laisser juger, ridiculiser, torturer puis crucifier par ses bourreaux. Saint-Paul avait bien compris ce message lorsqu’il écrivait aux Romains : « Sans rendre à personne le mal pour le mal, ayant à cœur ce qui est bien devant tous les hommes, en paix avec tous si possible, autant qu'il dépend de vous, sans vous faire justice à vous-mêmes, mes bien-aimés, laissez agir la colère ; car il est écrit : C'est moi qui ferai justice, moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Bien plutôt, si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien. » (Rm 12,17-21)

4-Le Dieu rassembleur de l’humanité
Cette dernière étape n’est pas encore achevée, mais elle est déjà amorcée depuis l’arrivée du Royaume. Lorsque le Christ reviendra, à la fin des temps, la Jérusalem céleste resplendira et tous ceux qui auront persévéré dans le Christ vivront éternellement en Lui. Voici comment cela est représenté dans le songe de Saint Jean lorsqu’il écrit l’Apocalypse : « Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s'est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J'entendis alors une voix clamer, du trône : " Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé. » (Ap 21,1-4)

Conclusion
Faisons maintenant le point sur la question de la violence dans la Bible. Si la question posée est : « Est-ce qu’il y a de la violence dans la Bible ?» Il faut admettre l’affirmative. Par contre, si la question est de savoir « Est-ce que la Bible prône ou encourage la violence ?», nous devons répondre que non. Dire le contraire prouve qu’on s’est contenté d’en lire certains passages isolés ou qu’on a lu sans comprendre. Personnellement, je n’accorderais pas beaucoup de crédit à une personne qui fait une critique d’un livre qu’elle n’a pas complètement lu ou qu’elle n’a pas compris.
Il faut comprendre que la violence dans la Bible sert de point de départ. Elle veut rendre compte des inclinaisons pécheresses de la condition humaine telle qu’elles sont. Elle ne serait qu’une fantaisie utopique si la violence n’y était pas présente. Cependant, la violence y est appelée à être dépassée par la non-violence et même jusqu’à la charité. Nous ne sommes pas condamnés à la violence, résultat du péché, mais nous sommes destinées à en être complètement libérées de la violence et du péché, si nous acceptons le Sauveur que Dieu nous a envoyé en Jésus-Christ et si nous coopérons avec sa grâce.

La violence dans la Bible (2/2)

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